Les extrêmes sur le net

Ère numérique oblige, la plupart des groupes ou des mouvements politiques qualifiés d’extrémistes se retrouvent sur internet. Que ce soit des sites directement liés à un mouvement  ou d’autres simplement engagé politiquement, ils présentent de nombreuses spécificités.

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Directement liés au mouvement qu’ils représentent, ces sites sont forcément chargés en symbolique. Sur la plupart des interfaces étudiées, on retrouve un nombre d’images et de logo bien plus important que sur un site d’information « classique ». L’objectif et de montrer clairement, dès le début de la navigation, quel est la ligne éditoriale du site. Plutôt qu’un logo unique, on retrouve dans les bandeaux de nombreuses images comme un coq pour représenter la France (Fdesouche), des hommes cagoulés (Lahorde) en signe d’avertissement ou encore des portraits de diverses personnalités représentant les valeurs du site comme Alain Soral, Jeanne D’Arc, Vladimir Poutine, Fidel Castro ou Malcolm X (Egalité&Réconciliation). Le fond est lui aussi souvent chargé d’image, loin du style épuré qui fait la norme en ce moment. On y retrouve par exemple des symboles anarchistes ou des citations politiques. Cette surcharge rappel parfois les sites de clubs sportifs estampillés aux couleurs de l’équipe. Ce qui semble normal puisque le principe de base reste le même : montrer son appartenance à un groupe. La différence est qu’on retrouve sur ces sites les symboles détournés des groupes adverses, ce qu’on ne voit pas sur les sites de clubs sportifs. La encore, il s’agit de pointer « l’ennemi » du doigt et de le tourner en dérision.

L’autre particularité de ces sites est l’utilisation de la couleur. Un fond noir est souvent préféré au traditionnel fond blanc pour appuyer le côté underground, presque violent. Cela permet aussi à ses sites de se détacher de la norme comme le font les groupes défendus dans leurs colonnes. Ils se présentent ainsi en résistants à l’information générale contrôlée par les puissants et donc, selon eux, forcément biaisée. Le mot alternatif revient d’ailleurs souvent dans les descriptions des sites avec d’autre messages très claire comme « Méchamment antifasciste » (Lahorde) ou « Eteignez votre télé, allumez votre cerveau » (Renouveaufrançais).

Le rouge est aussi une couleur très importante. Elle est présente quel que soit l’orientation politique des rédacteurs. Elle représente le communisme et les redskins à gauche alors qu’elle symbolise plus le conflit, la force à droite. Dans les deux cas, elle rappel le sang (et donc les combats qui ont lieu dans la rue) mais également la révolte. En ce qui concerne les sites et blogs dit nationalistes, la couleur bleue est évidemment très présente pour faire référence au drapeau. Des écussons royalistes sont même parfois mis en avant.

Les titres sont eux aussi très évocateurs. On retrouve par exemple Le Grand Soir, Egalité&Réconciliation, Fdesouche (Français de souche) ou Ni dieu ni maitre. Des noms bien plus explicite et concret que Le Figaro, L’Obs ou encore Le Monde. Le but de ces sites n’est pas de convaincre leurs lecteurs mais bien de les conforter dans leur opinion déjà construit.

Nathan Chaudet