Quand Facebook se transforme en Le Bon Coin

Le plus consulté des réseaux sociaux et ses deux milliards d’utilisateurs ne cesse d’ajouter des fonctionnalités depuis sa création. Son nouveau service ? Market place : permettre à ses utilisateurs de vendre et acheter des objets comme sur les sites de petites annonces en ligne.

Après les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, Market Place débarque en France. Si les utilisateurs pouvaient déjà créer des groupes de ventes pour s’échanger tout types de produits, Facebook a mis en place un service de vente en ligne où vendeurs et acheteurs sont mis en relation via un onglet. Le réseau social ne gère pas directement la vente, aucun paiement n’est fait en ligne. Et contrairement aux sites de petites annonces, Market Place ne prélève pas de commission sur les ventes.

Une interface simple et épurée

L’icône, placée au centre de la barre de navigation de l’application mobile, ressemble à la façade d’une échoppe. Il remplace celui de la discussion en ligne Messenger passée en haut à droite de l’interface. L’utilisateur accède ainsi à toutes les annonces de sa région grâce à sa géolocalisation. L’interface est épurée, elle a été avant tout pensée pour les smartphones. L’annonce est claire : une photo, un prix. Une fois l’objet trouvé, il suffit de cliquer dessus pour connaître les renseignements nécessaires. L’utilisateur a la possibilité de changer le lieu pour élargir sa zone de recherches, de choisir une catégorie (maison et jardin, véhicules, vêtements, etc.), d’imposer une fourchette de prix ou encore de ne voir que les objets gratuits.

En haut de la page, l’utilisateur a le choix entre neuf catégories : « vos articles », « éléments enregistrés », « à vendre », « groupes », « meilleures ventes », « véhicules », « locations », « ventes immobilières » et « rechercher ».

La part belle aux photos pour les acheteurs

L’interface permet clairement de différencier les éléments que l’on soit acheteur ou vendeur. La page a été créée de manière à ce que l’acheteur voit directement les articles vendus autour de lui. Mieux encore, Market place privilégie les annonces susceptibles de plaire à l’utilisateur en fonction de ses centres d’intérêt. Des photos sont présentes sur pratiquement la totalité de la page. Pour le vendeur, une barre « que vendez-vous ? » est située en haut de page. Inutile de renseigner des informations, le profil Facebook fait office de « carte d’identité ». D’après Brian Blau, du cabinet Gartner, ce système présente un avantage : « Un niveau supérieur de confiance et de sécurité, car les vendeurs utilisent leur véritable identité. » En effet, il est plus facile de distinguer un faux compte Facebook d’une fausse adresse mail sur Le Bon Coin.

Trois mois après le lancement de Market place, Facebook vient d’annoncer que le service allait intégrer plusieurs centaines de milliers d’annonces de locations grâce à un partenariat passé avec des portails immobiliers. Facebook pourrait-il faire de l’ombre au géant Air b’n’b dans les années à venir ?

 

7 réflexions au sujet de « Quand Facebook se transforme en Le Bon Coin »

  1. Je me demande si Facebook est vraiment capable de faire changer les habitudes de millions de clients qui se sont habitués à aller sur Le Bon Coin en France. D’autant plus que ce site est utilisé par des personnes par forcément familiarisées avec les outils en ligne. La volonté affichée de vouloir se démarquer de ce genre de site avec une nouvelle interface pourrait être un autre frein dans le but d’attirer ce genre de personne sur le Facebook market puisqu’ils devront ré-apprendre une nouvelle façon de naviguer dans les annonces. Bref, j’imagine que le but de Facebook est de faire toujours plus rester l’utilisateur sur sa plateforme et qu’ils vont multiplier ce genre de nouveauté mais de là à ce que se soit efficace…

    • Je ne pense pas que les personnes utilisant Le Bon Coin ne soient pas familiarisés avec les outils en ligne, au contraire… En revanche, je suis d’accord que les habitués du site ne vont pas forcément basculer sur Facebook pour vendre et acheter, tout simplement par habitude à leur site Bon Coin. La seule chose qui pourrait, à mon avis, faire en sorte qu’ils migrent vers Market Place serait l’augmentation des commissions du Bon Coin et des autres sites de petites annonces en ligne.

  2. Notamment Facebook continu parmi les réseaux plus compétitif pour capter le public. Il n’est hésites pas de se rentrer dans tous les espaces sociaux en ligne. En plus de mis en relation des « vendeurs » et des « acheteurs » Facebook cherche de se placer dans la tête de tous les « acteurs-utilisateurs ».
    En 2012 Facebook a été au-dessus de google comme « moteur de recherche », même, a acheté instagram et whatsapp. En 2014 achète Oculus VR, un casque de réalité virtuelle, et cette année « Facebook rachète une start-up de réalité augmentée pour mieux rivaliser avec Snapchat », pour donner juste quelques exemples.
    Chaque fois que je vais sur mon Facebook, je me demande toujours, qu’est-ce qui viendra après lui? alors, quels seront nos défis comme journalistes.
    @thamarabryson

  3. J’ai bien vu ce logo s’ajouter à ma page d’accueil de Facebook. Mais je trouve, pour ma part, cela très intrusif, si jamais on ne désire pas vendre ou acheter des produits, peut-on le supprimer ? Autre chose, quel est l’intérêt pour Facebook de proposer ce genre de service, alors que ce n’est pas du tout, à l’origine, son but premier. Je commence vraiment à m’y perdre avec toutes ces nouveautés. De plus, ne risque-t-il pas de trop en faire ? Après vendre et acheter des objets, bientôt louer son appartement… Peut-on toujours appeler cela un réseau social ?
    Ça fait beaucoup de questions, je sais 🙂

  4. Bonjour Amandine. Merci pour cet article. J’ai été très surprise lorsque j’ai remarqué cette nouvelle fonctionnalité sur Facebook. Tout d’abord parce que, comme tu l’as dit, les utilisateurs pouvaient déjà créer des groupes de ventes et d’achats. Il me semble donc très intéressant de voir comment ce détournement d’usage a conduit à cette adaptation de l’interface. Ensuite, à cause de l’importance que Facebook a accordé à cette fonctionnalité au niveau de la mise en forme, l’icône étant placé au centre de la barre de navigation de l’application mobile et remplaçant une fonctionnalité bien plus caractéristique du réseau social: Facebook Messenger. J’ai eu l’impression que Facebook souhaite donner à Market Place le même poids, ce qui me semble très risqué, puisque ce n’est que le début. De plus, cette fonctionnalité se situe même au centre de la barre de navigation, entre la « home » et les nouvelles demandes d’ajout, qui à mon regard, sont bien plus importantes que ce nouvel outil pas toujours indispensable. Facebook ne serait donc pas en train de perdre son essence ? Par ailleurs, du point de vue de l’utilisateur, je pense que Market Place peut avoir des avantages. Il faudrait évidemment revoir la place qui lui attribuée au sein de ce réseau, puisque bien sûr, pas tout le monde sera intéressé par cette fonction. Enfin, il serait intéressant de se demander, comment Facebook fait de l’argent avec tout cela ? Quel est son but commercial ? D’autant plus, si cet outil privilégie les annonces susceptibles de nous plaire en fonction de nos intérêts. Je me demande donc aussi à qui l’application communique mes données et mes recherches dans Market Place. Si oui, à qui, comment, dans quelle fin ?…

  5. Je pense que même avant la Market Place, on utilisait facebook de cette manière. Je connais beaucoup group facebook pour acheter et vendre des biens. La seule différence, on contactais aux gens par les messages privés soit pour fixer un lieux de rendez-vous, soit pour avoir une adresse afin d’envoyer les choses et payer etc. Si j’ai bien compris, ils ont rendu plus facile a faire. Est-ce qu’ils l’ont également commercialisé ou non?

  6. Il est en effet intéressant de répérer ce choix fait par Facebook « d’officialiser », en l’intégrant à ses fonctionnalités, une pratique qui est depuis longtemps très repandue parmi ses utilisateurs: l’usage (détourné?) des Groupes Facebook pour effectuer des transactions de vente/achat/location. Avant de lancer Marketplace, Facebook avait déjà fait un premier pas vers ses utilisateurs en ajoutant au sein des Groupes des modes de publication qui rendaient plus facile la publication de posts de mise en vente d’un bien quelconque (en divisant le champ conçu pour la rédaction du post en sections spécifiques telles le nom de l’article mise en vente, son prix, sa description, sa localisation géographique etc…), mais il est évident qu’avec le lancement de Marketplace Facebook a fait le choix d’intégrer complétement cette pratique de ses usagers parmis ses fonctionnalités. Il est intéressant également de signaler que l’on est face au même choix stratégique fait par Twitter lorsqu’il décide de permettre la publication de posts de plus de 140 caractères. Il s’agit là d’une adaptation des interfaces de ses réseaux sociaux suite à leur constat d’un certain besoin chez ses utilisateurs que ni l’un ni l’autre n’avaient anticipé.

    Un autre élément de ton article qui mérite d’être relevé est la manière dont Facebook se sert des algorithmes qui le caractérisent (du ciblage et de la personnalisation du contenu à travers une pratique de recueil de données qui s’avère de plus en plus « performante », voire même invasive), pour rendre Marketplace plus attirant ou plus performant vis-à-vis de la concurrence. Ainsi, grâce à ses algorithmes, Facebook peut montrer aux potentiels acheteurs des biens plus susceptibles de les intéresser en fonction de, par exemple, leurs centres d’intérêt (les likes) ou encore leur géo-localisation. De plus, comme tu le signales, grâce à ces algorithmes Facebook comporte déjà une première avantage qui est non negligeable par rapport au site leboncoin: celle de pouvoir vérifier plus facilement l’identité du vendeur, afin de pouvoir se méfier des arnaques qui deviennent de plus en plus courantes sur leboncoin.

    À travers cette article, on peut donc observer comment Facebook réussi, d’une part, à répérer chez ses utilisateurs un certain « besoin » à travers le suivi de leurs pratiques, et d’autre part, à exploiter sa riche banque de données sur les informations personnelles des utilisateurs pour tenter de rendre ce service plus performant et donc plus compétitif. Reste à voir si cette réussite dans la conception de leur nouvelle fonctionnalité pourra se traduire dans une réalité pratique. Ainsi, comme le signale r.martin, il est maintenant question de savoir si cette nouvelle fonctionnalité de Facebook pourra réussir à motiver chez les utilisateurs un changement d’habitudes.

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