Mastodon : une alternative à Twitter

Dessin du symbole de Mastodon, un mammouth. Ici, il est assis avec un smartphone entre les pattes.

La mascotte de Mastodon.

Le réseau social Mastodon a été lancé en octobre 2016. S’il semble proche de son cousin à plume, le pachyderme en est en fait une déclinaison libre. Par son architecture et son fonctionnement, ce réseau semble vouloir remettre un certain pouvoir dans les mains de ses utilisateurs.

Derrière Mastodon, il y a tout d’abord Eugen Rochko, un jeune allemand diplômé en informatique. Sa motivation ? Proposer un web efficace et respectueux des utilisateurs. Dans cette optique, le réseau donne la possibilité de créer des communautés virtuelles par son système décentralisé.

En effet, la plate-forme fonctionne grâce à un ensemble de réseaux, indépendants les uns des autres. Il s’agit d’« instances » sur lesquelles on choisit de s’inscrire en fonction de ses préférances ou des langues parlées. Ces réseaux, qui peuvent être publics ou privés, sont hébergés par des particuliers. Et tout un chacun peut décider de créer et d’héberger le serveur de sa propre instance au moyen du logiciel mis à disposition. Et de bonnes bases en informatique. Une fois votre instance choisie, il vous faudra déterminer votre nom d’utilisateur. Celui-ci prends la forme suivante : @nom@instance.fr.

Page proposant à l'utilisateur de choisir une instance.

L’instance la plus connue, gérée par Eugen Rochko, est mastodon.social. Elle compte 113,492 utilisateurs.

Diviser pour mieux régner

C’est en additionant toutes les instances que l’on obtient le « Fediverse » (contraction de « federation » et « universe ») de Mastodon. On peut ainsi tout à fait suivre un compte présent sur une autre instance (on parle alors de « suivre de loin »). L’important étant juste de figurer dans le « Fediverse ». L’action associera simplement ce serveur au premier, qui pourra en voir les contenus. Et ainsi de suite, jusqu’à créer des fédérations conséquentes.

Les avantages d’un système décentralisé sont multiples. D’abord, cela signifie que le réseau ne peut pas s’écrouler d’un coup d’un seul ni être fermé dans son entiereté. Allant par-là, il est plus difficile à contrôler et à censurer. Pour le meilleur comme pour le pire. Si une instance est fermée, elle pourra renaître sous un nom différent en un clin d’oeil. Ajoutons tout de même que la décentralisation est un gage de sécurité pour nos données, puisqu’ellles ne s’entassent pas dans les serveurs d’une seule et même entité dont elles seraient la monnaie.

A votre bon cœur

Non content d’être gratuit, le réseau est soutenu par sa communauté, via Patreon, et propose différents degrés de parrainage. Mastodon s’est d’ailleurs initialement financé grâce aux donations sur Patreon et aux deniers de son développeur. Quant à la publicité, elle n’y a pas droit de cité. Les Pouets (ou Toots, les Tweets, donc) n’y sont pas non plus optimisés pour mettre en avant des profils. Ils aparaissent par ordre chronologique.

Capture d'écran illustrant une interface sur Mastodon.

De g. à d. : votre espace de compostion, les comptes que vous suivez, vos notifications et, au choix, le fil de votre instance ou de la fédération.

Autre point remarquable : Mastodon est en open source. Autrement dit, son code est en accès libre. Les usagers familiarisés à la programmation peuvent donc l’inspecter et le modifier en passant par le logiciel, lui aussi mis à disposition. Le réseau au pachyderme poursuit ici une démarche participative et transparente, qui laisse une marge de manoeuvre à ses utilisateurs et participe à leur plus grande implication dans leur vie numérique.

Si Mastodon a bénéficié d’une vague de succès en avril dernier, il n’arrive pas encore à détrôner l’oiseau-roi. Selon Rochko lui-même, le réseau a encore besoin de « quelques mois d’Avril » pour entrer dans la cour des grands et s’imposer largement comme une alternative à Twitter.