Instagram et Twitter : pourquoi tant de haine?

La guerre est déclarée entre les deux réseaux sociaux. Depuis le 10 décembre, il n’est désormais plus possible de visualiser sur Twitter les images tirées d’Instagram Le site de micro-blogging a cependant réagi rapidement en lançant sa propre fonctionnalité de photos.

La fin d’une cohabitation pacifique

« Même s’il est encore possible de publier des liens vers des photos Instagram, vous ne pouvez plus voir les photos sur Twitter comme c’était le cas auparavant », a indiqué Twitter dans un message publié dimanche après-midi. Il y a encore quelques mois, les deux applications les plus utilisées sur smartphone coexistaient pacifiquement. Mais ces derniers temps, les relations entre Twitter et Instagram n’ont jamais été aussi tendues.

Les festivités ont été lancées la semaine dernière par Instagram qui a volontairement désactivé la fonctionnalité, permettant de visualiser les photos dans le fil d’actualité des « tweets ». La réaction de Twitter ne s’est pas faite attendre, puisque mardi 11 décembre, les dirigeants présentaient une nouvelle version de l’application, intégrant des filtres à ses photos.

« À partir d’aujourd’hui, vous pourrez éditer et améliorer vos photos directement à partir de Twitter », a déclaré le site de micro-blogging.L’entreprise Aviary, déjà associée à Flickr ou encore Yahoo, a été chargée de sa création. Huit filtres qui vont du vintage au noir et blanc, des fonctions d’édition basiques comme le recadrage ou encore les contrastes et couleurs automatiques, sont désormais disponibles. Même si Twitter ne peut pas encore se vanter de rivaliser avec Instagram, le message est clair : nous ne somme plus coéquipiers, nous sommes concurrents.

Pourquoi ce divorce?

Twitter et Instagram sont des applications similaires qui nourrissent les mêmes ambitions et les mêmes principes. On y suit qui l’on veut sans cette notion de réciprocité caractéristique de Facebook. Les informations sont transmises rapidement et le format est court donc plus facile d’utilisation. Elles aimeraient également toute deux s’imposer comme un réseau d’information. Alors, pourquoi ce divorce?

En août dernier, Mark Zuckerberg, le créateur de Facebook est devenu l’heureux propriétaire d’Instagram pour la modique somme d’environ 750 millions d’euros. Un bon investissement pour le géant du réseau social puisqu’en plus de racheter une application pleine d’avenir, il a également l’occasion de faire de l’ombre à Twitter, son plus sérieux concurrent. Grâce aux moyens techniques et humains, fournis par Facebook, Instagram vient de s’offrir un site Web où l’on peut par exemple « liker » et « commenter » les photos. L’objectif étant de « rediriger les utilisateurs d’Instagram directement vers Instagram » explique Kevin Systrom, l’un des créateurs de l’application photo.

La trahison est de taille puisque M. Systrom a été stagiaire pour Jack Dorsey, cofondateur de Twitter. Ce dernier avait investi personnellement dans l’entreprise de son apprenti et selon le New York Times, aurait même envisagé de la racheter, avant que Facebook ne lui coupe l’herbe sous le pied.

Mais le vrai challenge pour Twitter est de rattraper son retard. Instagram s’impose déjà comme un réseau social photo à part entière et revendique plus de 100 millions de membres dans le monde. Le service de partage de photos, a d’ailleurs battu tous les records, le jour de Thanksgiving, puisque plus de 10 millions de photos ont été postées sur son site. Twitter a du pain sur la planche et va devoir commencer par récupérer des stars comme Taylor Swift ou Kim Kardashian, déjà suivis par des millions de « followers » sur Instagram.

Les utilisateurs : les vraies victimes

Mais cette rivalité n’est pas sans conséquence. Les utilisateurs commencent à en pâtir, notamment au niveau de la protection des données et des voix s’élèvent comme celle du bloggeur Mike Arrington. « Il y a beaucoup de victimes civiles dans tout ce bordel » déclare-t-il sur TechCrunch. « Les civils étant les utilisateurs (nous), qui maintiennent l’alimentation de ces sociétés de contenu dans le vain espoir, que cette fois, nous ne nous ferons pas avoir ». Il dénonce également qu’« un jour, ils aiment les utilisateurs et n’arrêtent pas de rappeler qu’ils leur doivent tout. Le lendemain, c’est  »Qui? Les utilisateurs? C’est nos données. » »