De la nécessité du web pour les journalistes

Rares sont désormais les organes de presse qui ne disposent pas d’un site web. Des plus classiques comme Le Monde aux plus novateurs comme Ijsberg, les journaux ne peuvent plus se passer d’Internet. La frontière entre médias officiels et réseaux sociaux s’affine année après année. Reste à savoir à quel point.

Pour preuve de ce phénomène, Rue89 a lancé début novembre son deuxième MOOC, pour Massive Open Online Course, c’est-à-dire une plateforme de cours en ligne. Le volume 1, sorti en avril dernier, se présentait comme le premier MOOC en langue française sur le journalisme numérique. Son succès a été tel que Sophie Caillat, journaliste à Rue89 chargée de l’écriture et de l’animation du MOOC, a décidé de réitérer l’expérience. Le cours s’intitule « Informer et communiquer sur les réseaux sociaux » et est destiné aux professionnels de l’information et de la communication. Les journalistes sont donc ouvertement en ligne de mire : il semblerait que les réseaux sociaux soient devenus le centre du traitement comme de la diffusion de l’information.

En effet, tout passe voire tout part des réseaux sociaux pour alimenter la sphère de nouvelles quotidiennes. Le phénomène n’est pas nouveau mais prend de l’ampleur. En 2011 déjà, Twitter avait devancé les médias lors de l’attentat du marathon de Boston (Etats-Unis). Les spectateurs avait diffusée des vidéos et publié des tweets en direct, prévenant ainsi l’ensemble du monde…et les médias.

Cependant, cette relation – toute nouvelle – que le journalisme entretient avec les réseaux sociaux n’est pas dépourvue de réciprocité. En effet, les différents réseaux embauchent régulièrement des journalistes, à l’image de Liz Heron qui est employée par Facebook depuis mars, après avoir travaillé pour le Huffington Post ainsi que le New York Times. Peu de temps après l’annonce de son embauche, elle affirmait sur son compte Facebook qu’elle a « vu le journalisme changer de visage grâce aux réseaux sociaux et au web ».

Pourquoi les réseaux sociaux ont-ils besoin de journalistes ? Selon Le Figaro, les journalistes apportent « leur carnet d’adresses, afin d’aider leurs nouvelles entreprises à passer des partenariats avec des médias » ainsi que leur compétence pour mener des « projets originaux destinés à capter […] cette audience friande d’informations ». Le défi est grand pour les réseaux sociaux. Initialement conçus comme des plateformes d’échange et de communication, ils doivent maintenant fidéliser leur clientèle, retenir le plus longtemps possible leur public sur les pages qu’ils proposent. Les réseaux sociaux souffriraient-ils eux aussi d’un désintérêt des internautes, induit par la multiplication des organes de diffusion ? Ou cherchent-ils seulement à augmenter leurs bénéfices et leur influence ? La deuxième hypothèse semble plus probable. Une chose est sûre à l’heure actuelle, la crise que connaît la presse papier n’est pas prête de gagner la Toile.