Médias immersifs : vers une nouvelle norme de la production de contenus ?

Et si demain il était possible de vivre un événement depuis sa tablette ou son smartphone ? Alors que la tendance est à l’immersion, les médias subissent actuellement une révolution avec la diffusion de technologies de pointe dans la création de contenus médiatiques. Si l’apparition de la radio, puis de la télévision ont révolutionné les supports médiatiques, ces nouvelle formes de réalités virtuelles, augmentées voire hybrides peuvent-elles à leur tour changer notre rapport  à l’information ?

Selon une étude réalisée par l’Associated Press, les médias immersifs pourraient bientôt s’immiscer dans notre quotidien. En effet, de nombreux outils existent déjà : visiter Roland Garros lors des Internationaux de France de tennis 2017 depuis son canapé était ainsi rendu possible sur le site de la Fédération Française de Tennis. Un exemple parmi tant d’autres.

Un rapport à l’information intensifié

Ces technologies tendent à se développer vers une véritable présence du spectateur en temps réel. Alors que les premières visites virtuelles limitaient le champ du spectateur à celui du journaliste et son angle de perception, de nouveaux outils se dirigent vers une plus grande indépendance du spectateur. Par la photographie 3D volumétrique, notamment, le spectateur devient libre de ses mouvements dans un espace qu’il peut explorer par lui-même. D’une consommation effacée voire passive de l’information, le lecteur ou spectateur devient ainsi “proactif” en étant lui-même à la source de l’information.

Ces technologies posent néanmoins la question d’un format d’utilisation adéquat. L’exemple de la visite virtuelle de Porto Rico par Mark Zuckerberg après le passage de l’ouragan Maria en témoigne. Si l’intention d’aider l’île en créant une prise de conscience était bonne, l’utilisation de la VR (Virtual Reality) pose un problème double : d’un côté, le fait d’avoir utilisé cette technologie à des fins commerciales pour promouvoir l’outil développé par Facebook, d’un autre, celui de la recherche de sensationnalisme au travers de cet outil en montrant les rues dévastées de l’île. Ainsi, ces nouvelles formes de contenu médiatique doivent encore trouver les limites de leur utilisation face à leur nature potentiellement intrusive.

Des compétences à acquérir chez le journaliste

Alors que ces outils de réalité virtuelle restent à un stade embryonnaire, leur développement doit être suivi d’une prise de conscience au sein des rédactions de l’intérêt de tels supports. Ainsi, il s’agirait de sensibiliser les journalistes  à la nécessité de collaborer avec des entreprises de VR pour produire des contenus novateurs. Néanmoins, on à déjà pu constater que certaines rédactions ont anticipé cette nouvelle vague technologique : Euronews, notamment, développe depuis quelques années une plateforme de vidéos 360º incorporées aux articles publiés en format web.

Bastien Serini.

Une réflexion au sujet de « Médias immersifs : vers une nouvelle norme de la production de contenus ? »

  1. Les deux exemples interrogent en effet. Entre la pseudo naïveté d’e Zuckerberg qui s’exprime comme les pilotes de chasseurs américains revenant de leur raid sur Bagdad en 1992 « C’était comme dans un jeu vidéo » (oui mais tes morts étaient vrais…) et les vidéos 360° d’Euronews qui proposent une exploration plus que découvrir un point de vue éclairé par un professionnel.
    Des infos sur comment ses deux expériences ont été technologiquement réalisées?

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