Cet article est-il écrit par un robot-journaliste ?

Chaque mois, ce sont des milliers d’articles qui sont écrits par des robots, produits de l’intelligence artificielle. Vrai progrès pour le métier de journaliste ou perspective inquiétante ?

Les robots seront-ils les journalistes de demain ? La question semble en tout cas légitime : depuis plusieurs années, des dizaines de rédactions et d’agences de presse, comme Associated Press ou Reuters, font appel à des programmes algorithmiques pour rédiger certaines de leurs publications. Capables d’écrire sur de multiples sujets, et en plusieurs langues, ces logiciels analysent des centaines de données et les intègrent dans de petits articles, le tout en un temps record.

C’est la presse américaine qui a la première intégré ces « assistants de rédaction » au sein des équipes : le magazine Forbes par exemple publie chaque jour des centaines d’articles rédigés en fait par des logiciels. En France aussi, les rédactions s’y sont mises : lors des élections régionales de 2015 par exemple, plusieurs journaux, comme Le Monde ou Le Parisien, ont fait appel à la société Syllabs pour automatiser la rédaction de petits textes détaillant les résultats électoraux.

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Les machines remplaceront-elles un jour les journalistes ? / Pixabay

Pour les courses hippiques, les faits divers, les résultats sportifs, c’est la même chose : pas l’ombre d’un journaliste derrière. Les programmes (qu’ils s’appellent Quill, Stats Monkey ou encore Quakebot) sont totalement autonomes et capables de rédiger sans aucune faute d’orthographe ni de syntaxe.

Complémentarité ou concurrence ?

Les journalistes humains sont-ils pour autant condamnés à disparaître ? Que l’on se rassure : les robots sont encore loin de remplacer les humains. Ils ne font pour le moment que rédiger des phrases types, des contenus automatisés qui ne nécessitent aucune analyse.

Pour Kristian Hammond, le développeur du programme Stats Monkey, les rédactions auraient même intérêt à faire appel à ces algorithmes :

« Nous libérons les journalistes des tâches les plus ennuyeuses, les plus répétitives, pour qu’ils puissent se consacrer à la partie noble de leur métier : reportages, investigations, analyses. »

Reste également la question du style des articles publiés par ces algorithmes : leur écriture est certes « correcte », mais reste équivalente celle d’un « conte pour enfants ». De plus, ces programmes ne sont pas capables d’analyse, ni de mise en perspective, encore moins d’expliquer un contexte historique problématique. Pas de panique donc, on est encore loin de voir un robot gagner un Prix Pulitzer.

Elise Baumann