Vers un âge d’or de l’open source ?

Début novembre, Google a décidé de mettre en open source son tout nouveau logiciel d’apprentissage des machines. Cette technologie de pointe appeler machine learning en anglais a pour but de rendre plus autonome l’informatique en permettant aux machines d’apprendre d’elles-mêmes.

Le 10 décembre, c’était au tour de Facebook de livrer les secrets de fabrications de ses projets liés à l’intelligence artificielle sur son serveur Big Sur. Le lendemain, Elon Musk, patron de Tesla Motors et figure incontournable de la Silicon Valley, annonçait la création de OpenIA. Une fondation qui a pour but de développer les technologies liées à l’intelligence artificielle en les rendant disponible à tous, c’est-à-dire en open source.

Getty Images

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Après des décennies d’hégémonie de logiciels prioritaires, les géants du web se tournent désormais vers l’open source. Assiste-t-on à son âge d’or ?

Il existe deux principales raisons de changement de politique concernant l’open source. La première qui touche les toutes dernières technologies liés à l’intelligence artificielle est pratique. En rendant open source ces technologies, ces entreprises vont obtenir un retour d’usage conséquent en les plaçant de facto en tête sur ces technologies. Si leurs technologies sont utilisées par les développeurs du monde entier, leurs retours leur permettra de les perfectionner. Ils ne courent également aucun risque de réappropriation du code puisque ces technologies sont tellement perfectionnées qu’il faut un réel investissement pour les maîtriser. Un bidouilleur dans son garage aura du mal à révolutionner le monde l’intelligence artificiel, il faut une équipe compétente disponible sur une longue période.

La seconde est symbolique. L’intelligence artificielle fait peur, nous avons tous en tête ces films de science-fiction (2001 : l’Odyssée de l’espace ou Her) ou la machine prend le dessus sur l’homme. « Réussir à créer une intelligence artificielle serait le plus grand événement dans l’histoire de l’homme. Mais ce pourrait aussi être le dernier » à déclaré le physicien Stephen Hawking. Bill Gates et Elon Musk partage cette opinion qu’un danger lié à cette technologie existe. C’est pourquoi les mettre en open-source permet de les blanchir. C’est une réponse aux détracteurs qui craignent une trop forte mainmise sur le monde par ses entreprises. Si tout le monde a accès à ces technologies, comment pour-t-elle être dangereuse ? C’est la logique de ces géants notamment pour la fondation créer par Elon Musk.

C-3PO and R2-D2 in Star Wars: Episode IV - A New Hope

C-3PO et R2-D2 dans Star Wars: Episode IV, robots imaginés par George Lucas dotés d’une intelligence artificielle.

Quant aux langages de programmation, l’ouverture à l’open source apparaît comme une nécessité à l’heure où les nouveaux acteurs majeurs comme Amazon ou Netflix place le niveau de service des consommateurs très haut. Il coûte trop cher aux entreprises d’utiliser un système prioritaire pour récolter, stocker, et accéder à ses données et définir précisément route du client vers l’achat. Les outils open source sont bon marché, rapides et puissants. Plus pratique en somme, notamment pour les start-ups. Les exemples de rachats de start-up nous a montré que favoriser l’expansion de celle-ci peut s’avérer bénéfiques pour les entreprises de la Silicon Valley en quête permanente d’innovation.

Cependant, il existe une différence entre open source et logiciel libre. Comme le déclare Richard Stallman dans un article de 2009, il existe un malentendu courant entre ces expressions. Il est couramment compris qu’un logiciel open-source est libre de droit. Or, ce n’est bien souvent pas le cas. Avoir accès au code source ne signifie pas nécessairement que le logiciel est libre de droit. Il s’agit d’un malentendu linguistique qui mène à un malentendu symbolique. Toutes ces entreprises profitent de l’image du logiciel libre qui est associé à la notion d’open source alors qu’il ne faut pas oublier que les intérêts de celles-ci sont bien loin de ceux prôné par la communauté du logiciel libre.

Dans une économie où le partage à une valeur, l’open source a de beau jour devant lui.