Natural Cycles x Kindara: la révolution numérique des méthodes contraceptives

En termes de contraception, le moment est post-pilule: connaître les applications mobiles qui optimisent la méthode symptothermique avec des plateformes interactives

Crédits photo: Reproduction / Kindara

Jugée aussi efficace que la pilule contraceptive, l’application Natural Cycles est le premier outil numérique à obtenir la certification de l’Union européenne qui le classifie comme une méthode de contraception. Après l’attention des médias et le succès constaté — il y a déjà plus de 500 000 abonnements à Natural Cycles dans 161 pays différents depuis l’année dernière —, l’entreprise a annoncé avoir obtenu plus de 36 millions de dollars en investissements en 2017.

L’application est basée sur la méthode symptothermique, qui utilise les signes de fertilité, comme les températures corporelles, pour calculer la période fertile. Mais elle n’est pas l’unique ni la première application à offrir ce type de service : depuis le succès de Natural Cycles, l’appli Kindara, sorti en 2011, a lancé son nouveau mis en forme pour essayer de se mettre en compétition. Découvrez les deux applications :

Natural Cycles

Gratuit pour 30 jours, le grand attrait de l’appli est la facilité de sa démarche, puisqu’un logarithme effectue tous les calculs de la méthode symptothermique : l’utilisateur ne fait qu’ouvrir l’application et entrer sa température. L’écran pour mettre les données est ouvert automatiquement lors de l’ouverture de l’appli, aspect important puisque la collecte de données est la première chose qui se fait au réveil ; les graphiques sont géants, avec des icônes en vert et rouge, couleurs qui facilitent la compréhension immédiate pour l’utilisateur ; le design est souple et simplifié, avec des gros boutons arrondis et colorés.

Image: Reproduction / Natural Cycles

Kindara

Gratuit depuis son lancement, l’appli Kindara est beaucoup plus détaillée — parfois elle effraie en raison de la quantité de données qu’elle demande, même si l’utilisateur n’est pas obligée de tous les mettre. Mais avec la dernière mise à jour, ils ont essayé de devenir plus simples en simplifiant le design. Les références au skeuomorphism ont été substitués par la sobriété du flat design et du minimalisme ; les miscellanées de couleurs ont été substitués par une palette violette avec du gris ; l’écran pour insérer les données est aussi ouvert automatiquement.

Image: Reproduction / Kindara

Ils sont en avance sur Natural Cycles en ce qui concerne l’interactivité : en plus d’avoir un forum dans l’application pour que les utilisateurs se parlent et posent des questions, il est possible d’acheter un thermomètre (objet essentiel pour la méthode symptothermique) numérique, le Wink, qui envoie les données automatiquement à l’application par Bluetooth.

Monique Portela

6 réflexions au sujet de « Natural Cycles x Kindara: la révolution numérique des méthodes contraceptives »

  1. Est-ce qu’il y a un forum des utilisatrices qui pourraient signaler des dysfonctionnement ou approximation féconde de la méthode? N’y a-t-il pas un risque que ce type de représentation médicalise à l’extrême le désir?
    Autre question, savez-vous si l’application communique des données?
    Dernière question « troll »: Ces applications disposent-elles d’une option « réseau social » permettant de poster sur son fil d’actualité les résultats du test matinal (pour enthousiasmer les amis par exemple)?

    En tous cas ça doit pouvoir être un bon complément stimulant les périodes d’activités des couples en recherche de période de forte probabilité de fertilité (mais faudrait peut-être pouvoir adapter les couleurs)

    • Oui, il y a des communautés sur Facebook où les utilisatrices-teurs peuvent échanger des expériences sur la méthode (qui est indépendante des applications) et sur les applications elles-mêmes. La communauté brésilienne « Perception de la fertilité et de la contraception naturelle », par exemple, comte avec plus de 15 mil membres. Les communautés exclusives de chaque application sont plus petites, avec mille, deux mille membres. Mais si vous parlez d’un forum dans l’application, l’appli Kindara est la seule qui l’a. L’option « réseau social » sera dans la prochaine mise à jour de Kindara, déjà annoncé. Pour l’instant, les utilisatrice-teurs partagent leurs graphiques dans les groupes sur Facebook. Il y a même des membres des équipes de Kindara et Natural Cycles dans les groupes Facebook, comme ça ils peuvent adapter les nouvelles mises à jour des applications selon les besoins des utilisatrices-teurs !

      À propos de la médicalisation du désir (si j’ai bien compris la question), je trouve que le désir est déjà trop médicalisé pour les femmes : les méthodes contraceptives sont faites que pour les femmes… Et certains sont pires que d’autres. Les méthodes hormonales, par exemple, sont parmi les plus utilisées, et au même temps sont les champions de la chute de la libido (donc, du désir) féminine — cela c’est aussi médicaliser le désir ! À mon avis, les représentations graphiques de la méthode symptothermique ne font rien d’autre que de donner aux femmes les moyens d’acquérir des connaissances sur leurs cycles biologiques et leurs corps ! 🙂 Bref, je pense pas qu’il y a un risque que ce type de représentation médicalise à l’extrême le désir.

      Merci pour votre contribution ! 🙂

  2. Merci pour votre comparaison! C’est bien de connaitre les différences d’accessibilité entre le deux. Ces applications ont vraiment changé la manière d’utiliser la méthode symptothermique par les femmes. Avant, qui optait pour cette méthode généralement faisait des graphiques à la main sur le papier, les applications ont tout modifié en terme d’interaction et accessibilité, ont popularisé la méthode et ont donné plus d’autonomie aux femmes pour réguler la contraception naturelle en toute sécurité.

    À mon avis, ces applications ont évolué à côté d’une tendance actuelle de transformer la façon dont les gens gèrent leur santé à travers l’investissement de solutions numériques dans les soins de la santé. C’est l’exemple de la Chine, un investisseur majeur dans ce domaine. C’est le cas de l’application Ping a Good Doctor, qui fournit un diagnostic gratuit, la réservation de rendez-vous en ligne et permet aux utilisateurs de consulter les médecins à travers le texte, des images et des vidéos. Il y a aussi des articles sur les soins de santé, un forum de discussion et un magasin en ligne qui vend des médicaments, des produits de santé, des cosmétiques et même des cartes-cadeaux.

    • Oui, h.nichele ! Je suis d’accord ! Ces applis ont popularisé la méthode — avant Kindara, mais principalement avant le « boom » de Natural Cycles dans les médias, la méthode était peu connu. Il y avait déjà des site web qui faisaient des graphiques en ligne, mais, honnêtement, je les trouve très compliqués pour qui est débutant (une chose que ne se passe pas avec Natural Cycles, par exemple, qui est très simple) et en ce qui concerne le UX, ils sont terribles ! Et oui, je pense aussi que c’est une tendance, la question santé + technologie…

      Je connaissais pas l’application Ping a Good Doctor. Je vais le trouver —merci votre contribution ! 😉

  3. Une remarque sur le fond : c’est quand même une technique très contraignante pour la femme, qui doit relever sa température tous les matins et les rentrer dans l’application… ça n’est pas plus contraignant qu’une prise de pilule tous les jours (même si les risques d’oublis sont égaux), mais ça l’est beaucoup plus qu’un implant contraceptif ou un stérilet par exemple.
    De même, je me pose la question de la fiabilité de ce type de contraception : par exemple, la température du corps est-elle une information suffisante pour savoir quand éviter les rapports sexuels ? Une femme qui tombe malade par exemple et dont la température du corps augmente (ou diminue) de manière accidentelle / circonstancielle (en cas de fièvre par exemple) peut-elle encore se fier à cette technique ?

    Sur la forme, je me pose la question de la protection des données personnelles… Surtout sur un sujet aussi intime.

    • Bonjour, E. Baumann ! Merci pour le commentaire 🙂

      Oui, je suis d’accord que comme un contraceptif, la méthode symptothermique c’est aussi contraignante en ce qui concerne la routine de la méthode. Mais la chose la plus important c’est que cela est une méthode contraceptive naturelle, très diffèrent qu’une prise de pilule ou qu’un implant contraceptif, les deux, hormonaux. C’est un choix personnel, prendre un médicament ou la température toujours (ou rien, bien sûr !). Ah, et les personnes peuvent utiliser la méthode pas seulement pour la contraception (ou la conception), mais aussi pour connaître mieux son propre corps !

      Sur la fiabilité de ce type de contraception, il est aussi efficace qui la pilule — j’ai mis dans le texte le hyperlink pour la recherche concernant spécifiquement l’appli Natural Cycles, mais la méthode symptothermique est indépendant des applications et est ancienne, donc il y a plusieurs recherches qui confirment la fiabilité de la méthode (ici, une autre étude, par exemple : https://academic.oup.com/humrep/article/22/5/1310/2914315#authorNotesSectionTitle). Pour expliquer très rapidement, Il y a seulement environ 6 jours dans un cycle où une femme peut tomber enceinte (ce qui est sa période fertile), alors sachant où est la fenêtre de fertilité, on peut savoir quand il est possible (ou pas) de tomber enceinte. Mais oui, quant à vos questions sur la méthode, elles sont très pertinentes ! Si vous êtes intéresse, je vous recommande la lecture du livre « Taking Charge Of Your Fertility » de Toni Weschler, parce que la méthode est vraiment un peu complexe. Mais bref, oui, si la femme tombe malade, la température du corps change, mais elle peut continuer à se fier de cette technique parce qu’elle est basée sur trois signes de fertilité principaux : la température, la glaire cervicale et la hauteur du col de l’utérus — et toute cela on peut registrer sur l’appli Kindara, mais pas à Natural Cycles (ma critique et celle de nombreuses femmes à l’appli NC).

      Sur la forme : oui, moi je me pose aussi la question de la protection des données personnelles… Pas vraiment parce que je les considère plus intime qu’autres donnés qu’on met sur internet, mais oui, c’est une question très importante… Sur ça, j’ai déjà lu un texte vraiment bien, mais il est en portugais (par contre, je pense que vous pouvez utiliser l’option de « traduction » fournir pour Google, si vous avez l’interet): https://chupadados.codingrights.org/menstruapps-como-transformar-sua-menstruacao-em-dinheiro-para-os-outros/ Le titre du texte c’est: « MENSTRUAPPS – Comment transformer vos menstruations en argent (pour les autres)? ». Mais bref, c’était une bonne question ! Je vais essayer de trouver un document qui parle de la politique de confidentialité de ces deux applications et j’apporte plus d’informations bientôt. Merci pour votre contribution 🙂

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