BlackBerry fait de la résistance

Le 6 novembre dernier, la marque de téléphonie BlackBerry lançait son nouveau smartphone nommé le BlackBerry Priv. C’est le premier appareil de la firme canadienne à sortir sous Androïd. S’il est novateur sur ce point, le BlackBerry Priv n’en oublie pas moins l’essence même de sa compagnie : le clavier physique.

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BlackBerry Priv

À l’heure où les géants de la téléphonie mobile, à savoir Apple ou Samsung, ont depuis quelques années adoubé le « tout-tactile », BlackBerry résiste et reste une des seules entreprises à proposer un clavier physique à ses utilisateurs.

D’abord précurseurs, en étant les premiers à implanter un clavier de type azerty (ou qwerty) sur ses appareils, BlackBerry s’est retrouvée à la traîne avec l’avènement du tout-tactile et l’arrivée de l’iPhone et autres tablettes sur le marché. Cette technologie apporte alors aux utilisateurs une meilleure précision et un nouveau rapport homme-machine où l’homme peut cliquer et agrandir où il veut. L’ère des écrans grandes tailles est arrivée. BlackBerry ne suit pas, et ne séduit plus, d’autant plus avec la croissance exponentielle des applications.

Ce dernier point est une autre raison de la chute de la marque canadienne ces dernières années. Lorsque Apple lance l’Appstore et Android son Market (bientôt rebaptisé Google Play), une révolution est en marche. Bien qu’existantes depuis un certain moment, les applications évoluent en 2005. Cette année-là, les entreprises se mêlent au marché de la téléphonie mobile et commencent à s’implanter directement dans l’appareil. L’application est un moyen pour certains de survivre au numérique (comme par exemple pour les titres de presse) et pour d’autres un moyens d’exister (comme pour les applications présentes uniquement sur mobile, à savoir Snapchat ou Instagram à l’époque).

Ecran tactile et applications mercantiles : l’ère du smartphone est née. Deux évolutions non suivies par BlackBerry, qui paraît tel un ancêtre avec sa roulette (aussi appelée le TrackBall) se substituant à la souris de l’ordinateur ; mais aussi avec son BlackBerry World (l’équivalent de l’Appstore) qui n’arrive pas à attirer des clients. De ce fait, la jeune génération s’éloigne du BlackBerry, lui qui avait pourtant réussi à les séduire avec cette facilité de taper un message. Les jeunes préfèrent dès lors le tactile et les applications à la mode.

BlackBerry perd ainsi des utilisateurs et 646 millions de dollars en 2012. La marque décide alors de recentrer son offre sur les professionnels. Le mot d’ordre de la firme, c’est la sécurité. Cela n’empêche pas l’entreprise de s’essayer au tout-tactile avec le BlackBerry Z10, sans pour autant développer son marché d’applications. Néanmoins, l’arrivée du Z10 est combinée avec celle du nouveau système d’exploitation de BlackBerry, matérialisée aussi par le Q10, téléphone à la fois tactile mais qui n’en oublie pas la signature de la société à savoir le clavier physique. L’environnement fait penser aux smartphones à la mode mais les applications restent peu développées. BlackBerry signe alors un accord avec Amazon qui intègre son marché d’applications dans les nouveaux téléphones BlackBerry. La gamme ravit aussi les nostalgiques en sortant le BlackBerry Classic qui rappelle les modèles populaires de la marque. Celle-ci s’aligne aussi sur les grands écrans, avec le BlackBerry Passport et son écran de 4,5 pouces de diagonale, et son clavier à la fois physique et tactile.

Après avoir frôlé le rachat, BlackBerry entrevoit le bout du tunnel et revoit ses ventes à la hausse. De plus, en comblant son principal défaut en s’alliant avec Android, la marque canadienne peut voir des jours heureux. D’autant plus qu’elle reste fidèle à sa marque de fabrique qu’est le clavier physique, ce qu’aucune autre grande marque ne propose.