La neutralité du net en discussion

Les États-Unis rejoignent la liste de pays qui n’ont pas de neutralité du net. La décision modifie le principe de liberté dans le web et l’accès du contenu par les utilisateurs

Manifestation à Washington contre la fin de la neutralité du net la semaine dernière (CHIP SOMODEVILLA/ AFP)

C’est la fin du principe de neutralité du net aux États-Unis. La semaine dernière la Commission Fédérale des Communications (FCC), l’agence américaine des télécoms que règles l’internet au pays, a voté la révocation de la réglementation qui empêche les fournisseurs d’Internet de facturer sur des contenus spécifiques sur le web et délimiter l’accés de manière égalitaire par tous les utilisateurs .

La décision a suscité la controverse parmi les défenseurs de l’internet libre. Elle modifie le règlement approuvé en 2015 par l’administration de Barack Obama qui garantit le principe connu comme « neutralité du net », condition qui oblige les fournisseurs d’accès internet (FAI) à traiter les contenus en ligne de la même manière et de ne pas obtenir les données d’accès des consommateurs.

Quels sont les changements?

Le principe de la neutralité du net empêche les fournisseurs d’interdire ou de limiter l’accès à certains contenus, selon le paquet de données acheté par chaque consommateur. Pour ceux qui défendent la neutralité, cette condition configure un régime démocratique sur internet, car est accessible à différents niveaux sociaux, une fois qui ne coûte pas plus cher pour accéder à un contenu spécifique.

Pour les fournisseurs d’accès à l’internet, est un moyen pour les consommateurs de personnaliser la façon dont ils accèdent au contenu et de facturer plus ou moins en fonction de la consommation de données de chaque utilisateur. Le président de FAC, Ajit Pai, le principal défenseur de la fin de la neutralité du net, a déclaré que les changements n’influencent pas la liberté d’expression et la démocratie sur Internet.

D’autre point qui change avec la fin de la neutralité est que les entreprises de télécommunication peuvent faire des partenariats avec des services spécifiques, et cela empêche la concurrence et la capacité des autres entreprises de se développer dans le marché. Par exemple, si une télé priorise une application de messagerie dans les paquets de données, tous les autres ont tendance à être moins utilisés.

La plupart des pays qui ont une réglementation sur Internet pratiquent la neutralité d’Internet. Voyez la carte ici.

 

2 réflexions au sujet de « La neutralité du net en discussion »

  1. Salut Héloisa, penses-tu que le fait que les Etats-Unis ait supprimé la neutralité du web pourrait amener d’autres pays à suivre leurs traces? Connais-tu la différence visible sur la facture entre un internet neutre et non neutre? Il me semble que cela taxerai fortement les connections avec des données lourdes, je pense notamment à Netflix. Ces entreprises pourraient-elles pâtir de cette augmentation et voir le trafic sur leur site diminué? Si c’est le cas, ont-elles engagé des recours contre les Etats-Unis?

  2. Ajit Pai, le président de la FCC, a déclaré que les changements n’influenceraient pas la liberté d’expression et la démocratie sur Internet, mais l’enjeu est surtout économique. Eric Schneiderman, le procureur généal de New-York a même parlé d’un « cadeau de Noël en avance aux géants des télécoms ». Le risque est que seuls les poids lourds de l’économie puissent s’offrir le luxe des droits d’accès hauts-débits, laissant les petites entreprises sur le carreau. Les consommateurs devraient non seulement avoir une facture plus élevée, mais aussi devoir choisir les services du Web non plus en fonction d’un usage potentiel, mais de la vitesse ou du prix d’accès au site. À cela s’ajoute des possibles situations de concurrence illégales, alors que les FAI sont eux-même producteurs de contenus. C’est comme si Altice, maison-mère de SFR et Numericable, décidait de privilégier Libération ou L’Express, des médias qu’elle détient, au détriment de leurs concurrents. Certes, le principe neutralité est inscrit dans la loi européenne depuis mai 2016, et Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État au numérique assuré que la France continuera à promouvoir le principe de neutralité du net. Toujours est-il que les géants du numérique, comme Google, Facebook, ou Amazon sont américains. Difficile pour les opérateurs européens de ne pas en tenir compte.

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