Green code : le premier label écolo du Web

Le numérique est le bouleversement du 21ème siècle. Il est aujourd’hui impossible de pouvoir s’en passer. Et pourtant, son impact sur l’environnement est loin d’être négligeable. Pire encore, Internet aurait eu une empreinte écologique à peu près deux fois plus grande que celle de la France, en 2015. Alors, comment réduire son empreinte écologique sur le Web ?

Du côté des utilisateurs du Web, la prise de conscience est encore minime mais certaines entreprises et développeurs s’engagent peu à peu dans un Internet optimisé et plus propre. La toute dernière solution : le green code. Mieux coder afin de réduire la pollution. Mais le code numérique ne parle pas forcément à tout le monde. Le code est une écriture utilisée par un développeur pour concevoir un logiciel qui donne des instructions à une machine sur la manière de se comporter. Ces instructions sont lues par le processeur, le « cerveau » de la machine, qui les analyse, puis les traduit en langage binaire (composé de 1 et 0), celui de l’ordinateur, pour que l’appareil s’exécute. La plupart de nos activités au quotidien utilisent du code informatique. Commander un billet de train en ligne ou se garer à l’aide d’une caméra de recul sont tout autant d’actions qui exigent un logiciel informatique, donc du code.

Mieux coder pour moins polluer

Thierry Leboucq, fondateur de Greenspector, propose un outil de mesure énergétique pour les logiciels des entreprises qui permet « de trouver les surconsommations dans le code et de les réduire ». Un code efficace donc, requiert moins d’énergie pour s’exécuter et permettra à un appareil d’augmenter son autonomie de batterie, par exemple.

Le green code c’est aussi, supprimer les fonctionnalités qui ne servent à rien. Par exemple, sur le moteur de recherche Yahoo, les utilisateurs peuvent accéder à de nombreuses informations comme le cours de la bourse, les actualités de dernières minutes, ce qui implique beaucoup de code. A l’inverse, Google propose à ses utilisateurs uniquement une barre de recherche. Pour un code plus écologique, il faudrait réduire le superflue et proposer, comme Google, d’aller à l’essentiel. Selon Greenpeace, le secteur informatique représente aujourd’hui 7 % de la consommation mondiale d’électricité. Ce chiffre continue d’augmenter avec la multiplication des objets connectés.

Une alternative à Google et Yahoo

Internet a également vu naître récemment des moteurs de recherche écolos. L’industrie du Web représentant près de 10% des émissions de gaz à effets de serre dans le monde, des développeurs ont lancé des moteurs de recherche alternatifs nommés Ecosia, Lilo ou encore Ecogine. Lilo, créé en 2015, reverse tous les ans les sommes générées par chaque utilisateur à des projets engagés pour l’homme et la planète. Ecogine, lui, reverse 10% des recettes collectées à des associations solidaires spécialement choisies par les utilisateurs, grâce aux profits de la publicité. Dans un rapport publié en 2014, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) estime qu’aller directement sur un site (en tapant son adresse ou depuis ses favoris) plutôt que via un moteur de recherche, « divise par quatre les émissions de gaz à effet de serre ».

Pour limiter son empreinte énergétique, il est aussi recommandé de nettoyer régulièrement sa boîte mail et ses données stockées en externe afin de ne conserver que l’essentiel, puis d’enregistrer le reste localement, par exemple sur un disque dur externe. Il est également conseillé de limiter l’usage de services ou de logiciels en ligne (suites bureautiques connectées ou streaming vidéo).