Les FabLabs en mouvement

porte crayon

Le FabLab est un espace ouvert, qui s’appuie sur des machines commerciales, capables de produire des pièces et prototypes facilement. Concept encore méconnu du grand public, il intéresse principalement ceux qui cherchent à réaliser des objets, en collaboration ou en autonomie. On en compte environ 160 à travers le monde.

I/ Genèse du projet

Le concept de FabLab vient des Etats-Unis, plus particulièrement du MIT (le Massachusetts Institute of Technology). Le premier FabLab est né à la fin des années 1990 sous l’impulsion du professeur Neil Gershenfeld au sein du Media Lab (un des laboratoires de l’institut de recherches).
Les FabLabs se sont depuis largement répandus avec le même objectif : donner à tous les moyens de fabriquer toutes sortes d’objets manufacturés grâce à une mise à disposition gratuite des savoirs, procédés et outils nécessaires. Les FabLabs découlent d’une vraie idéologie première : la philosophie ouverte et collaborative du logiciel libre. Les dimensions de liberté et d’éducation sont en effet présentes dans la charte des FabLabs.

Fabien Eychenne, auteur d’une étude sur le phénomène FabLab, a dressé trois grands types de structures :

Les FabLabs éducationnels, que l’on trouve en milieux universitaires. A destination des étudiants et du corps enseignants/chercheurs, l’accès est généralement gratuit. Leur financement se fait via des aides publiques et les fonds des universités.
Les FabLabs privé-business sont des laboratoires permettant aux entreprises de réaliser des projets, des prototypes de manière rapide. Ces structures sont autofinancées par les fonds propres des entreprises qui les possèdent, et parfois en partenariat avec d’autres entreprises.
Les FabLabs grand public et pro-amateur sont ouverts à tous. Les machines sont de moins gros calibres que les deux modèles précédents, en raison du financement public des collectivités locales ou de l’Etat.

II/ Outils et projets

Lorsqu’un FabLab se créé, l’essentiel du capital est dédié à l’achat des machines nécessaires au fonctionnement du laboratoire. Généralement, un FabLab démarre avec une cagnotte de 5000 euros. Les machines de base sont : la découpeuse laser, la découpeuse vinyle, la fraiseuse et l’imprimante 3D.

Le but d’un FabLab est l’expérimentation, comme l’exprime son leitmotiv: « apprendre par l’erreur et avoir droit à l’échec ».
Les logiciels de conception (tous open source) sont nombreux : logiciel de dessin vectoriel 2D, logiciel de dessin 3D, logiciel permettant d’élaborer le parcours d’outils de la fraiseuse et logiciel permettant de contrôler l’imprimante 3D.
A cela s’ajoute un ensemble de logiciels ou de réseaux sociaux avec lesquels les FabLabs sont connectés les uns aux autres pour échanger leurs projets.

Voici la typologie des projets réalisés au sein des fab labs :
prototypage : produire une première version pour se faire une idée
projet unique : artistes, étudiants… qui créent seul leurs pièces et leurs objets
collaboration « inter fab labs » : partage des savoirs et du matériel pour un projet commun
marchés de niche : produire ce que l’industrie traditionnelle ne peut pas traiter

III/ Fab labs et Industries

De par leur essence même, les FabLabs s’inscrivent dans un milieu associatif, en dehors des logiques de marchés. Leur maître-mot est la coopération. Le but premier du FabLab est donc centré autour d’un projet, qu’il soit propre à un individu ou commun à un groupe. C’est “prendre du plaisir à confectionner son objet”, la satisfaction d’avoir créé. Mais cette logique utopiste est rattrapée par le milieu des entreprises. Selon Stéphan Mor, président du FabLab de Lyon, « avec les FabLab, on n’est pas dans le but de changer le modèle de fabrication global. Mais ce qu’on peut imaginer dans 10 ou 20 ans, c’est que de très nombreuses PME utiliseront des services mutualisés de machines. »

Les entreprises sont un public que les FabLabs cherchent à convaincre. Outre les PME, de nombreuses entreprises ont installé des FabLabs dans leurs locaux, comme Seb ou Renault. Objectifs pour ces entreprises : tester de nouvelles formes d’innovation. Il existe trois modèles de FabLabs d’entreprise : interne (dans l’entreprise), coopératif (exploité en commun par plusieurs partenaires) et externe (collaboration avec des FabLabs extérieurs).

Le FabLab est un outil d’adhésion créant du lien social dans l’entreprise. On travaille pour l’avenir de son emploi en cherchant à innover. Le salarié peut rester sur son lieu de travail à des fins personnels et en contrepartie être plus performant ensuite.

IV/ Les limites du modèle

Les FabLabs en France sont de plus en plus nombreux. En premier il y avait eu Toulouse, puis la fac de Cergy-Pontoise, Montpellier, Grenoble, et maintenant dans toutes les villes de France. Le mouvement des FabLabs, initié aux Etats-Unis, se veut collaboratif. Des logiciels comme Ekiga, ou encore les réseaux sociaux comme Twitter, permettent de mettre en relation les FabLabs, mais les initiatives françaises manquent encore d’ouvertures et d’échanges avec les autres pays. De plus, les FabLabs ont un statut d’association et cela pose un problème en terme d’assurance. En cas d’accidents, il est difficile de désigner les responsables clairement. Enfin en mai dernier, un étudiant américain de 25 ans a créé grâce à une imprimante 3D un pistolet fonctionnel. Le gros problème étant qu’il a publié ses plans pour que tout le monde ait accès à la fabrication de l’arme en question, et ce sans contrôle des instances civiques. Les FabLabs laissent libre accès à leurs imprimantes 3D, sans que personne ne contrôle réellement ce que les participants fabriquent.

Conclusion

La création de Fabrication Laboratories est une pratique qui se démocratise un peu partout sur le continent américain, en Europe et en Asie. Son utilisation permettrait aussi dans des pays du tiers-monde à générer des produits introuvables pour des populations isolées ou à un prix inaccessible. Cependant, il est encore trop tôt pour prévoir tous les impacts du développement des FabLabs sur notre futur.

Pour réaliser cet exposé, nous nous sommes inspirés du cas concret du FabLab de Lyon. Basée à la MJC Louis Aragon à Bron, l’association « Fabrique d’Objets Libres » accueille chaque mercredi ses membres autour de projets de réalisation. Les machines sont manipulées par tout le monde avec l’aide des accompagnateurs-membres. Des créneaux sont également réservés aux entreprises selon différents tarifs.
Nous avons pu discuter avec le président de l’association Stéphan Mor, et une participante du FabLab Stéphanie Paris, dont voici les extraits d’interviews.

Le support de notre exposé était Storify, mais nous avons aussi publié le texte complet de notre présentation.

Antoine Cauty
Marianne Deygout
Vincent Sartorio


Sitographie :

Intro definition : Qu’est ce qu’un FabLab ?http://innovationweek.org/france/2013/09/13/vous-avez-dit-fab-lab/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fab_lab

Historique : http://en.wikipedia.org/wiki/Neil_Gershenfeld
Les Fab Labs et l’industrie :   http://souspression.canalblog.com/archives/2013/09/09/27766731.html
Outil phare l’imprimante 3D : http://future.arte.tv/fr/sujet/les-imprimantes-3d#article-anchor-7706
Manque de collaboration internationale :   http://lesclesdedemain.lemonde.fr/innovation/fablabs-la-france-doit-penser-global-_a-54-3134.html
Carte des fablabs dans le monde : http://branchez-vous.com/2013/10/01/les-fab-labs-vous-connaissez/
Le FabLab de Lyon : http://www.fablab-lyon.fr/
Les machines : http://nod-a.com/2011/08/guide-de-montage-dun-fablab/
Vidéos imprimantes 3D Arte : http://www.arte.tv/guide/fr/048353-023/x-enius
Les imprimantes 3D : http://bonsblogs.com/blog/diy/limpression-3d-cest-juste-le-debut/
Les dérives : http://www.lefigaro.fr/international/2013/05/06/01003-20130506ARTFIG00816-etats-unis-un-revolver-cree-avec-une-imprimante-3d.php
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=drPz6n6UXQY

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