Whatsapp dans le viseur de la Cnil

En 2017, l’application Whatsapp est utilisée par plus d’un milliard de personnes dans le monde. (Crédit photo: Flickr)

Le problème ? Whatsapp, l’application de messagerie instantanée, transfert illégalement les données personnelles de ses utilisateurs à sa maison-mère, Facebook. Numéro de téléphone ou habitudes d’utilisation, Whatsapp partage ces informations sans aucun accord préalable de ses usagers. Le logiciel mobile a un mois pour se conformer à la loi.

Les 10 millions d’utilisateurs français de l’application mobile Whatsapp ont du souci à se faire. Le géant américain divulgue, à leur insu, des données personnelles au réseau social Facebook, son nouveau propriétaire depuis 2014. Les conditions d’utilisation et de politique de confidentialité ayant changées, l’entreprise de Mark Zuckerberg s’attribue désormais le droit de récupérer ces informations privées. Une pratique jugée illégale pour la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). À ce jour, la seule solution pour s’opposer à ces agissements est de supprimer son compte de Whatsapp.

L’entreprise américaine peu coopérante

Pour réellement connaître quelles informations sont transmises, la Cnil a demandé à Facebook de fournir un échantillon de données. Requête que le réseau social n’a pas accepté. « La société a indiqué ne pas être en mesure de fournir ces informations dans la mesure où, étant installée aux Etats-Unis, elle s’estime uniquement soumise à la législation de ce pays », peut-on lire sur le communiqué de la Cnil. Une réponse qui n’a pas lieu d’être pour l’organisme français : la Cnil s’estime « compétente dès lors qu’un opérateur met en œuvre des moyens de traitement situés en France ».

La situation est donc pour le moment dans l’impasse. Néanmoins, la Présidente de l’autorité administrative a été claire : pour être dans les règles, l’application américaine doit obtenir les consentements de ses utilisateurs français pour utiliser leurs données. Whatsapp a donc un mois pour respecter la mise en demeure. Si tel n’est pas le cas, une procédure de sanction pourra être infligée à Facebook, pouvant atteindre les 3 millions d’euros.

Inès Joseph

Une réflexion au sujet de « Whatsapp dans le viseur de la Cnil »

  1. Etant moi-même une utilisatrice de Whatshapp, je n’étais pas du tout au courant de cette mise en demeure. Cela veut bien dire que si l’utilisateur ne cherche pas l’information, personne ne le prévient que ses données personnelles sont potentiellement en danger et qu’il doit, pour plus de sécurité, supprimer son compte. Je suis d’accord avec la CNIL, ce n’est pas parce que Facebook est localisé aux Etats-Unis que le réseau social peut faire ce qu’il veut avec les données personnelles des Français. Pour ma part, je ne compte pas supprimer mon compte car je m’en sers régulièrement pour parler avec des proches qui sont à l’étranger. De plus, si mon compte est supprimé, j’aurais le réflexe de passer par Facebook, or, il s’agit du même groupe. Mes données personnelles ne seront donc surement pas mieux protégées.
    Alors que tous ces outils sont, au départ, pensés pour favoriser une communication simple et instantanée, ils sont de plus en plus assimilés à des dangers menaçant nos données personnelles, et de manière plus générale, la démocratie. En effet, même si l’utilisateur n’a rien à cacher aujourd’hui, comment peut-il savoir qu’il n’aura pas besoin, plus tard, de protéger sa famille, ses sources ou encore de garder le secret médical ?

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