E. Philippe promet l’internet à haut débit pour tous en 2020

Profitant de la Conférence des Territoires délocalisée dans le Lot le 14 décembre dernier, le Premier ministre Édouard Philippe a promis le déploiement du haut débit dans toute la France d’ici 2020. Certaines régions n’ayant toujours pas de connexion internet satisfaisante.

40 % des zones peu denses ont une connexion très lente (mois de 8 mb/s). Se crée ainsi une fracture numérique. Ces zones n’ont pas pu entrer de plein pied dans l’ère numérique. Regarde une vidéo reste compliqué et télécharger un logiciel prend des heures. Le gouvernement a décidé de réagir face à ses inégalités qui pénalisent des territoires en offrant un coup de pouce de 150 euros par domicile pour l’achat d’équipements (satellite, box…). “3,3 milliards d’euros sont prévus pour cette enveloppe” a annoncé Édouard Philippe.

Le Premier ministre a surtout tapé sur les doigts des géants des télécoms français qui n’ont pas respecté leurs engagements sur la construction des infrastructures. En modifiant la loi du code des communications téléphoniques, le gouvernement se réservera le droit de pénaliser financièrement Orange et consorts.

Charge donc à Orange, SFR et Bouygues de construire les infrastructures pour relier les zones les plus reculées du territoire français à l’internet à haut débit d’ici 2020 et au très haut débit d’ici 2022. Les trois opérateurs ont jusque là largement trainé des pieds pour équiper des territoires peu rentables. Le gouvernement leur met donc la pression en maniant le bâton de la pénalité financière pour les obliger à moderniser rapidement leurs équipement.

3 réflexions au sujet de « E. Philippe promet l’internet à haut débit pour tous en 2020 »

  1. En 2013 déjà, le gouvernement prévoyait que tout le territoire français soit équipé en très haut débit d’ici à 2022. En janvier, la Cour des comptes avait recommandé de renoncer à l’objectif d’équiper 80 % du territoire en fibre optique, trop coûteuse. Hormis l’annonce d’un engagement de 100 millions d’euros supplémentaires, le gouvernement ne répond pas à un autre reproche de la Cour des comptes : la sous-évaluation du plan France très haut débit, estimé à 20 millions d’euros (de l’Etat, des collectivités locales et des opérateurs) alors que les magistrats financiers le calculent à pratiquement 35 milliards d’euros…

  2. Avoir un accès Internet au moins correct partout semble aujourd’hui d’une importance colossal, d’un point de vue professionel et personnel. Mais les différents cas de zones blanches en France (et de pieds traînant des opérateurs…) me font dire que 2020, c’est quand même proche, pour avoir un territoire ultra-connecté. Qui plus est, je suis peut-être méchamment sceptique, mais il y a aussi une question de rentabilité pour les patrons des telecomms. Fournir du haut-débit partout, même dans les villages isolés/ peu habités, ça a un coût. Il faudra donc voir si, pour eux, la mise en place de toutes les installations est plus ou moins rentable que de devoir payer une amende.On pourrait donc attendre encore un moment.

  3. La question qui est soulevée par ton article me paraît pertinente et d’une importance capitale. L’utilisation d’Internet est devenue fondamentale dans des sociétés de plus en plus connectées, tant sur le plan personnel que professionnel. Néanmoins, le plan proposé par le gouvernement semble limité. Les sanctions potentiellement infligées aux grands groupes de télécommunication seront-elles une incitation suffisante pour faire face au manque de rentabilité de la couverture de certains espaces ? De plus, la volonté de le faire d’ici 2020 n’est-elle pas précipitée quand on voit le temps qu’a mis la 4G, par exemple, à se développer sur le territoire français ? Toutes ces remarques me laissent penser que le très haut débit dans les campagnes reste loin d’être une réalité sur un temps si court.

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