La face cachée de wikipédia

Quoi de mieux pour se renseigner sur wikipédia que d’aller sur wikipédia ? Notre encyclopédie numérique à tous, référence omnipotente du web collaboratif a fait l’objet il y a peu d’un envoyé spécial d’Elisabeth Bonnet. Il se trouve que les reportages sur l’encyclopédie libre ne courent pas les rues, et pour cause, au fil des années la gestion de wikipédia est devenue un tabou médiatique.

Wikipedia Michelangelo © Wikimedia Commons – 2012

Cette encyclopédie tout le monde la connaît, tout le monde l’utilise (ou presque) et la plupart des internautes ne se posent pas de questions sur la provenance et la crédibilité des informations proposées. Après tout, si ce site attire 410 millions de visiteurs par mois, c’est bien que ce qu’il y a écrit doit être vrai. Souvent montrée du doigt dans les milieux universitaires, jamais acceptée comme donnée fiable, wikipédia trône pour autant à la 6ème place des sites les plus consultés au monde.

En France wikipédia c’est 1 300 000 articles et autant de contributeurs, le tout géré par une équipe (bénévole) de 180 administrateurs. Un article de rue89 (disponible ici : http://blogs.rue89.com/les-coulisses-de-wikipedia/2012/11/11/wikipedia-sur-france-2-comment-parler-de-lencyclopedie-la-tele), revient sur l’envoyé spécial, et décortique pour nous la carapace encyclopédique. L’auteur de l’article n’est autre que Pierre-Carl Langlais, un des membres du staff wikipédia, en charge de traquer les liens douteux et les contributions qui n’ont pas leur place.

Dans un article, toujours sur rue89 (décidemment ; disponible ici : http://www.rue89.com/2012/11/09/dans-les-trous-noirs-de-wikipedia-236896), Daniel Schneidermann le fondateur d’arrêt sur images, revient sur quelques zones d’ombres du géant encyclopédique : des règlements de compte interposés par le biais de contributions diffamatoires (et ce dans le petit monde de la politique française), la suppression de la page de François Asselineau, président de l’UPR (union populaire républicain) un groupuscule politique, sous prétexte qu’il « n’était pas assez passé dans les médias ». Rue89 souligne que la page wikipédia de ce même individu existe, mais sur la version anglaise. Des divergences au sein de wikipédia, mais aussi entre les pays.

Le paradoxe wikipédia c’est aussi l’anonymat et la contribution bénévole à la plus incroyable source (légitime ou illégitime) d’information que le web 2.0 ait connu. Alors que c’est cette même ampleur considérable qui provoque le scepticisme de certains quant à la fiabilité des sources. Pourquoi de telles contributions ne sont pas mentionnées. Sous couvert d’encyclopédie libre, wikipédia devient une encyclopédie du mystère, comment savoir qui sont les petites mains qui apportent connaissances et informations ?

On reproche à wikipédia d’être devenue communautaire, noyautée et de ne plus être aussi libre que son slogan l’indiquait. Il y aurait une élite de contributeurs, ayant leurs entrées dans l’empire wiki qui ne tolérerait pas que de parfaits inconnus cherchent à apporter leurs contributions dans des articles qu’ILS ont rédigé. Etrange pour une encyclopédie participative…

Mais le site aux millions d’articles a beau être la cible de nombreuses critiques, il reste toujours la référence en matière d’information simple et rapide (et pourquoi pas efficace ?), il faut savoir relativiser. Non les informations sur wikipédia ne sont pas fausses, oui la gestion pourrait être meilleure mais permet un contenu « acceptable ». L’historien Jean-François Sirinelli affirme que seule l’absence d’aspect analytique pourrait être reprochée à wikipédia.

Malgré les failles et les aléas de l’empire wikipédia, difficile d’imaginer le web 2.0 sans son big brother aux millions d’articles. L’encyclopédie (pas si) libre à encore de beaux jours devant elle.

2 réflexions au sujet de « La face cachée de wikipédia »

  1. Effectivement j’avais oublié d’introduire les sources dans l’article, c’est chose faite.

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