Les réseaux sociaux

Exposé présentant l’émergence des réseaux sociaux

Sommaire

Introduction

Un réseau social, tel qu’il est défini par Pierre Mercklé dans Sociologie des Réseaux Sociaux, est : « un ensemble d’unités sociales et des relations que ces unités sociales entretiennent les unes avec les autres directement, ou indirectement à travers des chaînes de longueurs variables ». Il faut au minimum trois individus pour que l’on puisse parler de réseau social, car dans un réseau il y a des relations fortes et d’autres qui le sont moins, les relations faibles. Dans une dyade, deux individus forment une relation personnelle donc forcément une relation forte, il y a un caractère intime. De plus, si l’un des deux individus vient à disparaître, il n’y a plus de relation du tout. Tandis que du moment où l’on rassemble trois internautes, la relation devient interpersonnelle et donc plus impersonnelle. Se développe alors des stratégies de coalition, de médiation, typique des réseaux sociaux. Ainsi, la triade constitue bien la plus petite unité d’un réseau. Également, un réseau social, n’a pas de frontières délimitées, un réseau peut-être potentiellement infini (Ferrand, 1997).

Le premier à avoir utilisé le terme de réseau social est l’anthropologue britannique John A. Barnes dans un article en 1954. Terme qui est aujourd’hui largement utilisé et qui a même été repris dans le film The social Network de David Fincher, sorti en 2010, qui raconte l’histoire de Facebook créé par Mark Zuckerberg.

Si le terme « réseau social » a été inventé en 1954, les réseaux sociaux, dans leurs pratique, existent, eux, depuis toujours. Mais c’est dans les années 2000 que les réseaux sociaux en ligne connaissent une véritable explosion. Aujourd’hui 70% des internautes sont inscrits dans au moins un réseau social en ligne, ils sont devenus incontournables.

Ainsi quels risques et opportunités rencontre-t-on quand on s’inscrit sur un réseau social ? quels sont les enjeux des réseaux sociaux ?

Diaporama

Les réseaux sociaux de leur naissance, jusqu’à aujourd’hui

La place importante des réseaux sociaux aujourd’hui n’est pas simplement due au hasard, elle est inscrite dans l’évolution technologique de ces quarante dernières années. Pour comprendre l’apparition des réseaux sociaux il faut avant tout faire un petit éclairage rétrospectif sur l’être humain. Se souvenir que l’Homme a génétiquement tendance à « se regrouper en sociétés plus ou moins structurées , de façon spontanée et sporadique sous l’effet de stimuli environnementaux ». Ce mode de fonctionnement existe depuis toujours et est constitué d’un ensemble de moyens et d’outils de liens sociaux autour d’un thème fédérateur (religion, loisir, activité professionnelle,…).

Souvent assimilés au développement du Web 2.0 (2004, terme de O’reilly), les sites de réseaux sociaux voient le jour durant les années 90. Danah Boyd et Nicole Ellison, chercheuses en science de l’information, définissent les sites de réseaux sociaux comme : « des services Web qui permettent aux individus de construire un profil public ou semi-public dans le cadre d’un système délimité, d’articuler une liste d’autres utilisateurs avec lesquels ils partagent des relations et de voir et de croiser leurs listes de relations et celles faites par d’autres à travers la plate-forme ». La nouveauté apportée au social networking (voir schéma the history of social networking ), qui débute par l’usage de la messagerie, tient donc à la mise en place d’une liste d’amis comme principal outil de navigation.

Panorama historique des réseaux sociaux

C’est en 1995 que le premier réseau social voit le jour. Classmates.com, fondé par Ranry Conrad est lancé sur l’Internet. Le site permet de retrouver ses amis d’écoles, de la primaire au lycée, et ses collègues abandonnés. La plate forme a une très forte connotation nostalgique, il sert principalement à ceux qui veulent retrouver une petite amie de l’époque ou à ceux qui souhaitent savoir si ils ont mieux réussi que leur copain d’avant.

Entre 1997 et 2001, l’émergence d’une plus grande variété de réseaux sociaux introduit le concept de « cercle de confiance ». Des plates formes sociales à destination des communautés ethniques, AsianAvenue (communauté asiatique), BlackPlanet (communauté noire) et MiGente (communauté latino) permettaient aux utilisateurs de créer des profils personnels, professionnels ou de faire des rencontres amoureuses.

En 2001 une nouvelle vague de réseaux sociaux pour les affaires arrive avec le site Ryze.com fondé par Adrian Scott à San Francisco. Il favorise l’échange et le partage de connaissances entre professionnels.

Entre 2002 et 2003, les réseaux sociaux deviennent le premier courant du web et peuvent apparaître comme une réponse à l’explosion de la bulle spéculative internet en 2000, dû à l’effondrement du phénomène de start-up et du système boursier à long terme. L’avènement de site comme Friendster fondé par Jonathan Abrams à Santa Clara en 2002, lancé en 2003, marque le phénomène de « petit monde » aussi connu sous la formulation, paradoxe de Milgram, et le modèle de réseautage social du « cercle d’amis » .

Aujourd’hui on compte plus de 200 sites de réseaux sociaux qui font référence au phénomène de YASNS : «Yet Another Social Networking Service», en français « Encore un nouveau réseau social » dont les plus significatifs dans l’histoire d’Internet sont Facebook et Myspace. Il convient donc de faire un rapide historique de ces deux sites de réseaux sociaux qui sont aujourd’hui les plus utilisés.

Facebook et Myspace

Petit rappel de l’histoire de Facebook lancé le 4 février 2004 par Mark Zuckerberg. Alors encore étudiant à Harvard, Mark Zuckerberg décide de créer un site de réseau social fermé réservé aux étudiants de l’université. Mais c’est entre 2005 et 2006, sous l’influence de Sean Parker (fondateur de Napster), que le nom de domaine est acheté et que facebook.com élargi son audience et autorise l’inscription a toute personne âgée d’au moins 13 ans. En 2007 Facebook connaît une ascension phénoménale grâce à son système de micro-blogging et en 2008, la France est touchée par l’ampleur du phénomène après la traduction du site.

Aujourd’hui, Facebook est le premier site de réseau social utilisé dans le monde. En février 2011, les statistiques parlent de 20,54 millions d’utilisateurs (+1,6 million en 6 mois), soit 31,8 % de la population et 46% des internautes Français.

Petit rappel de l’histoire de Myspace lancée en 2003 et fondé par Tom Anderson et Chris DeWolfe. Les premiers utilisateurs sont des groupes de musiciens indépendants rocks de Los Angeles, afin de faire leur publicité de concert dans les bars et salles de la ville. Très vite le site s’étend pour devenir une plateforme de contact entre les groupes et leurs fans. Il devient donc spécifique au réseau social artistique. En 2004, les jeunes entre 15-25 ans rejoignent en masse la plate forme, plus claire et plus simple que Friendster et les autres. Mais c’est seulement en 2005, deux ans après sa création, que les médias s’intéressent au phénomène Myspace, quand R.Murdoch, un grand magnat de la presse américaine, rachète le domaine pour 580 Millions de dollars.

Aujourd’hui, due à la forte concurrence des autres réseaux sociaux, tel que Facebook et Twitter, Myspace est racheté pour 35 Millions de dollars, soit 16 fois moins que son prix d’acquisition, par le groupe Specific Media.

Usages et pratiques des réseaux sociaux

Pourquoi utiliser les réseaux sociaux ?

Un besoin de communication

Comme a dit Aristote des siècles avant nous : « l’homme est un animal social », l’être humain a besoin de communiquer pour se développer, pour grandir, pour se construire, pour vivre. Et comme a dit Watzlawick : « on ne peut pas ne pas communiquer ». La communication est donc un besoin inhérent à l’homme même si celle des réseaux sociaux en ligne se fait à distance et par un médiateur comme l’ordinateur ou le téléphone portable.

Les réseaux sociaux mettent à disposition des processus de partage, d’échange et de présentation de soi. On peut :

  • Créer un espace personnel pour se présenter avec une photo de profil, des albums photos, des informations qu’on livre sur soi, un système de microblogging, etc. Il permet alors de s’exprimer sur ce que l’on est, sur ce que l’on aime, sur ce que l’on fait. Cela permet une présentation de soi.

  • Communiquer avec ses amis, à travers le partage de données et d’information. Les internautes d’un réseau social l’utilisent à 85% pour communiquer.

  • Accéder aux profils de ses « amis » qui ont également créé leur propre page de profil. On visite les profils, on est curieux, on apprend à mieux connaître certaines personnes. 77% des internautes l’utilisent afin de suivre l’actualité de leurs amis.

  • Nouer des relations avec des membres du réseaux qu’ils soient de la famille, des amis plus ou moins proches, parfois des collègues de travail. On peut les ajouter dans son réseau pour se faire connaître, mieux en savoir sur l’autre, échanger des liens, partager des photos, ou juste élargir son groupe d’amis en montrant que l’on connaît telle ou telle personne. 63% des utilisateurs utilisent le réseau social pour retrouver des amis

Un échange d’information (web participatif)

Les réseaux sociaux sont également utilisés pour communiquer mais également pour se tenir informé : 67% pour bénéficier d’une information, 66% pour partager de l’information. Les réseaux sociaux sont ainsi un lieu d’échanges, de communication, mais également de transmission d’informations d’un utilisateur à un autre, notamment sur Twitter. L’échange d’informations entre les utilisateurs est ainsi facilitée grâce aux réseaux sociaux. L’internaute, échange des liens, partage des photos, mais également ses opinions et ses avis quelque soit son statut, son sexe ou la catégorie socio-professionnelle à laquelle il appartient. Tout le monde peut participer ce qui fait que l’on a une communication dite horizontale.

Un besoin de reconnaissance et d’appartenance

En début d ’année 2010, les statistiques montraient qu’en moyenne, un individu avait un réseau d’environ 130 amis. Dans les réseaux sociaux, comme dans la vie, tout est communication, ainsi si une personne possèdent 400 amis et qu’une autre en possède 30, on ne pensera pas la même chose de ces deux individus. On dira que le premier est populaire et « aimé » tandis que le deuxième est plutôt « timide » et impopulaire. Certains collectionnent les « amis », augmentant le nombre de liens faibles et la superficialité des relations tandis que d’autres préfèrent au contraire s’entourer d’amis avec qui ils entretiennent des liens forts en rejetant au maximum la superficialité des relations. On assiste beaucoup dans les réseaux sociaux et particulièrement dans Facebook, étant le plus grand réseau mondial avec plus de 800 millions d’inscrits, à une véritable course à la popularité, si bien que certaines personnes éprouvent de la honte et de la gêne de posséder un faible réseau constitué de quelques amis, se considérant eux-mêmes de ce fait, impopulaires et peu aimés.

Tout ceci a pourtant peu à voir avec la notion d ’amitié mais plutôt à un besoin de reconnaissance et d’appartenance. Le réseau social peut déterminer en lui-même à quelle communauté on appartient, si on est sur montrip.com par exemple, cela regroupe plus la vie de quartiers, buzzimmo.com, regroupe des individus dans l’immobilier, etc. On s’inscrit sur tel ou tel réseau social pour appartenir à une communauté dans laquelle on se reconnaît, avec laquelle on partage une même passion, comme la musique avec Myspace, avec laquelle on a les mêmes affinités (copaindavant). On cherche alors à appartenir à une communauté et à être reconnu par elle.

La pyramide des besoins de Maslow permet d’analyser le comportement des individus sur les réseaux sociaux et les raisons pour lesquelles ils s’inscrivent.

Les réseaux sociaux répondent alors aux besoins secondaires représentés sur la pyramide qui sont du domaine de l’« être », avec notamment des besoins sociaux comme le besoin d’appartenance, et les besoins personnels comme le besoin d’estime et de réalisation de soi. Être sur un réseau social, c’est déjà accomplir certains besoins vitaux pour l’homme. Et c’est l’assouvissement de ces besoins qui vont mener à certains comportements sur Facebook, comme la course aux amis cités précédemment comme démonstration de popularité. Avoir des amis, c’est être aimé, si on en a peu, on peut être considéré comme rejeté, il faut donc à tout prix l’augmenter. Le nombre d’amis peut définir la réputation d’un individu, cela peut constituer un élément de communication important, pouvant démontrer l’influence de telle ou telle personnalité, par exemple, si on compare les hommes politiques, en 2011, Dominic Strauss-Kahn affiche 5 202 fans, Nicolas Sarkozy affiche 459 341 fans, Ségolène Royale affiche quant à elle 29 973 fans, enfin Barack Obama affiche plus de 23 millions de fans.

Cette quête d’identité, de reconnaissance par les réseaux sociaux se couple avec un certain effet de mode qui veut que l’on soit présent sur tel ou tel réseau social, que l’on ait beaucoup d’amis. Aujourd’hui, 70% des internautes sont inscrits sur au moins un réseau social en ligne. Être sur un réseau social répond donc à un certain effet de « mimétisme ».

Se construire un réseau

Au XVII° siècle, Th. Hobbes affirmait : « avoir des amis c’est avoir du pouvoir ». Quatre siècles plus tard, cette citation n’a jamais été aussi vraie. Chaque individu se crée un capital social qui constitue une richesse personnelle et qui peut être d’une grande utilité notamment en matière de stratégie d’entreprise, de recrutement, etc. Les réseaux sociaux accentuent ce phénomène et chacun se crée un capital social considérable. Mais pour avoir du réseau il faut être actif, entretenir son compte et interagir régulièrement avec ses amis. Sur Twitter, cela consiste à tweeter régulièrement et bien choisir le contenu de ses tweets pour obtenir un maximum d’abonnés.

Recruter ou être recruté

Être sur un réseau social permet d’être visible sur Internet et ainsi d’augmenter ses chances de pouvoir se faire recruter. Certains réseaux sociaux dit « professionnels » ont des visées purement professionnelles tels Linkedin et Viadeo. Ces derniers permettent de se constituer un réseau dans lequel on ne mélange pas sa vie privée et sa vie professionnelle et on évite ainsi certaines erreurs qui peuvent être fatales pour son poste. Les fonctionnalités mises en place par ces réseaux, permettent de décrire ses expériences professionnelles et de se créer une sorte de CV en ligne. Beaucoup dirigeants vont alors recruté via ces réseaux sociaux professionnels.

Une relation à distance

Être sur un réseau social permet d’entretenir des relations à distance. Beaucoup font une apologie de la relation de face à face comme la seule vraie et authentique relation, considérant la relation à distance comme factice et forcément superficielle. Cette pensée a tendance à évoluer avec le succès des réseaux sociaux et des sites de rencontres en ligne. En effet, en 2010, une étude CMB (Chadwick Martin Bailey) menée aux Etats-Unis en 2010 auprès de 11 000 personnes a montré qu’un mariage sur six et un couple sur cinq sont issus de sites de rencontre en ligne. Pourquoi ces relations à distance plaisent-elles tant ?

Tout d ’abord les relations à distance n’impliquent par un face à face, il n’y a pas de corps face à soi, il y a une représentation de l’autre à travers une photographie éventuellement, mais il n’y a pas la tension qu’engendre une relation de face-à-face. On peut enjoliver la réalité, mentir même sans que la personne à qui l’on s’adresse à distance ne se doute de rien. Il est plus simple d’avouer sa flamme via un réseau social ou à un site de rencontre en ligne qu’en face. Le face à face peut inhiber beaucoup de capacités, on bafouille, on perd confiance en soi, on rougit, on tremble. La distance permet de baisser l’intensité émotionnelle et alors d’oser. Il est toujours moins dur de lire une réponse négative en réponse à l’aveu sur un écran qu’en face, l’ordinateur nous permet de fuir plus facilement une situation délicate. De cette manière on observe que les jeunes s’aventurent plus tôt qu’auparavant dans les expériences amoureuses, qui non osées de face à face, apparaissent alors plus tard dans l’âge.

Les relations à distance ne nécessitent pas la présence de l’autre en face de soi pour lui transmettre une information ou communiquer avec elle. On peut ainsi communiquer grâce au réseau social par le partage d’images, le chat en ligne, avec des personnes qui se trouvent à l’autre bout de la planète.

Enfin, les relations à distance permettent de transmettre de l’information ou de communiquer sans que l’autre n’ait besoin de répondre immédiatement. La communication à distance peut être instantanée par les chat en ligne par exemple, comme désynchronisées avec les messageries électroniques, les messages postés sur le mur, etc. un peu comme une sorte de répondeur téléphonique. Le message laissé implique la plupart du temps, une réponse du récepteur, mais l’immédiateté n’est pas nécessaire.

Quels réseaux sociaux pour quelle catégorie de personne et pour quelle utilisation ?

Il existe des centaines de réseaux sociaux différents, plus ou moins connus selon les pays, selon les catégories de personnes, selon leur popularité et leur nombre d’inscrits. Nous nous intéresserons uniquement à ceux qui rassemble des millions de personnes.

Les réseaux sociaux selon les pays

  • Qzone, leader en Chine avec 480 millions d ’utilisateurs en mars 2011

  • Friendster, leader aux Philippines avec plus de 200 millions d ’inscrits.

  • Hi5 avec 100 millions de membres fin 2007, leader au Mexique, Pérou, Equateur, Portugal, Roumanie, Mongolie, Cameroun, Thaïlande.

  • Kontakte avec plus de 50 millions d ’utilisateurs, leader en Russie et très utilisé également en Ukraine, Biélorussie, Kazakhstan.

  • Orkut, leader au Brésil

  • Maktoob, leader en Arabie

  • Mixi, leader au Japon avec 25 millions d ’incrits

  • Hyves, leader aux Pays-Bas avec plus de 10 millions d’inscrits soit 1/3 de la population

Les réseaux sociaux professionnels

  • Linkedin avec plus de 90 millions de membres dans le monde en mars 2011 dont 1 million en France

  • Viadeo avec plus de 35 millions de membres dans le monde en mars 2011 dont 4 millions en France

  • Plaxo avec 30 millions de membres

Les réseaux sociaux des ados

  • Myspace, très prisé par les adolescents américains. En France ce sont plutôt les jeunes adultes qui se sont emparés de ce réseau social. Il est surtout vu comme le réseau social musical de référence qui a permis de promouvoir de nombreux artistes.

  • Habbo Hotel est destiné principalement aux adolescents à partir de 13 ans, ils peuvent partager, faire de nouvelles rencontres, jouer en ligne.

Les réseaux sociaux des adultes et jeunes adultes

  • Facebook avec plus de 760 millions d ’utilisateurs dont 23 052 340 membres en France en 2011.

  • Twitter et son système de Microblogging avec plus 200 millions de membres en Janvier 2011, dont 2,4 millions d ’utilisateurs en France.

Les réseaux sociaux de partage de photos

  • Flickr

  • Picasa

  • Panoramio

Le réseaux sociaux de partage de vidéos

  • Youtube, avec plus de 2 milliards de vidéos vues, plus d’un milliard d’abonnés, et plus de 350 millions de visites par mois. Phénomène planétaire, Youtube est même repris à la télévision.

  • Dailymotion, 29ème site le plus visité au monde avec environ 114 millions de visiteurs dont 10,1 millions en France.

Le cas Facebook

Facebook est incontestablement le réseau social le plus utilisé dans le monde avec aujourd ’hui plus de 760 millions de membres. On observe donc une prédominance de Facebook sur les autres réseaux sociaux. D’après une étude réalisée sur Internet de juin à juillet 2011 dont 2 264 personnes ont répondu, on constate que 97% des gens qui vont sur un réseau social, vont sur Facebook, 68% s’y connecte tous les jours et leur durée de connexion est environ de 52 minutes.

Facebook en chiffre, c’est 756 880 000 d’utilisateurs dont 23 060 000 en France selon le site de statistiques Socialbakers.com. Selon Facebook lui-même, plus de la moitié des utilisateurs (environ 400 millions) ont une fréquence de connexion quotidienne et de l’ordre de plusieurs heures par semaines. Le reste étant des comptes utilisés quelques fois par semaine, par mois, ou ce que l’on appelle les « comptes morts ». Le site propose plus de 900 millions d’objets (pages, groupes, évènements) avec lesquels les gens interagissent. Plus de 2 milliards chaque jour de « j’aime » et de commentaires sont recensés. En moyenne, plus de 250 millions de photos sont envoyées sur Facebook par jour. Il y a plus de 350 millions d’utilisateurs qui utilisent Facebook par leur téléphone mobile et plus de 475 opérateurs mobiles qui travaillent pour développer et à promouvoir Facebook sur leur mobile. Cela en fait donc le site le plus actif au monde.

L’approche technique des réseaux sociaux

L’approche des techniques développées par les réseaux sociaux est proche de celle utilisée par le Web 2.0 (notion de O’Reilly, 2004). On évolue vers une démarche où il n’est plus nécessaire de connaître les techniques, pour l’utilisateur, afin de contribuer sous différentes formes, à un échange numérique. Ainsi l’internaute contribue à l’échange d’informations et peut interagir facilement avec le contenu et la structure des pages.

Le visiteur devient un participant actif

Avec l’avènement du web 2.0, il devient important que les utilisateurs et les visiteurs puissent désormais interagir avec le contenu des pages web. Le visiteur devient un participant actif du réseau et participe au métissage du réseau social par l’implication de son environnement réel au virtuel.

Processus d’invitation de son environnement réel au virtuel

Dans ces communautés, un premier ensemble de fondateurs envoient des messages invitant des membres de leur réseau personnel à joindre l’emplacement. Les nouveaux membres répètent le processus, accroissant le nombre de membres et de liens dans le réseau. Les emplacements offrent alors des dispositifs tels que les mises à jour automatiques de carnet d’adresses, la visualisation de profils personnels, la possibilité de former de nouveaux liens par des services d’introduction, et d’autres formes de raccordements sociaux en ligne.

Construit autour d’éléments médiatique : photos, vidéos, consensus informatif

Les médias sociaux dépendent donc des interactions entre les personnes et les services, ceux-ci utilisant la technique du web 2.0 où un système de plateforme fonctionne comme moteur ou support d’interaction. Les techniques incluent : les blogs, le partage d’images, de vidéos, le courriel, la messagerie instantanée, le partage de musique, etc. Plusieurs de ces services de médias sociaux peuvent être intégrés par l’intermédiaire des plateformes sociales d’interactions.

Mon réseaux socio-professionnel est mon ami

Aujourd’hui il n’est plus rare de retrouver des médias sociaux sur les plateformes sociales et inversement. Néanmoins si l’on compare les plateformes sociales dites de « cercle d’amis » et celles dites de « réseau professionnel », on peut distinguer plusieurs similitudes graphiques mais très peu de correspondances médiatiques. Les techniques restent les mêmes : partage de photos, commentaires, musique et vidéo mais elles sont limitées par le réseau lui-même. On évite donc de partager ses dernières photos de vacances avec son patron. Mais il convient de participer activement au contenu d’un site comme Viadeo ou LinkedIn afin de présenter sa valeur sur le monde du travail.

Dimension économique des réseaux sociaux

Une inscription gratuite pour tous

L’inscription sur pratiquement tous les réseaux sociaux est gratuite. Par contre, il est demandé à la personne de renseigner plusieurs informations privées qui peuvent être modelées selon l’utilisateur comme bon lui semble. Ces informations sont obligatoires à remplir si l’on veut s’inscrire. Libre à l’utilisateur de dévoiler sa véritable identité et de renseigner les champs demandés par des données réelles de sa vie privée, ou d’inventer un pseudonyme pour contourner cette obligation et créer une adresse mail spécialement pour l’occasion.

Certaines questions peuvent être également posées, notamment sur Facebook, mais elles n’appellent pas de réponses obligatoires, libre à l’utilisateur de renseigner ces champs ou non comme la religion, les opinions politiques, la situation amoureuse, etc.

L ’utilisateur du site est responsable des informations qu’il soumet. Que se soit ce qu’il dit dans ses commentaires, dans ses messages, comme dans ses publications (photos, liens, etc). Quand on s’inscrit sur un réseau social, il y a des conditions d’utilisation à respecter. L’usurpation d’identité est notamment interdite, elle est condamnable et peut entraîner de graves conséquences pour celui ou celle qui ne le respecterait pas. Un homme, usurpant l’identité du frère du roi du Maroc, en a notamment payé les frais par de la prison.

La publicité comme source de revenus

Si l’inscription à un réseau social est gratuite, comment les dirigeants rentabilisent-ils leur sites ? Par les questionnaires d’inscription qui ne sont en réalité que purement marketing. Les informations renseignées par l’utilisateur vont être vendues aux grandes marques qui vont alors s’en servir pour orienter leur publicité. La publicité est donc la plus grande ressource de revenus des réseaux sociaux.

Ainsi, selon Le Monde Technologies, Facebook a affiché un chiffre d ’affaire de 1,2 milliards de dollars sur la période Janvier à Septembre 2010, générant 355 millions de dollars de bénéfices net, soit 273 milliards d’euros. Aujourd’hui, Facebook entre en bourse.

L’approche esthétique des réseaux sociaux

Afin de permettre une analyse visuelle des réseaux sociaux, il convient d’imaginer son compte social comme un second chez soi. Avec du côté pile, les fondations de son compte, c’est à dire l’interprétation graphique des noeuds-liens entre chaque membres, et du côté face, les outils et les techniques d’amélioration de son compte, c’est à dire une décoration virtuelle par l’utilisation d’applications dédiées à créer une atmosphère plus agréable.

Les fondations d’un compte social

A première vue, chacun d’entre nous part avec la même structure graphique de son compte. Un espace clair et simplifié de tous les éléments parasitant l’interaction avec les autres membres. Ceux sont ces autres membres qui fondent notre compte social, ils déterminent ce que nous allons voir sur notre compte. Visuellement ces sont les commentaires, publications de liens et les partages de photos, musiques et vidéos. Pour interpréter ces données il conviendrait de les modeler sous formes de graphes de noeuds-liens. Le nœud représentant l’acteur et le lien l’interaction. Mais il existe un tel nombre de critères qu’il est difficile de se représenter l’information seulement par des graphes.

La décoration intérieure virtuelle

Si l’on imagine que son compte social est comme un second chez soi, il est donc important de le personnaliser. Tout contenu publié et partagé reflète qui nous sommes, il n’est donc pas étonnant que les membres d’un réseau social tente de faire un peu de « décoration d’intérieure virtuelle » par l’utilisation d’applications propres à l’idée de changer de fond de couleur ou de police d’écriture.

Les vices du trou dans le mur

Ces applications ou outils d’améliorations sont des pièges artistiques. Elles ne sont pas accessibles à tous, car il faut savoir les utiliser et elles sont différentes selon le réseau social. Par exemple le site Facebook ne propose qu’un fond incolore à prédominance de bannières bleus tandis que Myspace propose des outils de personnalisation de son compte sous condition d’avoir les connaissances nécessaires pour s’en servir. De plus, si l’utilisateur souhaite, malgré les contraintes, personnaliser son compte, il doit faire face à un élément d’ingénierie sociale qui intervient lors du clique sur le lien de l’application ; le nombre impressionnant de personnes semblant avoir « aimé » l’application, qui renforce l’impression de légitimité de celle-ci. Le fait qu’elle soit « totalement gratuite » et que la nouvelle présentation ne soit visible que par les amis l’ayant également téléchargée ajoute à la force de persuasion du message.

L’invasion d’adware, ce qui ronge ton mur

Derrière l’idée de personnalisation se cache en réalité de nombreux adwares, des logiciels publicitaires qui ce retrouve largement diffusés. Une fois l’application installée et légitimée, que se passe-t-il-ensuite ? Pas grand-chose, du moins en apparence. Mais n’oublions pas que nous avons déjà envoyé des invitations à nos amis (ainsi, la nuisance continue à se propager), que nous avons probablement participé à son succès en indiquant que nous aimions l’application, et avons sans doute contribué à l’intérêt des auteurs de cette arnaque (grâce au « pay per click »).

Perte de l’identité virtuelle

Il n’existe donc pas de vraie identité visuelle sur les réseaux sociaux. L’utilisateur peut interagir avec le contenu de son compte mais ne peut pas changer de fond ou de police sous condition de savoir maîtriser les outils nécessaires et de les rendre légitimes au plus grand nombre.

Dimension idéologique

Les réseaux sociaux : déclin ou augmentation de la sociabilité ?

Dans les années 2000, le politologue et professeur américain, Robert D. Putnam, parle de « déclin de la sociabilité ». Il montre une baisse de la participation politique, civique, religieuse, syndicale, mais également sociale. Il associe cela avec la montée en puissance d ’Internet et l’apparition des nouveaux réseaux sociaux. Les enquêtes menées par l’Insee entre 1983 et 1997 démontrent cette baisse de la sociabilité par les chiffres. La montée en puissance des nouvelles technologies de communication, tels le téléphone avec les SMS, l’Internet avec les réseaux sociaux, les courriers électroniques, les chat, peuvent faire supposer une substituabilité de la relation de face à face à une relation à distance.

Toutefois, d’après une enquête de l’Insee menée entre 1986 et 1999, on constate une certaine stabilité des relations sociales, lesquelles sont plus différenciées, privilégiant les relations faibles aux relations fortes, favorisant alors l’intégration plutôt que le repli communautaire et ayant tendance à effacer les hiérarchies sociales en élargissant les frontières. Ainsi, plutôt que de parler de « déclin de la sociabilité », on peut parler de « nouvelle sociabilité ». De la même façon que l’apparition du téléphone a provoqué une vague de pessimisme parlant déjà de déclin de la sociabilité, on a pu évaluer que les conversations téléphoniques ont au contraire permis d’augmenter la sociabilité de face à face. Ainsi, comme le téléphone, Internet favoriserait plutôt la sociabilité de face à face et le nombre de contacts, et enrayerai cette crise plutôt que de l’augmenter.

Les réseaux sociaux : où sont les limites entre vie privée et vie professionnelle ?

Sur un réseau social, peut-on vraiment se créer un réseau strictement professionnel et un réseau strictement amical ? Dans lequel de ces réseaux devons-nous placer le super ami, mais également collègue de travail ? Où sont les limites entre vie privée et vie professionnelle ? Sur un réseau social du type Facebook, le moindre incident peut se révéler grave de conséquences. En s’inscrivant on a beaucoup à gagner mais également beaucoup à perdre : emploi, salaire, réputation. Aux Etats-Unis, il existe un groupe intitulé « fired by Facebook » qui regroupe déjà 450 membres.

L’anonymat sur les réseaux sociaux est tout à fait relatif, beaucoup viennent même à se demander s’il existe réellement une confidentialité sur ces réseaux. Malgré la possibilité de paramétrer sa confidentialité, de choisir ses amis et leur nombre, d’en faire des listes, de rendre visible certaines publications ou certaines photos à telles ou telles personnes, il semble que l’on peut toujours se faire surprendre. On ne compte en effet plus les cas de salariés licenciés pour avoir été photographiés en voyage ou en soirée alors qu’ils étaient théoriquement en arrêt maladie. L’internaute, loin d’être inintelligent, se sera certainement abstenu de publier ces photos et vidéos, de peur qu’elles ne soient vues par ses collègues de travail figurant dans la liste de ses amis et que tout cela ne s’ébruite, mais saura-t-il convaincre ses autres amis de ne pas les publier et de ne pas l’identifier sur les photos ? Et si ces amis-là possédaient, en amis commun, certains collègues de travail du premier internaute ? Il serait alors pris la main dans le sac et pourrait en perdre son travail et même sa réputation.

Ainsi, si on peut contrôler ce que l’on dit et ce que l’on publie, on ne peut cependant pas forcément maîtriser ce que les autres disent et montrent de vous. La moindre erreur commise, la moindre photo négligemment publiée ou commentaire lancé à la volé, peut, en très peu de temps, se retrouver sous les yeux de l’employeur.

Les dangers et les risques des réseaux sociaux, la théorie du complot

Les réseaux sociaux représentent-ils un manquement au respect de la vie privée ? Est-ce dangereux d’y exposer sa vie ? Quels risques encoure-t-on ? D ’une manière générale, il existe une réelle fracture entre la génération des parents, méfiants vis-à-vis des réseaux sociaux, qui tentent par tous les moyens de préserver leur vie privée, et leurs enfants qui au contraire, étalent candidement leur vie qu’ils veulent faire partager à tous grâce aux réseaux sociaux. Comme le dit très bien l’éditorialiste canadien Josh Freed, il y a les parents et les transparents. Chacun peut exposer sa vie aux yeux des autres. On assiste ainsi à une sorte de « voyeurisme autorisé ».

Nous l’avons compris, nous pouvons gérer de la meilleure façon qu’il soit notre page de profil et nos listes d’amis, nous se sommes jamais à l’abri de ce que publient les autres et par qui ces publications malencontreuses peuvent être vues. De la même façon, que font les réseaux sociaux de toutes ces données, photos, discussions, commentaires, que les internautes envoient et partagent ? Certains suppriment tout comme Google +, d’autres, comme Facebook, conservent tout.

De nombreuses ONG s’insurgent contre ce qu’il considère comme un manquement à la vie privée. Mais que fait le réseau social de ces milliards de données privées ? Officiellement, rien. Officieusement, beaucoup d’hypothèses, de théories et de peurs circulent. Et si les dirigeants de Facebook vendaient ces précieuses informations à des organisations comme la CIA, ou le FBI ? Notre liberté serait-elle entravée ? Autre risque à craindre, imaginons que Facebook soit né peu avant l’avènement d’Hitler au pouvoir, et qu’un tel dictateur ait pu s’emparer de cette précieuse banque de données, ayant accès à toutes nos informations et à toute notre vie. Qu’en serait-il alors de notre liberté et surtout de notre sécurité ? Quelle aubaine magnifique pour Hitler de pouvoir connaître notre religion pour peu que nous l’ayons inscrite, alors : juif ou pas juif ?

La guerre des réseaux sociaux

Face à l’engouement mondial du système de réseau social, de plus en plus de réseaux sociaux voient le jour. Il existe même des sites de réseaux sociaux pour animaux de compagnie tels wamiz.com et yummypets.com, qui comptent déjà plusieurs milliers d’inscrits en France.

Du fait d’un tel succès, il n’est donc pas étonnant que chacun se fasse la guerre pour attirer toujours plus de monde et tenter de récupérer les membres de l’autre. C’est de cette façon que l’on retrouve un peu de Twitter dans Facebook, un peu de Facebook dans Twitter, un peu de Facebook dans Google +, un peu de Google + dans Twitter, etc. Mais la concurrence est positive, puisqu’elle enclenche des innovations et améliorations des sites web, les membres des réseaux sociaux ne peuvent que mieux se porter. Ainsi, Facebook a changé sa Timeline qui devrait arriver en France sous peu. Ce nouveau profil permet de naviguer plus facilement dans le site et dans le profil d’une personne et de mieux classer les informations. On peut également s’abonner à une personne sans consentement requis, ce qui ressemble étrangement au système des followers de Twitter.

De la même façon que l’on classe ses « amis » sur Facebook par listes, Google + les classe selon des cercles. On parle de « cercles d’amis ». Pourtant, dans le fond le principe est strictement le même. Mais Twitter n’est pas en reste pour autant et s’impose avec sa nouvelle interface qui permet une nette amélioration d’accès aux contenus, ainsi qu’un aspect général des profils qui ressemblent de plus en plus aux profils Google + et Facebook.

Conclusion

Aujourd’hui 70% des internautes sont inscrits à un réseau social au minimum, ils sont devenus incontournables. Les réseaux sociaux sont un enjeu dans le système de communication, ils permettent aux utilisateurs de participer activement sur le web et de communiquer entre eux. Ils représentent également un enjeu économique pour les entreprises et les annonceurs, puisqu’ils génèrent un des chiffres d’affaires les plus conséquents de l’Internet. Cependant, comme l’a évoqué Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, la vie privée sur les réseaux sociaux arrivera bientôt à son terme. Les réseaux sociaux ne sont qu’à leur début, un début très prometteur, mais jusqu’à quand ?

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