Accros aux tablettes et smartphones, les ados ne dorment plus assez

On sait bien que regarder un écran avant de se coucher est mauvais pour le sommeil. C’est pourtant une pratique devenue quotidienne surtout chez les adolescents, qui ont de plus en plus de mal à tomber dans les bras de Morphée. Ordi pour les séries, tablette pour les jeux, smartphone pour les réseaux sociaux, ce nouveau mal moderne du 21ème siècle touche durablement les ados avec un impact notable sur leur santé.

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D’après l’étude réalisée par le réseau Morphée, les adolescents manquent en moyenne de deux heures de sommeil par nuit en période scolaire. Et pour cause, 33,5 % d’entre eux passent plus d’une heure sur leur tablette après le diner dont 14% plus de 2h. Pour l’association, les résultats de cette enquête menée pendant l’année scolaire 2013-2014 sur 776 collégiens sont alarmants.

« La lumière des écrans est très enrichie dans le spectre bleu, explique Carmen Schroeder, pédo-psychiatre et spécialiste du sommeil au CHU de Strasbourg.  Et cette partie bleue va particulièrement exciter au niveau de la rétine et donne cette information à l’horloge biologique qui pense qu’elle doit se décaler. »

L’endormissement ainsi retardé, les conséquences sont directement visibles : Un adolescent sur trois s’endort en classe. Cette activité nocturne rend le réveil difficile, engendre une mauvaise récupération et diminue l’efficacité et la concentration le lendemain pendant les cours.

Une vie sociale nocturne

Cette attitude face à la technologique traduit une réelle dépendance et entraîne de nouvelles pratiques nocturnes. Les collégiens ont quasiment totalement délaissé l’écran de la télévision après le dîner pour celui du téléphone portable.

« Le temps passé devant les écrans en soirée, avant le coucher, augmente de plus en plus chez les adolescents. C’est un comportement que nous avons pu constater depuis une dizaine d’années déjà. Mais ce qui a changé, c’est l’écran utilisé. La télévision a été abandonnée au profit des ordinateurs et smartphones, dont la luminosité donne l’impression à notre horloge interne que la nuit n’a pas encore commencé, empêchant le cerveau de lancer les signaux du sommeil » explique le docteur Sylvie Royant-Parola, présidente du Réseau Morphée.

« Nos ados sont des mutants : il y a pour eux une continuité du temps et le sommeil n’est plus un moment isolé où tout s’arrête avant une nouvelle journée » ajoute-t-elle.

Plus inquiétant encore, un nouveau cas de somnambulisme a vu le jour : le « sleeptexting » (« textanbulisme » en français), traduisant des « comportements nocturnes troublants » comme de programmer une alarme pour 17% des jeunes interrogés.

Pour minimiser cette vie sociale nocturne, les parents ont un rôle à jouer en donnant des consignes de coucher à leurs adolescents. La prochaine journée officielle du sommeil se tiendra le 27 mars prochain et portera sur « le sommeil et les nouvelles technologies ». Crée par l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INSV) certains conseils sont répétés, destinés aux parents pour qu’ils fixent les règles pour adopter de bons réflexes pour une meilleure qualité de leur sommeil, comme éteindre téléphone portable, chargeur, écrans, en se couchant par exemple.