404 not found : Google rend la pédopornographie « introuvable »

Entre les pédophiles et la pédopornographie, il n’y a souvent qu’un…moteur de recherche. Jusqu’à maintenant, avoir accès au contenu pédopornographique n’était pas plus compliqué que de savoir taper sur son clavier. Mais ce ne sera bientôt plus le cas. Google a récemment annoncé la modification de son moteur de recherche. En ligne de mire : plus de 100 000 types de requêtes donnant accès à ces contenus illégaux.

Alors que Sweetie piégeait quelques 20 000 pédophiles il y a quelques semaines, Google annonce son projet de lutte contre la pédopornographie.

Alors que Sweetie piégeait 20 000 pédophiles il y a quelques semaines, Google annonce son projet de lutte contre la pédopornographie.

20 000. C’est le nombre de pédophiles repérés sur la toile grâce à Sweetie, une petite philippine virtuelle créée par l’association néerlandaise Terre des Hommes. Pendant dix semaines, la fillette, qui acceptait de se livrer à des actes sexuels via webcam, a permis d’identifier des hommes dans plus de 71 pays, dont 11 français. But de l’opération : alerter sur la dangerosité d’Internet pour les plus jeunes, mais aussi prouver aux autorités et acteurs du web qu’il est possible d’agir.

« Nettoyer » les résultats de recherche

C’est dans ce contexte polémique et suite aux pressions du premier ministre britannique David Cameron que Google a montré le bout de son curseur. Son PDG, Eric Schmidt, a annoncé le développement d’un algorithme permettant de nettoyer les résultats de plus de 100 000 types de recherche. « Nous avons réglé Google Search avec précision pour empêcher de faire apparaître dans nos résultats les liens avec les abus sexuels infligés aux enfants […] Même si aucun algorithme n’est parfait – et Google ne peut pas empêcher des pédophiles d’ajouter de nouvelles images sur le Web », explique Eric Schmidt. Le géant d’Internet aurait ainsi mobilisé plus de 200 informaticiens sur cette nouvelle technologie. Microsoft a de son côté annoncé développer le même algorithme pour Bing et Yahoo.

Lorsque l’internaute tapera les mots clés concernés, il n’aura donc pas accès à une suite de liens, comme c’est généralement le cas pour une recherche effectuée sur Google, mais à un avertissement. Ce dernier, visible pour plus de 13 000 types de recherche, rappelle le caractère illégal lié à l’abus sexuel d’enfants et fournit des informations pour se faire aider. Ces mesures seront d’abord limitées aux pays anglophones, avant d’être mondiales, en s’attaquant à plus de 150 langues dans les six mois.

Détection automatique d’images illégales

Mais Google ne compte pas s’arrêter là. Le géant d’Internet a également annoncé un système de détection et de tag des images à caractère illégal, afin que les éventuelles copies puissent être automatiquement reconnues et supprimées de la toile. Ce qui n’est pas chose simple.  «Les ordinateurs ne peuvent pas distinguer d’innocentes photos d’un enfant prenant son bain et celles d’un abus réel. Il faut toujours confier ce travail d’appréciation à une personne humaine », explique le PDG de Google. Ce n’est donc qu’après vérification que Google pourra agir sur ces images, et notamment sur Youtube, grâce à la participation de Microsoft et de sa technologie de reconnaissance photographique. Les images seront donc marquées d’une « emprunte numérique unique » qui permettra à Google de les reconnaitre automatiquement.

Un « nettoyage » en surface seulement

Est-ce que ces filtres éradiqueront la pornographie enfantine sur le web ? Il serait naïf de le croire. Ces mesures annoncées par Google ne permettraient en fait que d’éliminer les contenus visibles et les rendre difficiles d’accès, de quoi compliquer un peu la tâche au plus grand nombre. Mais ce type de contenu demeurera accessible en explorant un peu plus les profondeurs du darkweb et ses sources cachées : comme ce fût le cas à partir du réseau TOR (The Onion Router), qui permet de surfer librement sans risquer d’être tracé, où tout un réseau de sites pédopronographes a été repéré par la police l’été dernier.  C’est donc plus une manière de dissuader de la part de Google, qui affirmait encore en juillet que « bloquer les résultats de recherche allait à l’encontre du principe même d’Internet. »