Le « swipe » de La Matinale

En 2015 le journal Le Mode a lancé sa nouvelle application mobile intitulée « La Matinale »,  soit la troisième application mobile du quotidien national. Quelques mois à peine après son lancement, elle enregistrait déjà 300,000 téléchargements. Comment expliquer ce succès? La principale innovation de cette application réside dans son design et dans son principe de fonctionnement. Quels impacts sur les modes de consommation et sur les usages vis-à-vis de l’information?

Écran d’accueil de La Matinale – Capture d’écran

En 2015 le journal Le Mode a lancé sa nouvelle application mobile intitulée « La Matinale »,  soit la troisième application mobile du quotidien national. En effet, ce dernier avait déjà lancé son application « Journal Le Monde »,suivie peu après de  « Le Monde, l’info en continu ». Alors que la première a été créée pour permettre aux utilisateurs de retrouver sur mobile les mêmes contenus du journal papier ainsi que des suppléments hebdomadaires et mensuels, la deuxième leur donne un accès plus « direct » à l’information. Cette deuxième leur permet en effet de rester branchés aux fil d’actualités tout au long de la journée en leur proposant des lives informationnels ou encore en leur envoyant des notifications dès qu’une nouvelle information est publiée par le journal. Ainsi, là où la première propose simplement une version numérisée et mobile de ses publications papier, la deuxième offre aux mobinautes la possibilité d’être immergés, en continu, dans le fil des actualités et dans une dynamique d’immédiatété de l’information.
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Médias immersifs : vers une nouvelle norme de la production de contenus ?

Et si demain il était possible de vivre un événement depuis sa tablette ou son smartphone ? Alors que la tendance est à l’immersion, les médias subissent actuellement une révolution avec la diffusion de technologies de pointe dans la création de contenus médiatiques. Si l’apparition de la radio, puis de la télévision ont révolutionné les supports médiatiques, ces nouvelle formes de réalités virtuelles, augmentées voire hybrides peuvent-elles à leur tour changer notre rapport  à l’information ?

Selon une étude réalisée par l’Associated Press, les médias immersifs pourraient bientôt s’immiscer dans notre quotidien. En effet, de nombreux outils existent déjà : visiter Roland Garros lors des Internationaux de France de tennis 2017 depuis son canapé était ainsi rendu possible sur le site de la Fédération Française de Tennis. Un exemple parmi tant d’autres.

Un rapport à l’information intensifié

Ces technologies tendent à se développer vers une véritable présence du spectateur en temps réel. Alors que les premières visites virtuelles limitaient le champ du spectateur à celui du journaliste et son angle de perception, de nouveaux outils se dirigent vers une plus grande indépendance du spectateur. Par la photographie 3D volumétrique, notamment, le spectateur devient libre de ses mouvements dans un espace qu’il peut explorer par lui-même. D’une consommation effacée voire passive de l’information, le lecteur ou spectateur devient ainsi “proactif” en étant lui-même à la source de l’information.

Ces technologies posent néanmoins la question d’un format d’utilisation adéquat. L’exemple de la visite virtuelle de Porto Rico par Mark Zuckerberg après le passage de l’ouragan Maria en témoigne. Si l’intention d’aider l’île en créant une prise de conscience était bonne, l’utilisation de la VR (Virtual Reality) pose un problème double : d’un côté, le fait d’avoir utilisé cette technologie à des fins commerciales pour promouvoir l’outil développé par Facebook, d’un autre, celui de la recherche de sensationnalisme au travers de cet outil en montrant les rues dévastées de l’île. Ainsi, ces nouvelles formes de contenu médiatique doivent encore trouver les limites de leur utilisation face à leur nature potentiellement intrusive.

Des compétences à acquérir chez le journaliste

Alors que ces outils de réalité virtuelle restent à un stade embryonnaire, leur développement doit être suivi d’une prise de conscience au sein des rédactions de l’intérêt de tels supports. Ainsi, il s’agirait de sensibiliser les journalistes  à la nécessité de collaborer avec des entreprises de VR pour produire des contenus novateurs. Néanmoins, on à déjà pu constater que certaines rédactions ont anticipé cette nouvelle vague technologique : Euronews, notamment, développe depuis quelques années une plateforme de vidéos 360º incorporées aux articles publiés en format web.

Bastien Serini.

Aux Etats-Unis, le téléchargement illégal en voie de disparition

La fin d’une époque. L’offre légale de biens culturels représente désormais aux USA plus de 70% du trafic lié aux téléchargements de ces services. C’est le résultat d’une étude publiée le 7 décembre dernier par une entreprise américaine spécialisée dans les communications, Sandvine.

Capture d'écran du site Netflix

Capture d’écran du site Netflix

Netflix champion

Le temps des Napster, E-Mule ou Bittorrent semble bien révolu. Les services de streaming légaux emportent la plus grande part du trafic aux Etats-Unis, avec un pourcentage de près de 70%, pour les flux audio et vidéo combinés. L’édition 2010 de ce même rapport chiffrait alors à 35 %. Outre cette progression spectaculaire qui marque un tournant dans la consommation de bien culturels sur internet, Sandvine dégage un acteur majeur, leader de ce mouvement : le géant Netflix.

Plateforme créée sur les collines de la Silicon valley en 1997, cette entreprise en ligne est à elle seule responsable de 37% du trafic total. L’expression « Netflix and chill ? » rendue célèbre sur internet prend ici son sens. Lancé en septembre 2014 en France, où il trouve peu à peu son public à mesure que son catalogue s’étoffe, le cador du streaming est, Outre-Atlantique, solidement ancré dans les mœurs en ligne.

Les autres acteurs de ce changement sont aussi bien connus des internautes. Youtube affiche une performance à 18%, quand Amazon progresse pour atteindre 5%. Ces chiffres déséquilibrés montrent bien les habitudes de consommation en ligne : le grand public préfère désormais passer plus de temps sur des sites streaming de qualité et éluder toute expérience désagréable.

Bittorent en roue libre

Un constat positif pour les grandes firmes culturelles, qui s’accompagne d’un revers de taille pour les têtes de gondoles du peer-to-peer. Bittorent, l’un des clients torrent les plus utilisés, voit cette année son trafic chuter à 5%. À titre de comparaison, il était de 31 % en 2008.

Capture d'écran du Logiciel Bittorent

Capture d’écran du Logiciel Bittorent

Dans un entretien au site Motherboard, le pirate-militant Peter Sunde, co-fondateur du site The Pirate Bay, se disait pessimiste quant à l’avenir de sa propre vision de l’utilisation d’internet dans les années à venir. « Internet est merdique maintenant. Quelque chose s’est brisé. Peut-être que quelque chose n’allait pas dès le départ, mais maintenant c’est pire que tout. (…) Nous avons déjà perdu. ».

Opposant virulent à l’industrie du divertissement, Sunde vient de purger 5 ans de prison aux Etats-Unis, peine liée à ses activités illégales sur la toile. Bien que ce dernier ait pu tenir un discours pessimiste lors de cette rencontre, il a encore fait parler de lui le 27 décembre dernier. Kopimashin, sa nouvelle invention, propose de copier une piste mp3 plus de 1000 fois en quelques secondes. Un nouveau pied de nez à l’industrie musicale, que Sunde voit comme un moyen de dénoncer des pratiques qu’il juge déloyales.

Piratage de Sony: faut-il se poser la question de l’éthique journalistique?

C’est l’affaire dont tout le monde parle. Rarement un piratage n’avait été aussi médiatisé et l’affaire ne fait qu’escalader depuis fin 2014. Plusieurs raisons : l’envergure de l’attaque, l’aspect et le poids de la politique dans l’attaque mais aussi le côté légèrement curieux voire voyeuriste de chacun d’en savoir un tout petit peu plus sur les dessous du monde secret d’Hollywood. Mais qu’en est-il du traitement médiatique de l’affaire, qu’en est-il de l’éthique journalistique?

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 » Et nous avons 1000 raisons d’espérer, notamment grâce aux technologies  »

Lundi 6 octobre – Au Théâtre National Populaire de Villeurbanne, le décor de l’Ecole des femmes est planté pour la pièce qui se tiendra dans les jours à venir. Mais pour l’instant, place à la conférence d’Edwy Plenel, directeur de Médiapart, sur les médias participatifs, indépendants et sur l’avenir de la démocratie. Lever de rideau.

Acte 1, l’avenir de la démocratie

Pour les 10 ans du TNP de Villeurbanne, Edwy Plenel était l'invité d'honneur le 6 octobre dernier

Pour les 10 ans du TNP de Villeurbanne, Edwy Plenel était l’invité d’honneur le 6 octobre dernier

 

A l’image de Platon et du mythe de la caverne, Edwy Plenel est passé par des éclaircissements pour guider son public.  Pour lui, les journalistes représentent les droits de savoir des citoyens en faisant surgir le hors scène, à savoir ce qui n’est pas montré. Plenel définit la démocratie idéale comme étant sans privilège, permettant à chacun de « s’en mêler », alors volonté collective du n’importe qui ou plutôt confiscation ? «  La démocratie, c’est le soucis des minorités, la diversité et la pluralité » selon lui.  Lire la suite