Le « Fairphone 2 », un retour aux basiques ?

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(c) fairphone.com

Créé par une entreprise néerlandaire, le « Fairphone » a connu une seconde édition cet automne. Entièrement fabriqué à partir de matériaux issus du commerce équitable, ce smartphone se veut écologique et responsable. Dans cette logique, il est aussi défini comme un « téléphone durable », l’appareil étant complètement démontable…

Comme son nom l’indique, le Fairphone est avant tout « fairtrade ». L’entreprise qui le fabrique se vante effectivement de n’utiliser que des matériaux issus du commerce équitable. Elle affirme également respecter certaines règles éthiques. Pas de métaux rares provenant de pays en guerre et des usines qui respectent les protections sociales minimales. Tout ceci fait du Fairphone un appareil plus ou moins écolo à un prix défiant toute concurrence : 310€ contre 500€ en moyenne pour un Iphone siglé Apple.

Entièrement démontable

Mais ce qui caractérise plus particulièrement le Fairphone, c’est la possibilité de pouvoir le démonter entièrement. Tout y est donc réparable puisqu’il suffit de démonter la pièce défectueuse pour la remplacer. Le but est évident : pouvoir utiliser son téléphone le plus longtemps possible. Un caractéristique qui donne au consommateur le choix de faire fi de l’obsolescence programmée, à laquelle sont condamnés la plupart des produits des marques concurrentes.

On peut ici se questionner sur un possible retour aux basiques. Le retour d’une époque où l’on achetait un appareil sans lésiner sur les coûts en pensant « ça revient cher mais ça durera longtemps ». Une époque pas si lointaine que ça puisque, dix ans en arrière, on pouvait encore démonter sa mini chaîne avec un simple tournevis cruciforme en espérant que notre oncle bricoleur pourrait réparer notre lecteur CD.

Aujourd’hui, de nombreuses marques ont recours à des vis spécifiques pour empêcher l’utilisateur d’aller « bidouiller » dans les circuits. Plutôt agaçant pour le possesseur d’un téléphone Sony Xperia obligé de payer une main-d’oeuvre SAV alors qu’il sait pertinemment qu’il suffit de changer la batterie. Une action pourtant simple et bien moins coûteuse  à l’époque des Nokia 3310. Le Fairphone entend revenir à cette époque.

Le Fairphone veut ainsi remédier à une réalité pénible du marché de l’électronique : l’obsolescence programmée. Car oui, aujourd’hui, payer cher ne nous assure pas qu’un produit durera toute une vie. Nous achetons des performances et une qualité d’un certain standing à chaque sortie d’Iphone. Or, à chaque nouvelle sortie, la version précédente s’avère bonne à jeter. Si ce n’est pas à cause de l’usure matérielle, c’est souvent pour des raisons logicielles : des mises à jour incompatibles avec l’ancienne version du système d’exploitation. Mettre à jour le système ? Pure folie ! Les anciens appareils ne sont plus assez puissants pour le supporter.

« Durable », vraiment ?

Alors, le Fairphone est-il vraiment une solution miracle à l’obsolescence programmée ? Un choix évident pour « consommer autrement » ? Pas si sûr…  Le smartphone fonctionne avec une version customisée d’Androïd, développée spécialement pour Fairphone. Or, le téléphone en est à sa seconde version. Une fois passé au Fairphone 3, mettre à jour Androïd sur son Fairphone 2 sera-t-il matériellement possible ? Si oui, le nouvel OS ne va-t-il pas faire lagger indubitablement l’appareil ?

Et côte matériel justement ?  Comment faire si l’entreprise Fairphone cesse de produire certaines pièces de rechange ? Certes, quelques pièces se disent « universelles » et il restera toujours le marché de l’occasion… Mais a-t-on encore envie de se fatiguer pour un téléphone gris et triste alors qu’on a la possibilité d’ajouter une coque rose à paillettes sur le tout dernier Lumia ? Pas certain que le public soit prêt à revenir en arrière de ce point de vue là. Même si, peu à peu, les consciences s’éveillent…

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