Les objets Connectés

La thématique de l’objet connecté a toujours suscité chez les hommes les fantasmes les plus fous. Depuis les années 80’s, l’idée de pouvoir connecter l’homme et la technologie a très fortement stimulé l’imaginaire de bon nombre d’inventeurs et de scénaristes de science-fiction. De la maison du futur au cyborg, cette thématique a en un certain sens donné de l’élan aux progrès technologiques. Ces mythes ont finalement embrassé la réalité. C’est ce que nous allons vous montrer, en abordant dans un premier temps la domotique, incarnant pleinement le mythe de la maison du futur. Nous verrons ensuite comment nos objets du quotidien se sont peu à peu connectés à Internet. Enfin, nous verrons de quelle manière l’homme s’est finalement lui aussi retrouvé lié aux machines.

 http://www.slideshare.net/Jeromechanteclair/les-objets-connectes

 

I La Domotique

Définition

Mais commençons par aborder la domotique, prémisse de l’objet connecté :L’idée de domotique voit le jour au milieu des années 80, sous l’impulsion de la miniaturisation des circuits et systèmes électroniques et informatique.Par la suite, la recherche et le développement des composants électriques dédiés à l’usage domestique ont permis :

– L’amélioration des performances

– La réduction des coûts

D’autres facteurs ont également permis l’apparition de services de communication performants, comme :

– La numérisation des réseaux téléphoniques

– Les GSM

Cela a permis de fluidifier les échanges à l’intérieur et à l’extérieur d’un bâtiment, répondant au besoin croissant de :

– Confort

– Sécurité

– Convivialité

On peut établir trois axes de développement de la domotique :

  • La spécification des automates programmables : les produits se diversifient afin d’être en adéquation parfaite avec les besoins de fonctions de l’utilisateur
  • Les interfaces d’assistance : un effort croissant est fourni afin de rendre l’interface homme/machine plus efficace et plus agréable, c’est le principe de l’ergonomie des systèmes domotiques
  • Les outils de communication dans l’habitat : le câble, Internet et la téléphonie sont des facteurs qui chaque jour font évoluer les interactions entre les êtres humains, mais aussi avec les machines.

 

Les progrès en domotique sont motivés par le mythe de la maison du futur. Voici comment on se représentait la maison d’aujourd’hui en 1956, présentée dans Design For Dreaming

Les usages de la domotique 

  • Le pilotage des appareils « électrodomestiques », électroménagers par programmation d’horaires et/ou de macro (suites d’actions programmées réalisées par les appareils électroménagers) définis par l’usager. Le déclenchement des appareils peut être aussi lié à des évènements (détecteurs de mouvement, télécommandes, etc.) ;
  • La gestion de l’énergie, du chauffage (par exemple, il est possible de gérer les apports naturels (calories, frigories, vent, lumière, eau…) en fonction de l’enveloppe thermique du bâtiment), de la climatisation, de la ventilation, de l’éclairage, de l’ouverture et de la fermeture des volets (en fonction de l’ensoleillement ou de l’heure de la journée, par exemple), de l’eau (le remplissage de la baignoire peut s’arrêter automatiquement grâce à un senseur, les robinets de lavabos peuvent ouvrir l’eau à l’approche des mains, etc.). Il est également possible de recharger certains appareils électriques (ordinateurs, véhicules électriques, etc.) en fonction du tarif horaire (voir Smart grid). Un compteur communicant peut être intégré dans un smart-grid et/ou raccordé à un système de télégestion. La Régulation/programmation du chauffage permet d’importantes économies ;
  • La sécurité des biens et des personnes (alarmes, détecteur de mouvement, interphone, digicode) ;
  • La communication entre appareil et utilisateur par le biais de la « sonification » (émission de signaux sous forme sonore) ;
  • Le « confort acoustique ». Il peut provenir de l’installation d’un ensemble de haut-parleurs permettant de répartir le son et de réguler l’intensité sonore ;

Et voici comment on s’imagine la maison de demain :

Toutefois équiper sa maison en équipements domotiques à un coup, bien qu’on tende à les démocratiser. Avec le temps, la domotique tend à sortir de la maison. Elle met par exemple en relation des unités d’habitation entre elles et avec un immeuble (c’est l’immotique) et avec la ville (on entre alors dans l’« urbatique » et/ou avec un gestionnaire / propriétaire et/ou d’autres entités fournissant par exemple des services (eau, énergie, livraison de nourriture, soins à domicile ou distant, lavage de vêtements, etc).

Mais la domotique ne symbolise pas à elle seule la thématique de l’objet connecté. Chaque objet en lui-même, équipé  d’une connexion, peut devenir « connecté », comme va nous l’expliquer Alice :

 II Les objets connectés au web

Internet des objet ou IdO représente l’extension d’internet à des choses et à des lieux du monde physique.

On entend par objet connecté un objet qui ne possède pas l’électronique nécessaire pour se connecter directement à Internet mais qui le fait par l’intermédiaire d’un objet tiers : smartphone ou box Internet par exemple.

Ils complètent, deux autres catégories de “choses” connectées que sont les terminaux communicants (Smartphones, tablettes, smartTVs) et le “M2M” (« Machine-to-Machine » : communication inter-objets, sans intervention humaine). La Commission européenne prévoit ainsi une véritable explosion du nombre d’objets connectés : l’Europe devrait compter 80 milliards de ces périphériques d’ici 2020, contre 25 milliards en 2015, soit 7 objets par personne; en 2012, chaque habitant possédait deux items connectés.

Cette croissance exponentielle s’explique par l’avènement des terminaux mobiles, utilisables comme écrans de contrôle déportés pour les objets connectés, par la démocratisation de l’accès à Internet en haut débit et, enfin, par le développement des technologies « Big Data » pour tirer pleinement partie des données collectées.

Processus de l’IdO

1.   Une étiquette physique ou virtuelle pour identifier les objets et les lieux. Pour permettre aux étiquettes physiques plus petites d’être localisées elles doivent être embarquées dans des marqueurs visuels.

2.   Un moyen de lire les étiquettes physiques, ou de localiser les étiquettes virtuelles.

3.   Un dispositif mobile tel qu’un téléphone cellulaire, un organizer ou un ordinateur portable.

4.   Un logiciel additionnel pour le dispositif mobile.

5.   Un réseau sans fil de type 2G ou 3G afin de permettre la communication entre le dispositif portable et le serveur contenant l’information liée à l’objet étiqueté.

6.   L’information sur chaque objet lié. Cette information peut être contenue dans les pages existantes de WWW, les bases de données comportant des informations de type prix, etc.

7.   Un affichage pour regarder l’information sur l’objet lié. À l’heure actuelle, il est des plus probable que ce soit l’écran d’un téléphone mobile.

Les objets connectés touchent tous les secteurs. Comme on l’a vu ils sont omniprésents en domotique mais aussi en sport et vont à termes toucher tous les secteurs.

L’automobile, l’énergie mais surtout la santé et le bien-être sont en plein développement de ces nouveaux gadgets essentiels à l’innovation.

Sur le plan technique, on peut s’attendre à une ouverture encore plus étendue du système d’information par delà les frontières de l’entreprise auprès d’un nombre d’objets et de fonctionnalités décuplés.Il faudra veiller à garantir la sécurité et la confidentialité des données échangées, notamment dans un contexte où les scandales d’espionnage s’enchaînent aux journaux télévisés et les consommateurs craignent pour leur vie privée.

Enfin, les entreprises ont tout intérêt de s’équiper d’outils « Big Data », tels qu’une plateforme logicielle de traitement de données afin d’exploiter au mieux la richesse et le volume de données collectées par les objets connectés. Un bouleversement des usages des consommateurs qui ne manquera pas d’impacter l’ensemble des entreprises, comme les Smartphones il y a peu de temps.

Exemples

– La brosse à dents Kolibree

http://www.igen.fr/accessoires/2014/01/kolibree-la-brosse-dents-qui-surveille-vos-brossages-85541

Violet lancera le premier objet connecté : la lampe DAL en 2003. Elle change de couleurs selon les différents événements. Elle propose aussi services de météo, alertes google, pollution, bourse, etc.

-Le Nabaztag

Le Nabaztag est un objet communicant représentant un lapin. Il est lancé en juin 2005. À l’origine produit par la société française Violet, reprise par Aldebaran Robotics en octobre 2011.

– Apple Watch

9 septembre 2014 par Tim Cook

349€ sortie début 2015

3 promesses : complément de l’iPhone, appareil cardio et fitness, montre

http://www.apple.com/watch/

– Google Glass

Imaginaire collectif de prendre des photos avec les yeux.

Une « Cité de l’objet connecté » va ainsi voir le jour à Angers, qui va regrouper un maximum des acteurs de ce marché sous un même toit. à mi-chemin entre le fab lab -laboratoire de fabrication- et l’usine traditionnelle

L’IdO est une réelle évolution d’internet et même baptisée Web 3.0. Il va permettre de collecter encore plus de données dans un tas de secteurs toujours soumis aux évolutions technologiques.

Néanmoins, un risque de dématérialisation des objets peut être une des conséquences des objets connectés. En leur attribuant une fonction qui n’est pas leur, les usagers pertent le sens de l’usage initial de l’objet qu’il manipule.

Cela peut donc conduire à une perte du sens artisanal des objets au profit de la technologie. Toujours plus connectés, les montres ne seront plus seulement montres et ainsi pour tout autre objet dans le futur.

Il est également possible de comprendre les objets connectes en se concentrant sur la possible interaction entre la machine et le cerveau humain directement.

III Les interfaces cerveau – machine

Le terme d’interface cerveaumachine ou BCI ( Brain computer interface) a été employé pour la première fois aux états Unis en 1973 par Jacques Vidal. Ce terme renvoie a l utilisation d’un appareil recevant des informations directement par le cerveau.

Fonctionnement :

Hans Berger est un neurologue allemand,  en travaillant sur la machine qui  a permis de mesurer les activités cérébrales : l’encéphalogramme . En 1924, il découvre les ondes alphas  ouvrant la voix à l étude des ondes générées par le cerveau. Il a alors établi une relation entre la variation des ondes alpha et l épilepsie. L’encéphalogramme ou EEG permettait de mesurer l activité électrique du cerveau à l’aide d électrodes positionnés sur la boite crânienne.

Avec l’utilisation des EEG et la découverte de certains signaux  mesurés sur le cerveau , il est possible de comprendre et d’influer sur le corps ou le cerveau lui même.

Ce qui est notamment mesuré – Rythme ou Ondes cérébrales (Brain Wave)

  • Onde Alpha – entre 8.5 et 12 Hz : État de relaxation et de calme – conscience apaisée (supérieure lorsque les yeux sont fermés)
  • Onde Beta – entre 12 et 45 Hz : Activité intellectuelle intense et concentration –
  • Onde Gamma – supérieure 24 Hz, souvent égale à 40 Hz : Processus de consolidation de l’information
  • Onde Delta – jusqu’à 4 Hz : Surtout présente en phase de sommeil
  • Onde Thêta – entre 4.5 et 8 Hz : Somnolence et Hypnose – visualisation et mémorisation d’information

Il faut distinguer deux familles de techniques électrophysiques.

Les techniques non invasives 

  • Aucune chirurgie

Ces dispositifs fonctionnent la plupart du temps avec des casques pourvus d électrodes

  • Disponibles au grand public depuis environ 3 ans

En 1999 avec le développement des casques squelettes a 64 électrodes, on a réussi a redonner la possibilité a un homme de retrouver un usage partiel de ses mains en stimulant des zones spécifiques de son cerveau a l aide d un ordinateur.

Hexosquelette : les informations sont transmises via un casque qui transmet les informations motrices  à la structure.

Mis à part son utilisation purement scientifique, l’utilisation des interfaces cerveau-machine se  repens peu à peu à d’autres utilisations :

Ludiques par exemple, avec notamment l’émergence du neurogaming, on utilise les informations du cerveau  et des nerfs pour ajouter de l interactivité  entre l ‘utilisateur et le jeu video.

http://www.mercurynews.com/business/ci_25957073/neurogaming-interest-growing-technology-that-picks-players-brains

On affecte les signaux émis par la partie motrice du cerveau pour les diriger vers une interface qui retranscrit en contrôle les informations collectées.

Ameliorer le stress :

http://www.choosemuse.com/

Les techniques invasives 

• Intervention chirurgicale pour implanter des électrodes

• Permettent de mesurer des signaux, y compris de très haute fréquence (décharge neuronale)

• Ciblent précisément certaines régions, voire certains neurones.

On met en place des implants a l’intérieur du corps qui stimulent certaines zones ou réagissent a des signaux émis par le cerveau.

Braingate : possibilité d’utiliser un bras mécanique via une puce pour faire déplacer les objets pour handicapés.

Neil Harbisson : premier homme Cyborg, a créé un dispositif qui permet d’entendre les couleurs, reconnu en 2004 comme le premier homme cyborg aux états unis.

http://www.ted.com/talks/neil_harbisson_i_listen_to_color?language=en

Internet pour communiquer d’un cerveau à un autre:

Deux cerveaux connectés ensemble :

http://www.extremetech.com/extreme/165081-first-human-brain-to-brain-interface-allows-remote-control-over-the-internet-telepathy-coming-soon

IV Conclusion

Principal atout :
– avancée technologique
Permet des avancées considérables dans certains secteurs et notamment celui de la santé avec un gain de temps considérable et une collecte des données optimisées.
Limites :
    – accessibilité : objets connectés sont chers comparable à des objets d’art malgré la technologie 
Et pourtant certains priorisent l’achat de tels objets.
    – déviance : nous sommes toujours plus connectés, les relations interhumaines sont de plus en plus accessoirisées. 
De plus en plus d’objets connectés et donc plus de messages envoyés à nos interfaces que de communications directes entre nous.
Risques d’addiction et de déconnexion avec la « vraie vie ». 

Jérôme Chanteclair, Alice Hubert, Justine Couchon

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