La Face Cachée d’Internet, le livre incontournable pour comprendre les enjeux du numérique

Rayna Stamboliyska. Retenez ce nom, c’est la personne qui vous permettra de comprendre ce qu’il se passe dès que vous vous connectez à Internet depuis vos ordinateurs, smartphones et tablettes, et qui détruit une bonne fois pour toutes les clichés trop facilement véhiculés sur les hackers, le darknet et l’utilisation de vos données personnelles. Entre autres.

La Face Cachée d’Internet est en librairie depuis le 5 juin 2017. Et cela faisait longtemps que la littérature française attendait un ouvrage qui aborde de façon aussi détaillée et illustrée d’exemples variés le thème des enjeux numériques. L’auteure, détentrice d’une thèse en génétique et bio-informatique et un master spécialisé en « défense, sécurité et gestion de crise », était en conférence à La Tour du Web à Lyon le 1er décembre dernier, invitée par des étudiants de l’université Lyon 2. Elle y a présenté son ouvrage, qui se décline en trois parties, avec de belles pointes d’humour. Résumé.

Le côté obscur de la force : piratages et malveillance connectée

Dans cette première partie, l’auteure aborde la question de la protection des données, et du business qui se fait malgré nous sur celles-ci. Des empreintes que nous laissons sur le net, le commun des utilisateurs n’en a qu’une très infime notion. Entre définition des termes cyberattaques, piratages, rôle de l’Etat face à ces nouvelles formes d’entraves juridiques et l’émergence des logiciels libres, ce premier chapitre permet de mettre en place les bases qui sont au coeur des enjeux liés à la protection des données. Lors de sa conférence, Rayna Stamboliyska a d’ailleurs fait participé le public en leur posant les questions suivantes :

“Qui connaît exactement le nombre de compte qu’il a créé en ligne ? Où ? Qui est arrivé à supprimer des comptes ? Combien de personnes changent de mot de passe tous les six mois”?

Cette apostrophe pour démontrer que la nécessité de protéger ses données, ou du moins de savoir où l’on a pu en laisser des traces était un souci concernant l’ensemble des utilisateurs d’Internet.

La figure du « hacker » : les bons, les brutes et les Anonymous

Dans ce second chapitre, les différentes déclinaisons des hackers (ou « hackeurs », à la française) permettent d’effacer une bonne fois pour toute l’image d’épinal trop largement répandue du hacker avec sa sempiternelle capuche sur la tête, un masque Anonymous recouvrant ses boutons d’acné juvénile et des gants de chantiers pour taper sur son clavier – pour l’avoir testé, l’auteure confirme : ce n’est pas pratique. Ce sujet amène naturellement le lecteur à découvrir les indétronables Anonymous, de leurs gros coups d’éclats qui les ont fait connaître à la question de la légalité de leurs actions. Ce chapitre se termine avec le sujet des lanceurs d’alerte, Wikileaks et un entretien particulièrement précis du journaliste de Télérama Olivier Tesquet.

Le Darknet : des maux et des mots

Enfin, Rayna Stamboliyska ne nous ouvre pas la porte du darknet, tout simplement parce que celle-ci n’existe pas. Ou bien si, elle existe, mais ne confirme que très peu l’existence des mythes qui tournent autour de celui-ci – par exemple, la red room n’a rien de si mystérieux ou extraordinaire. En revanche, les crypto monnaies et blockchains sont évoquées dans cette partie en les incluant dans les différents usages liés au darknet – il n’y a donc pas que des contenus illégaux de type pédopornographie, vente de drogues ou d’armes, mais aussi des arnaques liées à l’e-commerce.

Ce livre s’adresse donc à tous : noobs, geeks, curieux de comprendre le fonctionnement de nos machines ou juste du fonctionnement du monde dans lequel nous vivons – IRL, bien entendu.

Pour plus d’infos sur l’auteure et le livre : une interview Framablog du mois de juin 2017.
Aussi : préface de Stéphane Bortzmeyer, dont le blog vaut le détour ici.

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