Souriez vous êtes surveillés : l’inventeur du World Wide Web tire la sonnette d’alarme

Après les révélations d’Edward Snowden, ancien collaborateur de l’agence nationale de sécurité (NSA) des États-Unis, et de plusieurs affaires de surveillance sur Internet (Wikileaks, Prism, et plus récemment Silk Road), Tim Berners-Lee, concepteur du World Wide Web, met à son tour en garde les web-trotteurs : un œil invisible observe le moindre de nos cyber-mouvements. En réponse à cela, le Web Index, créé par la fondation du WWW, tente de classer les nations selon certains critères, afin de jauger l’impact d’Internet sur les utilisateurs et leur nation.

8524068561_97c46c89a2_z« Big brother is watching you »?

Le principal concepteur du web aurait-il des remords sur les conséquences désastreuses qu’engendre son bébé sur la démocratie?

 

Tim Berners-Lee, un des créateurs du World Wide Web, a tenu à prévenir, fin novembre, les utilisateurs d’Internet des méfaits du web, notamment concernant la censure et la surveillance :

« Internet et les réseaux sociaux encouragent de plus en plus les gens à s’organiser, à agir et faire éclater au grand jour des méfaits commis aux quatre coins de la planète. Cela menace certains gouvernements et entraîne une augmentation de la surveillance et de la censure, qui menace à son tour l’avenir de la démocratie » propos recueillis par Le Monde et l’AFP.

Une déclaration qui intervient en marge du lancement de Web Index, un indicateur mesurant la croissance, l’utilité et l’impact d’Internet sur les individus et les nations. Ce dernier donne lieu à un classement des pays et place la Suède en pôle-position, devant la Norvège. Tim Berners-Lee ajoute :

« Des mesures courageuses sont désormais essentielles pour garantir la sauvegarde de nos droits fondamentaux à la vie privée et à la liberté d’opinion en ligne ».

Cette déclaration se noie dans une myriade de révélations d’espionnage, notamment celles Edward Snowden concernant la surveillance des États-Unis sur les pays Européens. Le Web Index a par conséquent rétrogradé les États-Unis de deux places. Les américains se retrouvent donc en quatrième position de ce classement, à cause d’un faible score en terme de vie privée des internautes, insuffisamment protégés et victimes d’une surveillance numérique intensive.

Mais si les États-Unis arrivent à se maintenir dans le top 5, c’est grâce à des critères comme « la disponibilité de contenu pertinent » ou « l’impact politique ».

3499253_5_075a_pancarte-brandie-pendant-une-manifestation-de_332de374547e802cd7f1a1bf849f81d4Web Index, pour plus de transparence?

Crée en 2012, Web Index est un classement annuel mesurant la croissance, l’utilité et l’impact d’Internet sur les individus et les nations. Ce dernier est constitué à partir de quatre grands critères :

  • L’universalité de l’accès (qualité des infrastructures, tarifs abordables, éducation des citoyens)

  • La liberté et l’ouverture (libertés d’information, d’expression et d’opinion en ligne, sécurité et respect de la vie privée)

  • La pertinence du contenu (disponibilité des sites les plus sollicités par les habitants d’un pays, sites disponibles dans la langue du pays)

  • Le pouvoir d’Internet (mesure des effets positifs d’Internet dans quatre domaines : politique, social, économie et environnement).

La fondation des 3W est à l’origine de ce classement des pays. Le Web Index tend d’ailleurs à faire d’Internet un lieu démocratique. C’est un outil qui œuvre pour le libre usage du net. La fondation dit à ce propos « œuvrer à l’établissement d’un Web ouvert, qui soit un bien public mondial et un droit élémentaire, en s’assurant que chacun puisse y accéder et l’utiliser librement ».

La dernière édition (2013) du Web Index concerne 81 pays. Le résultat de ce classement montre également que les pays les mieux notés sont essentiellement des pays développés. La France apparaît par exemple à la 9ème place du classement général. Les moins bien classés sont les pays du Tiers Monde, notamment le Pakistan, le Zimbabwe, le Mali, l’Éthiopie et le Yémen qui arrivent derniers du classement.

web index

S’il est une chose qu’il faut retenir, c’est que malgré la bonne de position de certains pays développés, il n’en reste pas moins que la liberté des internautes est parfois bafouée. Les révélations d’Edward Snowden en sont la preuve. Le Web Index se veut objectif et transparent, mais le choix des critères avantage les pays riches et les placent en tête de liste, car ils disposent de plus de moyens pour développer leurs technologies.