HARCÈLEMENT SEXUEL : Microsoft met fin aux arbitrages (et au secret)

 

En matière de harcèlement, il est d’usage pour les grandes entreprises américaines de régler discrètement ces affaires via des procédures d’arbitrage. Ce ne sera plus le cas chez Microsoft, qui change de politique en la matière.

 

Cela peut être vu comme l’une des suites de l’affaire Harvey Weinstein, qui a déclenché une vague sans précédent de révélations de cas de harcèlement sexuel. Microsoft a annoncé mettre un terme à une très ancienne politique interne appliquée par ses ressources humaines qui — en cas de plainte pour harcèlement de l’un de ses employés — mettaient en place un arbitrage avec les personnes concernées, cherchant à trouver un accord pour éviter à ces affaires de finir devant les tribunaux… Une façon de procéder qui s’avérait pratique, s’agissant de dossiers qui ne sont bons ni pour l’image ni pour les affaires.

À ce jour, Microsoft est la plus importante société de l’univers high-tech à prendre cette décision. « Passer sous silence ce genre de choses a clairement eu une incidence dans le fait que les cas de harcèlement sexuel continuent à se perpétuer« , a reconnu Brad Smith, directeur des affaires légales chez Microsoft, interrogé par le New York Times. Dorénavant, Microsoft respectera les lois votées par le Sénat en la matière et encouragera ses salariés victimes de harcèlement à se rapprocher des autorités locales.

​Vent de scandales sexuels sur la Silicon Valley

Cette décision intervient alors que la Silicon Valley est loin d’être épargnée par les scandales sexuels. Ces dernières semaines, de nombreux cas de comportements inappropriés ont en effet été révélés par la presse, touchant notamment des personnalités telles qu’Andy Rubin, Shervin Pishevar, Robert Scoble ou encore Steve Jurvetson. Une polémique récente a d’ailleurs touché Microsoft, accusé d’avoir embauché un ancien stagiaire alors qu’il avait été accusé de viol par l’une de ses anciennes co-stagiaires. Si beaucoup de personnalités de la Silicon Valley ont applaudi la décision de Microsoft de mettre un terme aux arbitrages internes en matière de harcèlement, il n’est malheureusement pas dit que d’autres firmes de la vallée suivent le géant de Redmond dans cette voie.

La procédure d’arbitrage, considérée comme quasi-légale, avait été à la base mise en place pour régler rapidement les différends entre les entreprises sans avoir recours au processus juridique traditionnel que l’on sait long et coûteux. Au fil du temps, elle est devenue quelque chose de très utilisé en interne par les entreprises américaines, pour régler notamment des affaires concernant les salariés en restant à l’écart des tribunaux. Les entreprises gardant une communication assez opaque vis-à-vis des cas traités en arbitrage, il est généralement très difficile d’obtenir des informations concernant ces affaires et les accords qui sont ainsi trouvés. Bien entendu, que Microsoft pratique ou non l’arbitrage pour des cas de harcèlement ou de discrimination de tout ordre ne change rien au fait que ses ressources humaines doivent être mises au courant de toute conduite inappropriée.

 

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