Economie dans le web – du visible à l’invisible

 Le crowdfunding

Le crowdfunding est un modèle de financement de projet lié au web et aux réseaux sociaux. À travers ces derniers, des projets (toutes catégories) naissent grâce à l’investissement de tous et chacun (particuliers comme entreprises). Nombreuses plateformes de plus en plus reconnues, permettant aussi de se faire voir (vitrine). Aussi voir côté emotionnel, confiance en soi, boosté.

Relations financières avec personnes physiques et non des investissement capitaux, donc pas seul intérêt du profit.

Les quatre formes connues

  1. Don : donner sans rien attendre en retour (propre aux projets particuliers et associations)
  2. Récompense :  donner contre une récompense, pré-achat ou en production, après financement. Beaucoup utilisent des récompenses “spéciales”, “uniques, en “édition limitée”
  3. Prêt : simple prêt, avec ou sans intérêts
  4. Equity : Investissement afin d’acquérir des parts de la (future) entreprise

Un mécanisme assez simple

  • Le porteur de projet a une idée, mais il lui manque les fonds nécessaires pour pouvoir la réaliser. Il rencontre parfois des difficultés de financement avec le système bancaire classique.
  • Il s’inscrit alors sur une plateforme de crowdfunding et met son projet en ligne en présentant son idée. Il indique le montant qu’il souhaite lever, la durée de la collecte et les éventuelles contreparties qu’il prévoit d’offrir à ses financeurs.
  • Les internautes qui souhaitent participer peuvent choisir librement le montant qu’ils veulent affecter au projet. Le crowdfunding est ainsi accessible à toutes les bourses.
  • Une fois l’intégralité du projet financé, le bénéficiaire reçoit la somme récoltée et peut ainsi concrétiser son projet. Les internautes reçoivent quelques mois plus tard leur remboursement ou leur contrepartie (financière ou non). La somme récoltée peut parfois dépasser les objectifs fixés par le porteur de projet (jusqu’à 11000% de la mise initiale).

Explosion mondiale :

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Quelques chiffres 

  • 536 plateformes fin 2012 (7% en France)
  • 2 700 000 000 $ en 2012
  • Estimation 2013 : 5 300 000 000 $
  • 1 100 000 projets

Annecdote

La statue de la liberté est précurseur du crowdfunding. En 1875 l’Union franco-américaine lance la collecte de fonds pour la construction de la statue en France qui se termine en 1880. Joseph Pulitzer lancera une campagne sur son journal New York World pour financer la construction du socle. Il collectera 102 000 $ de la part de 120 000 doneurs.

 L’argent en P2P (Peer to Peer)

Le « Peer 2 Peer », ou en français « Paire à paire », est un système permettant d’échanger des informations, des données, ou des fichiers, avec les utilisateurs du réseau internet. L’utilisateur seul est alors, à la fois serveur, et à la fois client. Ce système casse donc la logique client/serveur, dans laquelle il n’y a qu’un seul serveur intermédiaire à tout les internautes.

Grace au P2P, on échange en grande partie des fichiers multimédias, mais aussi de l’argent, sous forme virtuelle. On peut ainsi effectuer divers types de paiement en ligne, comme avec Paypal et Amazon par exemple. Certaines banques proposent déjà des services de P2P utilisable notamment depuis nos smartphones.

Les prêts d’argent direct.

Les prêts en P2P, interviennent afin de proposer des crédits directement entre les utilisateurs, et par conséquent, sans l’intermédiaire d’une banque ou d’une société de crédit (Cetelem, Cofidis, Sofinco). On parle de système de crédit « social ». Le deuxième objectif est d’assurer des gains pour les prêteurs largement supérieurs à ceux proposés par des placements bancaires classiques. Par ailleurs, ce système présente un risque assez faible dû à la séparation des crédits en “pool” de prêteurs. De ce fait, la perte due au non remboursement d’un prêt est répartie sur l’ensemble des créanciers, ce qui permet de réduire fortement la perte finale.

Certains, profitant de la crédulité de sa victime, qui est parfois dans une situation désespérée, il demande une modeste somme en échange du virement. Une fois la somme envoyée, le prêteur disparaît sans laisser de trace.

Aux USA, ces sociétés sont appelées P2P Lending. LendingClub.com et Prosper.com sont deux géants de l’épargne P2P, et proposent des prêts plus intéressants aux ménages qui en ont besoins, afin de rembourser les emprunts contractés, dont les taux ne cesse d’augmenter. En 2012, 780 millions de dollars ont ainsi été prêtés par LendingClub.com. Se son côté, Prosper.com compte 1,9 millions de membres et 630 millions de dollars de crédits octroyés depuis sa création en 2006.

Coté français, le pays est un des dernier en Europe à proposer des prêts entre particuliers, du fait de la complexité de la législation. Malgré cela, la société « Prêt d’union », en accord avec la banque de France, propose depuis 2011 un service de prêt et d’investissement entre utilisateurs.

A titre indicatif, en France, le marché du crédit à la consommation représente 150 milliards d’euros d’encours. Celui des emprunts entre particuliers (informel) est de 2 milliards. Ce système se place donc comme concurrent direct des organismes traditionnels. Ainsi, le crédit mutuel (entre autre) est actionnaire de pret-dunion.fr.

Interview de Charles Egly, co-fondateur de pret-dunion.fr : ici

Le change d’agent en P2P.

Il existe un autre type de transfert d’argent en P2P, il s’agit du change de monnaie, au niveau international. L’intérêt est ici, une fois encore d’échanger des devises, en réduisant au maximum le taux de change. Et comme pour les financements P2P, ces échanges se font sans l’intermédiaire d’institutions.

Le site Currency Fair propose par exemple de changer votre monnaie dans la devise de votre choix, avec 3 euros de frais, quelque soit le montant de la somme à changer. Depuis sa création, les membres de CurrencyFaire se sont échangé 750 millions de dollars, permettant une économie de 25 millions de dollars en frais bancaires.

L’inconvénient à prendre en compte est que, pour effectuer un change, il faut disposer d’un compte en banque dans le pays en question. De plus, il faut attendre une semaine avant que le virement s’opère.

Ce n’est donc pas accessible à tous, et réservé par exemple aux expatriés, étudiants ou stagiaires.

Avec l’expansion d’internet, les possibilités sur la toile semble infinies. Et comme depuis sa création, les activités sur le web échappent en partie aux législations des pays. La monnaie se voie ainsi transformée en monnaie virtuelle, et échangée de manière presque illimitée à travers le monde. L’étape suivante et la création d’une monnaie qui n’aurai cours que sur le web. Depuis 2009, c’est chose faite, on peut désormais utiliser une monnaie, le « Bitcoins », 100% virtuelle.

Le Bitcoin

Le Bitcoins est une monnaie dématérialisée. Inventé et mis au point par un mystérieux Satoshi Nakamoto en 2009, ce nouveau système est présenté par son créateur comme « un système de monnaie électronique en peer-to-peer », d’internaute à internaute. Dans ces conditions, au contraire de n’importe quelle autre monnaie, le bitcoins n’est pas contrôlé par une banque centrale, elle est donc totalement gratuite. Son existence repose sur le réseau, et son utilisation est parfaitement anonyme.

Ainsi, 11 millions de bitcoins auraient été déjà émis, sur un chiffre plafonné à 21 millions par ses créateurs (il devrait être atteint à l’horizon 2030).

Pour visionner la présentation officielle : ici

Le fonctionnement.

Fondé sur la cryptographie, le porte-monnaie bitcoin, souscrit en ligne, possède deux clés. La première est publique, c’est en quelque sorte l’équivalent d’un RIB, destinée à recevoir de l’argent. La seconde est privée, c’est elle qui permet de régler vos achats de manière totalement anonyme (ce qui inquiète de plus en plus les gouvernements, qui voient dans le bitcoin le nouveau moyen de blanchir de l’argent).

En l’absence d’un organisme régulateur, l’ensemble des ordinateurs qui gèrent le système s’occupe de valider les transactions. Ensemble, auquel tout un chacun, met également sa puissance de calcul au service de la création de nouveaux bitcoins. Chaque « nœud » du réseau « frappe » de nouvelles « pièces », en répondant à des équations de plus en plus complexes.

Il est donc possible, sur certains sites, d’acheter des biens directement avec des bitcoins : Bitcoinstore par exemple. On peut aussi échanger des bitcoins avec d’autres monnaies sur des site tel que Mt.Gox. D’autres, adeptes de la discrétion, troquent leurs liasses de billets contre des disques durs approvisionnés en bitcoins, les petits boîtiers métalliques remplaçant en quelque sorte la valise de cash.

Un système loin d’être sans faille.

Certains n’hésitent d’ailleurs pas à mutualiser leurs machines pour augmenter leurs capacités à créer des bitcoins. Monnaie hautement spéculative. Cela crée une véritable faille dans le système. Elle serait liée à la création de monnaie. Certains se regroupent pour en créer d’avantage, et finalement, détiennent trop de bitcoin pour leur seule personne. Et finalement cela risque de permettre à ces personnes de pouvoir agir sur le marché, sur l’utilisation de bitcoin, ainsi que sur les transactions, dans la mesure ou le bitcoin n’est plus décentralisé (sa caractéristique principale).

Certains observateurs trouvent une relation entre la crise chypriote et la hausse du cours du bitcoin en Mars dernier. En effet, En deux semaines, la valeur est passé de 40 dollars à 72 dollars pour un bitcoin. La monnaie virtuelle étant très populaire sur l’île, des distributeurs de bitcoin ont été mis en place, afin de transformer l’argent traditionnel en bitcoin et vice versa. Des investisseurs russes et chypriotes ont ainsi investis en bitcoin pour ne pas risquer de perdre d’argent.

De l’autre côté de l’atlantique, à Vancouver, dés le début novembre, vont être mis en place des distributeurs semblable à ceux présent à Chypre. Les possesseurs de porte feuille bitcoin auront la possibilité d’acheter ou de vendre de la monnaie.

Le bitcoin ne possède pas d’équivalent réel comme à l’inverse de toute les monnaie. Ont peut donc s’interroger sur l’avenir du bitcoin étant donné qu’il en s’agit seulement d’un produit d’investissement et non d’une monnaie à proprement parler. De plus, elle est sujette à de fortes fluctuations et s’avère être peut stable. Par exemple, en Avril 2013, en l’espace de quelques jours, le bitcoin est passé de 266 à 54$.

Les échanges de monnaie sur internet sont un phénomène relativement récents, néanmoins ils permettent déjà l’échange de devises à travers le monde et échappent à tout contrôle de la part des institutions et des états.

De plus, l’utilisation du bitcoin se caractérise par un parfait anonymat. Cet élément est à prendre en compte dans l’utilisation du web, en plus d’ouvrir la porte au blanchiment d’argent, cela permet de faire des affaires sur le deep web.

 L’économie du darknet, voyage en réseaux troubles.

         Le p2p et le bitcoin ont ici fonction de transition : bien que cette technologie et cette devise n’aient, dans leurs essences, aucune connotation criminelle, l’usage qui en est fait peut-être facilement associé au téléchargement illégal, au bafouement des droits d’auteur et au marché noir.

 Web, Deep web, Darknet, ToR ?

Le web a plusieurs faces : les pages référencées par les moteurs de recherche font partie de ce que l’on appelle le web visible, a contrario du web profond : le «deep web», qui lui n’est, par définition, pas accessible au travers de ceux-ci. On estime que le web est entre 95% et 98% constitué de page non référencées.

Le darknet fait parti de la famille, mais c’est un cas spécifique, car si l’on peut accéder au «deep web» par l’intermédiaire d’un navigateur classique, le «net sombre», lui, n’est accessible qu’avec certains logiciels.
ToR est un outil qui permet avec d’autres du même registre de surfer de façon anonyme sur le web en faisant rebondir votre adresse IP sur de multiples relais afin de brouiller les pistes. Son utilisation ne garanti pas une sécurité totale, et encore moins l’impunité de vos actions. ToR permet ainsi d’accéder à ce que l’on appelle le «Darknet», qui s’avère être un réseau assez particulier. En effet, les domaines sont en .onion et les adresses url changent régulièrement. Elles s’avèrent d’ailleurs être assez difficile à mémoriser ( exemple : http://kpvz7ki2v5agwt35.onion). La navigation, quant à elle, repose sur le principe du bouche à oreille car il n’existe pas de moteur de recherche pour ce web là, il faut donc régulièrement s’orienter sur des annuaires ou des portails comme l’hidden wiki qui référence et classifie bon nombre de pages. On peut trouver beaucoup de choses sur le réseau ToR, mais il est principalement réputé pour ses contenus illégaux (allant des manuels de fabrication de bombe aux services de tueurs à gages en passant par son trafic d’organe et sa pornographie infantile). On y trouve aussi des pages web ordinaires, des forums de discussions, des fournisseurs d’adresses e-mails, des imageboards, des canulars et de l’hacktivism. Depuis quelques années, le darknet fait l’objet d’un engouement particulier, certains internautes le voyant comme un endroit mystérieux et lugubre, celui-ci suscite beaucoup de curiosité, les partisans de la théorie du complot y trouvent leur bonheur en matière de « leaks » et d’ésotérisme, les amateurs de frissons y trouvent de quoi les surprendre.

Tic et tac : Darknet et black-market

Parmi ces contenus illégaux, il-y-a bien entendu le marché noir. Plusieurs plates-formes proposent leurs lots d’armes, de drogues et de contrefaçons, la plus connue étant «the silk-road» : la route de la soie. Son ancien propriétaire, “Ulbricht”, a d’ailleurs été arrêté par le FBI après avoir innocemment laissé paraître son adresse e-mail personnelle.
Le site fonctionne de façon semblable à e-bay. Des internautes proposent leurs produits et fixent un prix en bitcoin. Les livraisons se font très souvent par la poste, bien que certains témoignages parlent d’aller déterrer des paquets à des coordonnées précises ou de voiture venu parachuter un colis.
L’usage de devises virtuelles est inhérent à ce marchés car elles garantissent l’anonymat des consommateurs, il a donc naturellement servi de tremplin à la devise du bitcoin, en témoigne cet étroit rapport d’interdépendance.

Bitcoin et Silkroad : la romance

À son lancement, le bitcoin n’avait qu’une valeur très faible, à peine quelques centimes. Certains pensaient même que c’était une devise mort-née. Il fallait lui trouver un usage, un intérêt, afin que celle-ci puisse prendre du poids.

Voici la courbe d’évolution de la valeur du bitcoin dont les grandes tendances sont rattachées à l’histoire de silkroad.

Cette étude formulée par The genenis block en dit long sur l’étroit rapport entre cette devise virtuelle et le marché noir du darknet. Bien que la corrélation ne signifie pas toujours causalité, force est de constater que toutes ces “coïnsidenses” sont tout de même suspectes.
La fermeture du site “the Silkroad” et l’arrestation d’Ulbricht n’a, comme avec megaupload, presque rien changé au phénomène. En effet, quelques semaines après l’évènement, “Silkroad 2.0” faisait son retour sur le darknet en se moquant ouvertement du FBI, assurant ainsi une valeur du bitcoin toujours confortable.

Sources :

Crowdfunding :

Peer-to-peer :

Bitcoin et marché noir :

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