«Fablab – Imprimante 3D – Do it yourself»

Introduction

Qu’est-ce-que le DIY ? Au sens propre, le DIY (Do It Yourself / Fais-le toi-même) désigne le fait de construire, modifier ou réparer un objet par soi-même, càd sans l’aide d’experts ou de professionnels. Il peut s’agir de bricolage, de cuisine, de jardinage mais aussi de logiciels libres. En fait le DIY touche un peu après à tous les domaines et permet à tout un chacun d’acquérir les compétences nécessaires pour fabriquer l’objet de ses rêves (que cet objet soit numérique ou physique)
Le mouvement DIY est très à la mode aujourd’hui. Selon un récent sondage deux tiers des Français s’adonnent au « Do It Yourself » et ce marché représente à lui seul 1,250 milliard d’euros de chiffre d’affaire.
Mais outre une pratique, le DIY est aussi et avant tout un état d’esprit prônant l’initiative et l’autonomie, et surtout le partage

Le diaporama accompagnant ce dossier est disponible en cliquant : ici !

I – La culture Do It Yourself

1 – a) Le DIY, un mouvement punk années 70
La naissance du DIY semble remonter aux années 1960-1970, càd à l’Angleterre de l’après révolution industrielle. Face au déclin de l’industrie, le pays connaît de nombreuses difficultés : inflation, chômage, etc. C’est dans ce terreau que né le mouvement Punk. Les Punk rêvent d’une société autonome par rapport au système capitaliste. Ils sont cependant plus radicaux que les hippies : pour eux, l’autonomie est une manière de s’opposer au système et de lui résister. Les actions des Punk contre le système prennent plusieurs formes. Mais la plus marquante d’entre elle se fait dans le domaine musical et artistique. Les Punk encouragent les individus à créer leur propre musique, à la diffuser via leurs propres médias, etc. En rupture proclamée avec l’industrie du disque, ce petit entreprenariat punk donne naissance à une scène musicale explosive. Très vite, les groupes, les labels et les festivals indépendant prolifères. En décembre 1976, le fanzine britannique Sideburns publie un dessin – trois accords en tablature gauchement esquissée – avec cette légende : « Voici un accord, en voici un autre, en voilà un troisième, maintenant monte ton propre groupe ». Le credo majeur de la scène punk rock primitive est né : « Do it yourself ! » (DIY). C’est la naissance du mouvement. Bien sur, la débrouille, le bricolage, les activités pour les enfants existaient déjà avant le mouvement Punk DIY. Mais les années 1970 marque un véritable engouement pour la pratique. L’éthique Punk DIY s’applique à tous les domaines de la vie quotidienne. Certains enseignants se livrent même à des techniques d’enseignement du bricolage appelés Edupunk. 
Le mouvement DIY s’essouffle un peu dans les années qui suivent. Puis, l’apparition du numérique dans les années 1990 donne un nouveau souffle au mouvement. Internet permet en effet de prolonger l’esprit du DIY, càd la gratuité, l’autonomie et le partage. Grâce au web, les technophiles échangent leur savoir plus facilement et plus ouvertement. C’est ainsi qu’une nouvelle figure rejoint le mouvement DIY : le hacker. Hacker, c’est comprendre, c’est détourner. Les hackers sont en quelque sorte les bidouilleurs de l’informatique. A cause des « black hat », les criminelles de l’informatique, les hackers vont avoir mauvaise réputation. Pourtant, les hackers ont fortement participé à une plus grande liberté de penser et d’agir. Les bidouilleurs modernes vont chercher à faire sauter les verrous imposés par les industriels, en particulier dans le domaine des logiciels et le domaine musical. Comme les Punk auparavant, les hacker vont chercher à reprendre le pouvoir sur leur environnement. 
 1 – b) De nombreuses formes d’actualité
Aujourd’hui, le mouvement DIY continue d’avoir des adeptes. On distingue cependant 2 catégories différentes dans le DIY contemporain.
Ce mouvement DIY se poursuit dans la lignée des premiers hackers. Avec l’émergence d’un internet participatif, ouvert et libre, la place des amateurs devient de plus en plus importante. Notamment celle des développeurs amateurs. Ces derniers vont commencer à développer bénévolement et à diffuser gratuitement les premiers logiciels libres. C’est la naissance des premiers réseaux pair à pair et des logiciels open-source
 Aujourd’hui, avec l’évolution des technologies numériques, ces outils du P2P sont en train muter vers le monde physique. On parle de l’Open Source HardWare (OSHW). Derrière ce terme se cache l’idée que les objets physiques peuvent être open source de la même façon que dans le monde du logiciel. Ce nouveau mode de transmission repose sur le principe de licences ouvertes (par opposition aux brevets et droits d’auteur qui prédominent dans l’industrie). Grâce à des plans rendus publics, tout un chacun pourrait fabriquer son tracteur, ou autre.
L’autre DIY en vogue aujourd’hui est venu avec la crise de 2007. C’est le DIY d’objets du quotidien qu’on peut fabriquer chez soi. Le système D. Considérés comme un moyen de faire face aux difficultés financières, ces DIY sont particulièrement facilités par la croissance des ressources en ligne. Il est aujourd’hui possible d’apprendre en quelques cliques à fabriquer ; un ordinateur, une lampe, une bicyclette… Le geste technique est ainsi à la portée de tous.

      1 – c) La philosophie Do It Yourself

Il existe une multitude de manières d’analyser le mouvement DIY. Considérations politiques, économiques, sociologiques, c’est un mélange de toutes ces aspirations qui caractérisent en fait le mouvement. 

Logique sociologique : une recherche d’authenticité
Pour les sociologues, le DIY est une recherche permanente et universelle d’émancipation. En créant soi-même ses objets, on affirme sa vitalité, sa créativité, sa personnalité. Et cela participe à l’émancipation de soi, à l’accomplissement de soi. Le fait de créer soi-même l’objet induit un lien émotionnel entre nous et l’objet. L’objet contient une partie de nous, de notre créativité, de nos préférences. L’objet devient en fait comme une expression de notre esprit, une prolongation de nous-même. Et il nous permet de nous accomplir pleinement. Pour pousser plus loin la réflexion, certains sociologues considèrent que le DIY permet de se reconnecter à la réalité du monde. En produisant ses propres biens, on supprime tout intermédiaire entre soi et l’objet. On est donc plus proche du monde qu’avec des objets standardisés, artificiels. Cela ajoute aussi une certaine sincérité, une certaine d’authenticité aux objetsGlobalement, pour les sociologues, derrière la fabrication d’un objet ou d’une œuvre se cachent donc des dimensions identitaires. Cet aspect identitaire se retrouve dans l’analyse politique du DIY. 
Logique politique : un mouvement anti-consumériste
Pour certains, en créant soi-même, on cherche à s’émanciper des systèmes dominants et à exprimer sa singularité. Les convictions des adeptes du DIY sont que le modèle de l’industrie de masse, qui vend des produits standardisés n’est pas satisfaisant. Les individus sont réduits à des rôles de consommateurs anonymes. Créer soi-même un objet est le parfait opposé de cette logique normative et consumériste. En fait, le DIY est vu comme un moyen de résister à l’uniformisation et la société de consommation. L’éthique DIY consiste à rejeter la nécessité d’acheter constamment des objets ou à utiliser des systèmes fermés. Est DIY toute activité où l’on est pas simplement spectateur ou consommateur, mais bien acteur. Le mouvement DIY constitue donc un véritable mouvement de rébellion contre la société industrielle et capitaliste. A l’opposé des valeurs individualistes du capitalisme, les adeptes du DIY sont plutôt dans la gratuité, le partage et l’action collective. En cela, ils redessinent une société dans laquelle il y aurait une nouvelle forme de justice sociale et une nouvelle forme de démocratisation des biens.
Logique économique.
Outre les considérations politiques, l’envie de faire du DIY relève également d’un besoin économique. Faire soi-même ses objets coûte évidemment moins cher. Idem pour le recyclage ou le détournement d’objet. Que l’on soit soucieux de faire des économies ou que l’on veuille lutter contre la société de consommation de masse, le DIY connaît un engouement grandissant qui induit une multiplication des pratiques. 

 II – Le Do It Yourself à l’heure du Numériques

2- a) Les tutoriels sur le web

Le concept DIY « Faites-le vous-même » évoqué plus haut fait référence à un mouvement ayant prit de l’importance en 2007. La culture du DIY « do it yourself », qui s’est principalement développée sur le web notamment à travers les blogs, privilégie la fabrication d’objet fais par « nos mains » et non pas par les industries. Le but étant de confectionner soi-même, en recyclant des objets de notre vie quotidienne. Généralement posté sous forme de « tutoriels » de nombreuse photographie nous guident et nous apprenne à recycler nos vieux objets. On a ainsi la possibilité de donner une seconde vie à un vieux t-shirt, un vieux meuble, etc. Le DIY peut être utilisé dans différents domaines : décoration, bijoux &accessoires, mode, couture, cuisine, esthétiques, coiffure, etc.

Quelques exemples de tutoriels disponibles sur internet: 

sculptural-shelves   diy-modern-pvc-wreathSans-titre-copie

Ces deux concepts que sont les FabLabs & le DIY mettent en avant les mêmes buts (ne pas se contenter d’être des consommateurs, lutter contre l’obsolescence programmée des objets fait par les industries, etc.) mais ils sont différents du point de vue technique. En effet l’étape de la conception des objets est différente. On a d’un côté un processus mêlant créativité et nouvelles technologie numériques et de l’autre un processus qui ne nécessite pas autant de moyens mécaniques que les FabLabs et qui se contente de recycler des objets que tout les monde peut avoir à porté de main chez lui.

A savoir : La fabrication des objets à l’aide du numérique existe depuis longtemps. Ce que changent les Fab Labs dans le paysage de l’innovation, est la possibilité offerte au public de s’approprier la fabrication numérique « personnelle ».

2 – b) Les Fablabs

Un Fablab est un lieu de fabrication et de conception d’objet dans lequel ce trouve toutes sortes de machines mis à la disposition de tout un chacun. Le terme « Fablab » est la contraction de l’expression anglaise : « fabrication laboratory» dont la traduction en français n’est autre que « laboratoire de fabrication ».

Ces « laboratoires citoyens de fabrication » (d’après le site Fablab de Lyon) proposent des machines à commandes numériques (découpe vinyle, découpe laser, imprimante 3D) capables de confectionner tout et n’importe quel objet. Le but étant de passer de simple consommateur à acteur en fabriquant ces propres idées.

Ce concept est une invention américaine. Les « FabLabs » sont nés à la fin des années 1990 au Massachusetts Institute of Technology (MIT) aux Etats-Unis, à la suite d’un cours intitulé « How to make (almost) anything » donné par le professeur Neil GershenfeldComment fabriquer (presque) n’importe quoi »). Depuis, ils se sont répandus un peu partout dans le monde. Il en existe aussi en France même si pour certains ce développement n’est pas suffisant. Selon des chiffres publié dans une infographie faite par l’organisation « Maker Faire », on compte 50 FabLabs en activité en France (et plus de 350 dans le monde) fin 2013. Et le nombre d’adhérents en FabLabs a augmenté de +754% en 1 an : 3334 participants inscrits aux ateliers.

Infographie : Les FabLabs et leur équipement en France
[retrouvez l’infographie complète ici]

chiffre fablab

Usages et pratiques

Les FabLabs sont aussi des espaces physiques d’échanges et de partages d’idées entre curieux, amateurs, simples bricoleurs, étudiants ou professionnels. En effet ils sont accessibles et ouverts à monsieur et madame tout le monde, quelque soit leurs milieux professionnels ou leurs âges. Le but étant de « bricoler » ou de « bidouiller » collectivement.

Que fait-on dans un Fablab ?

Tout est n’importe quoi. Les FabLabs peuvent êtres utilisés pour des projets divers et variés :

  • Tester une idée personnelle,
  • Produire un produit en petite série afin de tester un marché,
  • Concevoir un projet unique (notamment utilisé par les étudiants, artistes, entrepreneurs, designers, et autres qui peuvent grâce aux FabLabs réaliser pour de vrai un prototype qu’ils auraient pensé.)
  • « customiser » des objets (exemple des coques de téléphone personnalisable),
  • recycler des objets au lieu de les jeter,
  • en inventer des nouveaux en expérimentant d’anciens objets, etc.

Ces lieux de fabrication encouragent donc d’une part la créativité individuelle, s’inspirant du mouvement et des principes du « Do It Yourself », et d’autre part le partage de connaissances et de savoirs – faires. Ce partage et facilité notamment par la structure des FabLabs qui se veut conviviale et très collective.

Les machines proposées dans les Fablab

Les machines proposées par les fablab peuvent varier d’un fablab à l’autre. Généralement se sont des machines à commande numérique reste modeste, elles sont professionnelle, mais standard et peu coûteuses :

  • Découpeuse vinyle (1500 à 2500 euros)

  • Découpe laser (6000 à 30 000 euros en fonction de la puissance du laser et de l’espace de travail)

  • Fraiseuse numérique (3000 à 5000 euros)

  • Imprimante 3D (2000 à 50 000 euros)

Qu’est – ce qu’une imprimante 3D

Une imprimante 3D est une machine qui permet de fabriquer toutes sortes d’objets à partir de diverses matières telles que le métal, le plastique et même le chocolat ! Ces matières vont êtres chauffées à haute température par l’imprimante qui va ensuite les superposer en fines couches selon la force de l’objet souhaité. Avant de lancer une impression à trois dimensions, l’objet doit être confectionné virtuellement sur ordinateur grâce à :

  • des logiciels de modélisation 3D (Photoshop, Blender, 3D Canvas, etc.),
  • des scanners 3D.

Il est aussi possible de télécharger des modèles 3D (gratuit ou payant) déjà fait sur des sites spécialisés tel que thingiverse, Sculpteo ou encore myminifactory.

Exemple d’interfaces de sites spécialisés:

(retrouvez plus de sites sur le lien suivants: http://www.monunivers3d.com/achat/modeles/ )

exemplemyminifacturythingivers

[Vidéo: Le Monde, teste pour vous l’impression 3D à domicile.]

Les limites:

  • Le temps de fabrication (plusieurs heures voir quelque jour),
  • Le nombre possible d’échec,
  • Les logiciels à maîtriser,
  • Le prix accessible certes, mais qui reste quand même élevé.
  • Maîtrise pas toujours accessible à tous (même si des formations sont disponibles !)

 

 

 

 

 

 III – Vers une société Do It Yourself

3- a) Tous créateur

Les punks des années 70 avaient donc déjà pensé la culture Do It Yourself en cherchant autant que possible à s’affranchir des systèmes de consommation et de production classiques, pour être libre de créer et d’offrir ce que l’on veut (en l’occurrence, de la musique). Cependant, dans notre société capitaliste et numérisée, cette idéologie a pris une toute autre dimensionNous dirigeons nous pour autant vers un monde ou tout le monde serait capable de créer ses biens à sa guise ? 

Internet a largement bouleversé notre rapport aux objets culturels, et notamment à notre consommation de celle-ci.  Entre autre,  il tend de plus en plus à se convertir en une vitrine privilégiée permettant à des anonymes de témoigner de leur créativité au monde entier et de constituer entre eux et autours des communautés en dépit des limites géographiques. De nombreuses plateformes de partage de contenus ont ainsi pu permettre à des artistes indépendants, de se faire remarquer et d’exister en dehors des systèmes commerciaux habituels, en leur assurant notamment des moyens de promotion gratuits et parfois même en leur permettant une rémunération. Par la suite, de nombreux sites de financement participatifs, tels que Mymajorcompagny.com, ont émergés d’Internet, pour s’imposer comme des alternatives aux grandes compagnies de production jusqu’alors incontestables. De plus, les artistes se retrouvent ainsi libre de créer librement, sans avoir à répondre à des critères imposés par ces compagnies, et de ne pas entrer dans une logique de standardisation. Notez que cela est vraie pour tout type de production artistique : musique, vidéos, art-graphique… chaque type d’art dispose en effet de nombreuses plateformes qui lui sont dédiés sur Internet. Bref Internet semble ici s’imposer comme un média qui donne sa chance à chacune et chacun, tel qu’il est. En somme, une parfaite réponse à tout ce que les penseurs de l’école de Francfort déplorait dans leurs premières études des industries culturelles. 
Cependant, ce modèle de création et de production indépendante sur Internet se confronte à certaines limites. Premièrement, si Internet met en effet à disposition de tous une offre pléthorique de contenus, la qualité de ces contenus reste très inégale. En ce sens, ce n’est qu’une petite majorité de ces créateurs qui se démarquent.  Les grandes compagnies se dépêchent généralement de s’aligner sur ceux-ci, et on vite fait d’en faire de nouveaux standards. Deuxièmement, il faut garder en tête la notion de fracture numérique, qui nous rappel qu’Internet reste un outil auquel beaucoup n’ont pas accès et qui n’est pas maîtrisé de manière uniforme par tous. Bref, il s’agit encore une fois, de démystifier l’idée d’un Internet universel, face auquel, nous sommes tous égaux. 

Les Fablab, de même que ces tutoriels qui fleurissement un peu partout sur le web, relèvent également de cette même idéologie. Cependant, ils permettent de l’appliquer à des objets matériels : mettre à la portée de monsieur et madame tout le monde, les moyens de fabriquer ses propres objets, en dehors des standards imposés par le marché et la société de consommation.  Une idée d’autant plus séduisante, que dans cette époque ou l’individu est mis au centre de tout, on tend toujours à vouloir se démarquer le plus possible de ces congénères. De plus, dans le contexte de crise actuel tout excuse est bonne pour faire des économies. Le consommateur deviendrait donc le producteur de ses propres biens. Formulée ainsi, l’idée prend soudain toute une dimension marxiste. Rappelons que, selon le philosophe allemand,  le fait de s’approprier les moyens de production devait en effet être le fer de lance de la classe ouvrière dans se lutte contre la bourgeoisie. Sans nul doute, ce principe aurait été particulièrement apprécié par nos chers punk sus-mentionnés.

Mais encore une fois, une expansion de ce modèle à grande échelle semble à l’heure actuelle difficilement envisageable. Car même si il tend à simplifier grandement la création d’objets, il continue de demander un certain nombre de savoir-faire (par exemple des connaissances nécessaires à faire marcher les machines disponibles dans les Fablabs) qui par définition, ne le mette pas à la portée de tout le monde. 
3-b) Le e-commerce grâce aux imprimantes 3D
Nous l’avons vu, les possibilités de créations qu’offre l’imprimante 3D n’ont d’égal que les champ d’applications que peuvent avoir cette dernière (industrie, médecine, alimentaire…). Il y a fort à parier que dans les années à venir, de plus en plus de grands groupes économiques chercheront à rendre son usage attractif pour le consommateur moyen afin de pouvoir en vendre le maximum. Comme cela a déjà été le cas pour de nombreux objets techniques avant elle,  l’imprimante 3D verra petit à petit ses prix baisser et son utilisation se simplifier, pour être de plus en plus mise à la disposition d’un public profane en la matière. Or, sur quels argument s’appuyer pour vendre une imprimante 3D à un citoyen lambda qui n’a pas les compétences pour concevoir un objet sur ordinateur, et qui, en plus, n’en pas très probablement même pas l’envie ? 
 
Une des approches qui semblent les plus pertinentes à l’heure actuelles est celle du e-commerce. Des sites internet offrent déjà la possibilité, contre paiement, d’imprimer un objet que l’on a soi-même conçu pour le recevoir par la suite, où à l’inverse alors d’acheter des plans d’objet à imprimer chez soi. Or, il est plus que probable que ce modèle de sites spécialisés tendent à se développer, et que ce soit bientôt de moins en moins des objets, et de plus en plus des plans de ces mêmes objets à imprimer directement chez soi que l’on achètera sur Internet. Le e-commerce pourrait ainsi s’affranchir complètement des problèmes liés aux stock disponibles ou aux délais et frais de livraison. De fait, les imprimantes 3D rendent possible l’envoi numérique d’objets matériels par d’autres personnes. Ainsi, pas besoin d’être ingénieur soi-même ou d’avoir la moindre notion de conception, on ne contenterait que d’imprimer les créations d’autres personnes contre paiement. L’idéal pour remplacer la tasse que vous avez cassé le matin avant de partir au travail sans que personne ne s’en rende compte. Dans la mesure où les imprimantes 3D viendraient à se perfectionner et à être capable d’imprimer des objets avec plusieurs matériaux d’un coup, on pourrait même s’imaginer pour ainsi commander des objets biens plus complexes. Si on va plus loin, on peut même imaginer des Imprimantes 3D capables d’imprimer de la nourriture. On verrait alors voir se réaliser le rêve de Joey dans Friends, qui rêvait un jour de voir des pizzas sortir de son fax. (La NASA est d’ailleurs en train de développer un projet similaire, pour en savoir plus cliquez ici !)
Bien entendu, un tel modèle ne pourrait voir le jour sans se confronter à un certain nombre de problèmes. Cet hypothétique marché nécessiterait un système de régularisation bien plus performant que ce qu’il peut se faire au jour d’aujourd’hui sur Internet, notamment pour ce qui est de la propriété intellectuelle. L’exemple du MP3 démontre on ne peut mieux comment la numérisation d’un contenu, qui le rend par définition piratable et accessible gratuitement, peut être fatal à une industrie en la rendant. On peut déjà être sûr, que ces fichiers, dés l’instant où il viendrait à être commercialisé, serait aussitôt piraté et rendu disponible gratuitement. Dés lors, ce ne serait que surement quelques idéalistes désireux de soutenir les artistes qui se donneraient la peine d’acheter ces contenus. Le question du prix de ces fichiers se poseraient aussi. Quel devra être le prix d’un objet dématérialisé ? Là encore, l’exemple du  MP3 nous fournit quelques éléments de réponse. En effet, lorsque finalement s’est développé un commerce légal de fichiers musicaux numériques, ceux-ci se sont vendus à des prix bien plus bas que leurs équivalents matériels, ce qui semblait démontrer que l’on accordait bien moins de valeurs au produits artistiques à proprement parlé, qu’à son contenant. Il est plus que probable que le commerce d’objet à imprimer se fasse de la même manière; et que ces derniers soient disponibles à des prix tout à fait dérisoires. Bref, les possibilités qu’un tel marché deviennent rentables dans les années à venir semble pour l’instant encore assez maigres. 
Cependant, dans une autre mesure plus terre à terre, une démocratisation des imprimantes 3D pourrait donner sans doute à n’importe quel créateur capable de concevoir à un objet en 3D, de produire et de commercialiser, en ayant des moyens de production propres et bien moindres. Il serait par conséquent totalement libre de ses choix, ce qui nous ramène une fois de plus à l’idée centrale de s’affanchir des grandes firmes et de tout faire par ces propres moyens
Conclusion : 
La culture Do It Yourself est donc un mouvement relativement ancien, auquel les nouvelles technologies, ajoutées à un contexte de crise économique et de rejet de certaines formes de capitalismes, ont offert une toute nouvelle jeunesse. Il semble en effet avoir remis entre les mains de monsieurs et madame tout le monde, des moyens et des outils de création jusque là détenu que par une minorité. Il est donc possible d’imaginer un nouveau modèle de production et de consommation, dans lequel chaque individu préférerait dans la mesure du possible créer ses propres biens, plutôt que d’avoir à l’acheter, dans lequel certaines industries serait rendu obsolète. 
Cependant le développement à grande échelle d’un tel modèle reste encore difficilement envisageable tant le système capitaliste est ancré dans nos mœurs et trop bien tenu en main par les acteurs qui le constitue. De plus, même s’il est vrai qu’Internet à en 20 ans à considérablement modifié notre vie de tout les jours, l’idée d’une fracture numérique qui met les gens sur un pied d’inégalité face à ces technologie, est encore bien réelle. Bref, les capacités d’Internet à engendrer de réel changement dans notre société semble en ce sens encore largement limitées. Autant que pour la culture Do It Yourself s’impose massivement, c’est avant tout un changement de mentalités qui sera nécessaire. Reste donc à se poser la question : « Combien de temps les gens seront-prêt à continuer à payer pour avoir ce qu’il pourrait faire eux-mêmes ? »