Web 2.0 et les réseaux sociaux : les medias classiques résistent à la toile

La montée du numérique a considérablement transformé le travail des journalistes, professionnels de l’information. Aujourd’hui, avec l’émergence en force des réseaux sociaux et du web, devenus incontournables, ils tentent de s’adapter pour ne pas périr.

 Les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) ont apporté des mutations dans plusieurs secteurs de la vie humaine. Et le champ journalistique n’est pas épargné par lesdits changements. Pour cause : la révolution engendrée par le numérique permet de suivre l’actualité en temps réels et en continu. A cet égard, il occupe une place de choix dans le cadre de la diffusion de l’information. ‘’Les réseaux sociaux sont devenus la deuxième source d’information favorite des internautes et la première pour les jeunes, devant les médias classiques. Sur les réseaux sociaux, il y a chaque jour 4 milliards d’éléments partagés sur Facebook, 175 millions de tweets, 3 milliards de vidéos vues sur YouTube’’, a remarqué Olivier Porcherot, ancien journaliste du groupe «i>Télé», dans un dossier intitulé ‘’Les journalistes face au développement du web’’, publié en 2012 sur «ina-expert.com».

Selon lui, cette montée en puissance du Web et des réseaux sociaux a fait craindre que le journalisme, en tant que pratique professionnelle, ne soit amené à disparaître. «On entend depuis quelques années de sombres prédictions sur le déclin de la profession. Mais, submergé par toutes ces nouvelles sources d’informations, le public a besoin de références et de repères pour pouvoir comprendre le monde qui l’environne. A ce titre, le rôle du journaliste est indispensable. Son métier change profondément, ce qui ne veut pas dire qu’il va disparaître (…) Il s’effectue dans un nouveau contexte qui a gagné en complexité’’, a-t-il rassuré.

Professeur en Information & Communication à l’Institut français de presse, à l’université Panthéon-Assas, Arnaud Mercier estime que toutes pour toutes les rédactions dont la version numérique est issue d’un ancien média, la question de la complémentarité entre les supports se pose avec acuité. «Et nous sommes entrés depuis quelque temps dans l’ère du ‘’web first’’. L’information se trouve donc au fond de notre poche, et notre attente est de recevoir les informations les plus chaudes, les plus importantes, les plus urgentes, directement sur nos réseaux, sur notre appli, sur notre messagerie…», a analysé le responsable de la Licence Information-Communication, dans son article titré «Révolution numérique : les journalistes face au nouveau tempo de l’info’’ et publié en octobre 2016 sur «Inaglobal.fr».

«On regardera le JT plus tard, en ligne…»

Le traitement de l’actualité sur les supports traditionnels s’en trouve bouleversé, avec, au cœur, la «révolution du tempo de l’information». Au site, à l’appli, l’information chaude, une quasi instantanéité, ou les alertes sur ce qui se passe et la proposition de découvrir les contenus mis en ligne.

Les journalistes, face à toutes ces mutations, doivent essayer d’aller au-delà des comptes-rendus, d’approfondir les informations qu’ils rapportent, de faire des dossiers, des enquêtes, etc. «Au média traditionnel, un tempo du recul, de la mise en perspective, de l’analyse à froid, de l’approfondissement ou, même, du pas de côté…Avec la consommation numérique de l’information, ce schéma s’étiole, on passe d’une logique de temporalité imposée par les médias à une logique de consommation choisie et d’archivage. On regardera le JT plus tard, en ligne, et on ne regardera peut-être pas tout, mais juste les reportages qui nous intéressent vraiment !», a choisi l’auteur de «Médias et opinion publique (CNRS éditions, 2012)».

D’après lui, les technologies du direct et de l’internet font que le rythme de la production et de la consommation de l’information s’est accéléré. Entre les chaînes d’information continue, les sites internet, les alertes push, les messages Facebook ou Twitter, l’information s’insère dans un écosystème où le temps semble échapper aux journalistes. Ils étaient des horlogers de «notre temps» social, voilà qu’ils courent comme tout le monde après le temps qui file…

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