YouTube : le « jouet » de Google

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Crédit photo : Jurgen Appelo / Flickr

Intrusives, agressives, perturbantes et omniprésentes… Les qualificatifs ne manquent pas pour désigner les publicités sur Internet. Google profite de sa puissance pour les attirer et les distribuer partout sur le web. Le plus célèbre des moteurs de recherche est sûr de sa force. Le propriétaire entre autres de YouTube est prêt à tout pour écraser le marché, même à diviser les internautes.

Tous les moyens sont bons pour attirer le lecteur vers les annonceurs. Sur la toile, notre attention principale est souvent détournée, au risque de nous perdre dans notre quête du contenu. Sans un bloqueur de publicités, l’interface YouTube prend la forme d’un sapin de Noël auquel on a accroché des bannières, des pop-up, et des bandeaux interactifs colorés. Et à force de s’accrocher aux différents guirlandes de ce sapin virtuel, on commence à se lasser. La navigation sur YouTube devient fatigante. Quand nous choisissons enfin de regarder une vidéo sur cette plateforme gigantesque, une publicité se superpose soudainement sur notre écran de vidéo. Ces annonces non désirées deviennent systématiques. On pourrait détourner notre attention pendant cette intrusion « Googlelesque », mais on ne le fait pas. Notre œil est attiré par l’écran.

La solution à ce problème initié par Google n’est pas très éloignée. En effet, c’est Google lui-même qu’il l’a… Toujours avec cette volonté d’avancer ensemble dans un projet commun avec l’internaute, la société clame toujours : « Don’t be evil » (Ne soyez pas malveillant, ne faites pas le mal). Comprenez que c’est rassurant… Ainsi, il a lancé une option payante. Cette dernière permet de faire disparaître la publicité sur YouTube comme par magie ! L’objectif : accéder de manière directe et rapide au contenu, terminé le sapin de Nöel !

Google a lancé Youtube Red pour concurrencer Netflix

Depuis le 28 octobre dernier, les internautes américains ont en effet la possibilité de s’abonner au service payant YouTube Red, qui appartient bien entendu à son propriétaire Google. Comme toute grande entreprise qui se respecte, elle propose un accès « privilégié » à une partie de sa communauté par cette offre premium. A l’heure actuelle, YouTube Red est disponible uniquement aux Etats-Unis. Les internautes qui ont souscrit à cette récente option (au prix de 9,99 dollars par mois) peuvent désormais télécharger des vidéos sur leur smartphone ou leur tablette et ensuite les visionner en mode hors-connexion (comme sur Deezer Premium par exemple).

Qualifiée comme « l’expérience ultime de YouTube » d’après le numéro un des moteurs de recherche, cette option propose plusieurs fonctionnalités. D’abord, la disposition de l’interface et la rapidité du contenu peuvent surprendre l’internaute américain. Il se pourrait que se dernier lance « i’s too good to be true » (c’est trop beau pour être vrai). Car après avoir souscrit à un énième abonnement, ses vidéos préférées deviennent imprévisibles. Quelque chose cloche. Il va se demander s’il est bel et bien sur YouTube. A priori oui, car le site a gardé sa couleur blanche et rouge. Ses pouces sont toujours levés et ses commentaires, toujours pertinents. Ensuite, sur cette déclinaison payante de Youtube, les internautes ont aussi accès à des contenus exclusifs. Google s’est par exemple approché du YouTuber Suédois PewDiePie (40 millions d’abonnés).

Il sera la star d’une série d’aventure-réalité, intitulée : « Scare PewDiePie », imaginée par Skybound, les créateurs de The Walking Dead. Le concept : placer le YouTuber dans des situations effrayantes inspirées de ses jeux-vidéo préférés. »

Cette fonctionnalité payante de YouTube fait beaucoup parler d’elle. Voici quelques avis retrouvés sur le web :

« La plateforme de Google est plus accessible que Netflix. Tout le monde utilise YouTube et l’a déjà sur son téléphone et sa tablette. Passer à l’offre payante ne serait donc plus qu’une formalité. »

« Devons-nous encore citer des arguments du « Pourquoi faire le choix de prendre YouTube Red au lieu d’un rival comme Spotify, Deezer ou un autre ? », d’autant que personne ne propose un niveau de compatibilité aussi fort que celui de Google. Bon, d’accord, vous allez certainement me rétorquer que les concurrents ont déjà le mode hors connexion, mais ont-ils la possibilité d’étendre leur compatibilité en tirant parti du contenu de YouTube ? Nope. »

Enfin, YouTube Red soulève tout de même beaucoup d’interrogations. En misant sur ce système, l’entreprise californienne risque, en effet, de diviser sa communauté entre ceux qui choisissent de payer d’un côté, et ceux qui s’abstiennent de l’autre. Quelles conclusions tireront les internautes européens sur la version premium de la plateforme vidéo filiale de Google ? (si YouTube Red s’implante hors de sa zone « préférée » ). Et comment s’approprieront-ils ce nouveau système ?

                                                                                                        Jordan Curé-Heaton