Radio France donne un coup de projecteur à la langue des signes

Ecouter la radio est désormais possible pour tous. Alors que la 21e Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées vient de se terminer (SEEPH du 13 au 19 novembre 2017), Radio France a, une nouvelle fois, rendu ses contenus audio accessibles aux personnes sourdes ou malentendantes.

La radio ne s’écoute plus, elle se consulte. Présents sur le web depuis le début des années 2000, les programmes et émissions se retrouvent sous forme de podcasts ou sont même visionnables en direct grâce aux live. L’apport de la vidéo a permis notamment d’intégrer des sous-titres dans certaines vidéos, mais certains programmes du groupe Radio France sont allés plus loin. J’ai nommé: l’interprétation en direct en langue des signes françaises et le sous-titrage en vélotypie. De quoi rendre enfin accessible ce média aux 6 millions de sourds et malentendants en France.

LSF et France Inter, un partenariat qui fonctionne

Depuis 2016, France Inter fait appel à l’interprète Marion Le Trohic pour signer certains programmes ou chroniques. Pour cette nouvelle édition de la SEEPH, la traduction s’est effectuée en direct pour la chronique de Sophia Aram, le 13 novembre dernier, alors que jusqu’ici la Maison ronde ne proposait que des interprétations décalées, sur fond gris et sans réelle interaction avec le chroniqueur :

Signer est l’un des moyens de communication les plus courants parmi la population mal entendante, car le taux d’illettrisme y est généralement élevé. Elle consiste à comprendre grâce à une gestuelle les discours, références, échanges mais aussi les notes d’humour et différentes intonations car les expressions du visage sont aussi importantes pour la restitution totale des informations transmises.
Comme le souligne avec humour Guillaume Meurice, pas tous les termes ne sont évidents à signer, à commencer par la désormais fameuse « poudre de perlimpinpin » dans sa chronique du 14 novembre 2017 :

La vélotypie : entendre avec les yeux

La double vélotypie est une « transcription simultanée d’interventions orales permettant une restitution fidèle et exhaustive des propos, dans des « fenêtres » différentes permettant de savoir en permanence qui intervient » explique la société française Système RISP, qui assure le sous-titrage en temps réel de colloqes, manifestations et émissions télévisées – les questions à l’Assemblée nationale et au Sénat diffusées sur France 3 par exemple. Elle est possible via un Vélotype, un clavier qui permet d’écrire à la vitesse de la parole. Il permet principalement de saisir les mots de façon rapide et « met en oeuvre les principes de l’écriture syllabique ».
Velotype

Pour Radio France, ces outils ont permis d’assurer un partenariat avec Mission Handicap et de rendre ainsi accessible l’émission Questions politiques dès le mois d’octobre 2016 aux personnes qui, jusqu’ici, ne pouvait suivre son contenu. Un pari intéressé avec la couverture des élections présidentielles assurée par Nicolas Demorand. D’autant plus qu’à la télévision, la priorité à la retranscription en LSF ou sous-titres des meetings et discours n’était pas partagée par tous les candidats.

5 réflexions au sujet de « Radio France donne un coup de projecteur à la langue des signes »

  1. Ca fait toujours plaisir de voir que le service public commence (enfin) à considérer cette problématique trop longtemps tenue à l’écart du débat. D’autant pour que le droit à l’information est inscrit dans la Constitution comme un droit inaliénable pour tous (y compris donc les handicapés!!). Cependant, j’ai l’impression que la phrase d’ouverture de l’article est un peu forte. Même si

  2. Même si France Inter a pris cette belle initiative, les radios sont encore trop peu ouvertes à l’attention des sourds, malentendants, aveugles et consort… Sans rien vouloir enlever au mérite de France Inter (c’est le service public, tant mieux que ce soit eux qui donnent le la), le chemin à parcourir est encore long. L’article est très bon cela dit.

  3. C’est intéressant de voir que l’interprétation en LSF dépasse la télévision. Ce qui est plus surprenant c’est que cela mette aussi longtemps à venir jusqu’à la radio, qui propose la vidéo depuis quelques années déjà.

    • J’entends qu’il est surprenant de s’être passé de cette audience jusqu’à maintenant. En effet, les directs vidéos semblent particuilièrement adaptés à l’interprétation LSF instantanée. Mais peut-être que la mise en place de cette interprétation (ou de la vélotypie, éventuellement) est plus coûteuse que ce que l’on imagine. Toujours est-il que faire profiter de la chronique de Sophia Aram est une bien belle idée !

  4. Je suis tout à fait d’accord avec « La radio ne s’écoute plus, elle se consulte », par contre il faut encore réfléchir sur les transformations de la radio en ligne.
    Nous pouvons voir comment dans ce cas Radio France utilise l’image comme outil de communication lors de l’utilisation de cet outil car c’est « le vélotypie » à traduire en langue des signes. Il est intéressant de voir comment la radio a un esprit actif dans son désir de continuer à gagner des espaces dans différents publics, mais surtout dans un public aussi vulnérable que celui des personnes handicapées.

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