Les fake profils pour la manipulation électorale au Brésil

Une investigation de BBC Brésil montrent que les élections présidentielles de 2014 au Brésil ont été influencées par de faux profils sur Facebook.

 

Le Brésil a connu une très grande crise politique au cours des trois dernières années qui, cette année, a résulté à un coup d’Etat qui a mis le gouvernement actuel au pouvoir. En octobre 2018, la population brésilienne retournera aux urnes pour choisir un nouveau président. Et pour cette raison, les pré-candidats ont déjà commencé leurs campagnes politiques, qui visent principalement les réseaux sociaux. La semaine dernière, une enquête menée par BBC Brésil pendant trois mois a choqué les Brésiliens. Les preuves recueillies par le journal ont montré qu’une entreprise basée à Rio de Janeiro a créé de faux profils sur Facebook pour influencer les élections de 2014 et les élections à venir en 2018.

Au cours de l’enquête pour le reportage, BBC Brésil a parlé avec quatre personnes qui ont dit avoir travaillé dans l’entreprise, ont recueilli de l’information sur l’activité en ligne de plus de 100 prétendus fakes et ont identifié 13 politiciens qui auraient été bénéficié de l’activité. Tous les politiciens ont dit qu’ils ne savaient pas que cela se passait. L’entreprise avait environ 40 employés dispersés dans tout le Brésil et chacun pouvait contrôler jusqu’à 50 profils différents. Ils recevaient un dossier technique avec les profils prêts (appelés « personas ») avec photo, nom et histoire, et devaient nourrir les comptes Facebook en fusionnant des publications sur leur routine avec des messages soutenant les politiciens. Un faux contrôleur de profil gagnait entre 800 et 2 000 reais (entre 200 et 500 euros par mois).

L’année dernière, ce type de stratégie de manipulation électorale et d’opinion publique dans les réseaux sociaux à travers de faux profils a été utilisé pour tenter d’influencer les élections américaines. Et cela s’est révélé être une tendance assez forte et inquiétante, ainsi que l’augmentation de la diffusion de fake news, renforçant ainsi la nécessité d’actions plus rigoureuses de la part de ces réseaux sociaux.

Gabriella Justo